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Le Blog Percussions

Hommage au conguero Francisco Aguabella - Sat, 04 Sep 2010 11:22:00 +0000

Un artiste au groove absolument contagieux

Voilà presque quinze années que le nom de Francisco Aguabella fait partie des artistes percussionnistes que j'écoute régulièrement, et qui ressort comme une référence évidente lorsqu'il s'agit de parler de congas, comme le sémillant Candido Camero ou les regrettés Carlos "Patato" Valdès et Mongo Santamaria.

Disparu récemment (07/05/2010 à l'âge de 84 ans*), Francisco Aguabella a eu la chance de faire de vastes traversées d'époques et collaborations durant sa carrière musicale. Rendons lui hommage ici, en retraçant quelques points de sa longue carrière.

En plus de soixante années d'exercice de son art, le maestro Francisco Aguabella est considéré à juste titre comme un légendaire conguero doublé d'un maître du tambour Batá.

Originaire de Cuba, qu'il quittera dans les années 1950 pour se produire avec Katherine Dunham dans le film de Shelley Winters "Mambo" (1954), tourné en Italie, Francisco découvre alors l'Europe du Sud. Après une tournée avec Katherine Dunham, il part vers les États-Unis et y effectue des tournées avec Peggy Lee pendant une longue période. C'est à cette occasion que le maestro Aguabella parcourt le monde, de l'Europe, à l'Australie, l'Asie, en passant bien entendu par l'Amérique du Sud et les États-Unis.

Dès cette période, Francisco Aguabella intervient comme musiciens de studio et de scène sur de nombreux disques devenus depuis des références en matière de latin-jazz ou de musique latine (salsa, rumba, mambo?).

Francisco Aguabella déploie un sens musical reconnu par tous, en étant très humble et d'une personnalité sensible qui lui permet de jouer avec les grands maîtres du jazz et latin-jazz comme Dizzy Gillespie, Tito Puente, Mongo Santamaria, Frank Sinatra, Perez Prado, Eddie Palmieri, Cachao, Lalo Schifrin, Cal Tjader, Peggy Lee, Nancy Wilson, Poncho Sanchez, Bebo Valdes, pour ne citer qu'eux.

Francisco Aguabell
a transcende les genres musicaux, quand bien même la sonorités des percussions latines peuvent parfois cloisonner, il joue et enregistre avec le "guitar-hero" Carlos Santana, ou Three Dog Night, Paul Simon, et même The Doors.



De cette créativité de caméléon qu'il déploie, Francisco Aguabella en sera récompensé tout au long de sa carrière par plusieurs prix et distinctions, la Bourse du patrimoine national de la National Endowment for the Arts, la Fondation des bourses de Durfee Master Musicians, et une haute reconnaissance par le Los Angeles County Arts Commission. Du petit écran au grand écran, il est aussi apparu durant toute sa carrière dans plusieurs films et documentaires dont "Sworn to the Drum", réalisé par le cinéaste Lee Blank.



Francisco Aguabella, le maître conguero est largement conseillé à ceux qui aiment les musiques latines aux racines profondes et fait partie des grands percussionnistes cubains qui ont contribué à la reconnaissances des musiques afro-latin-jazz.

Intervenant à l'UCLA dans le cadre du département d'ethnomusicologie, Francisco avait le feu de la passion et a su transmettre ses savoirs à de nombreux musiciens chanceux d'avoir pu le rencontrer, comme son élève et amie, la belle à croquer Melena (lire mon interview de Melena "la conga en jupon" via Percussions.org, réalisée en 2007). Il s'agit maintenant de ne pas l'oublier et d'en faire profiter les générations futures.

© Jimmy Braun - septembre 2010.

Site officiel et sources biographiques : http://www.franciscoaguabella.com
*Source du décès de Francisco Aguabella à Los Angeles, annoncé par son manager Orna Rachovitsky
Photo n°2 : © Tom Pich


Bazoomba : nouvelle percussion de bois - Fri, 20 Aug 2010 10:41:00 +0000

En matière d?innovation, les instruments de musique réservent parfois de belles surprises.

Bazoomba percussionsLa famille des percussions est l?une des plus pratique pour tout les publics lorsqu?il s?agit de bidouiller, créer, transformer. Le recyclage ou l?adaptation d?une percussion est d?ailleurs un grand classique pour les percussionnistes qui créent leur set. Pallier le coût parfois élevé ou s?approprier une invention semble donc une pratique courante, tant chez les amateurs que les professionnels. Comme le montre les différents musico-bricoleurs et facteurs en herbes, qui donnent naissances parfois à de belles pièces, tout est bon dans les percussions.

Si l?on fait un rapide survol de l'évolution des instruments dans l?histoire de la musique, on peut se rendre compte de la relation instrument-instrumentiste. C?est après la stabilisation du mode tonal contemporain occidental que l?on constate une puissante évolution des formes d'instruments.

Pour se faire, la technologie contemporaine est alors au service du musicien, tout comme Bach qui utilise les chefs-d'oeuvres technologiques de son époque que sont les orgues, ou Listz qui utilisera ensuite la perfection des mécaniques du piano-forte.

Étonnamment, le siècle de la surenchère de la modernité qu'est le XX° siècle, verra des révolutions dans de nombreux domaines. L?interface entre le musicien et l'instrument pour la gestion de la ligne mélodique, comme sur « le manche des guitaristes les plus radicaux (hard-rocks, etc...) sont toujours similaires à ceux du luth du XVII° siècle. Les synthétiseurs les plus sophistiqués utilisent toujours le clavier du type piano contemporain de Bach. Les instruments des jazzmen les plus contemporains utilisent les mécaniques et les doigtés d'instrument à vent élaborés à la fin du XIX°. » [via Expresseur*].

Mais l?exception ne fait pas la règle, et on trouve bien sûr des singularités : « les musiques classiques contemporaines avant-gardistes, quelques produits marginaux comme le Theremin et autres variétés quasi-inconnues, les D.J. qui utilisent de la matière sonore pré-enregistrées, des commandes de synthétiseurs et "machines à sons" professionnelles »*. Mais, en rentrant dans un magasin de « musique standard » tel qu'il y en a autour de nous, force est de constater qu'un musicien du XIX° siècle ne serait pas beaucoup dépaysé !

KP Percussions et son Bazoomba

Parmi les passionnés, il est possible de découvrir des astuces (sonnailles de djembé ou tendeur pour djembé home-made) ou le travail soigné de musiciens ingénieux comme Congalou, avec de belles congas ou encore son atténuateur d?harmoniques pour congas.

Ces « artisans de c?ur et de sons » répondent au passage à leur passion, et c?est le cas de Pascal Klein, un mélomane d?origine alsacienne. Ce dernier à fait naître le Bazoomba. Pour celles et ceux qui suivent l?actualité, les tribunes de Batterie Magazine de Février-Mars 2010 en parlaient.

Bazoomba percussion















I
nspiré du « très à la mode » cajon (comment fabriquer son cajon ?), le Bazoomba est un instrument étrange. Fait de bois, avec des feuilles de bouleau de Finlande, sa surface de frappe (d?une épaisseur de 2,5mm) dispose d?un spectre basse-aiguë assez large, en étant très résistante aux frappes (sa colle PU de type D4 résiste aussi à l'eau, la chaleur et au froid).

La sensibilité de la surface de frappe permet de développer les techniques « à mains pleines », de type conga ou djembé ou bien de tambours orientaux. Les balais jazz ou balais ethniques (similaires à ceux de Steve Shehan) seront aussi très sympathiques à utiliser pour créer des groove de batterie par exemple.

Vous me direz alors quoi de neuf avec ce Bazoomba ? Tout y est presque comme un cajon, le son, le timbre (munit d?un demi-timbre de caisse claire) mais avec les surfaces de frappes bien plus grandes et avec un « pont » entre basses et aiguës du fait de sa forme « en vague ».

Sa forme est très contemporaine, proche d?une rampe de skateboard ou d?un meuble contemporain, et son look ne passe donc pas inaperçu.

KP Percussion
(le facteur du Bazoomba), propose aussi une customisation, avec des motifs, des couleurs, avec une personnalisation presque infinie.

La prise de l?instrument apporte autre-chose. Le fait de pouvoir jouer à plat, permet de nombreuses combinaisons, mais différentes du cajon.

Sa tenue nécessite par contre une sangle pour un bon maintien sur les genoux (Il est pourvu de deux perforations prévues pour le sangler), ou alors de le poser sur un support approprié (type tréteau).

Vendu à partir de 250?, le Bazoomba n?est pas qu?un délire d?une famille de passionnés. Comme nous l?explique le fabricant, « l?instrument [le Bazoomba, ndlr] est né après avoir vu une vidéo de Fele Vega [percussionniste dominicain, ndlr] avec son Boombakini et l?un de nos garçons jouait au cajon. Puis se faisant, avec un papa aimant le bois et hop ! le Bazoomba a vu le jour ! Une année d'essais pour arriver au son voulu, un brevet et voilà?. »

C?est un instrument qui mérite une attention, et qui aura sans doute des évolutions futures en drainant aussi la curiosité des amateurs d?instruments « étranges » et novateurs, comme le Spacedrum de Djoliba ou le Tambourin mélodique Guillaume Toutain.










E
n attendant de vous laisser découvrir les autres degrés de liberté de cet instrument, il faut noter au passage que l?incontournable musicien-percussionniste Mino Cinelu utilise le Bazoomba (une interview prochaine de l?artiste nous apportera de l?eau à notre moulin).



Pour ma part, en attendant de vous proposer des prises de sons sur les possibilités de cet instrument (les polyrythmies de tambours bata lui vont très bien), je me suis empressé de le faire découvrir à plusieurs artistes comme le conguero Miguel Gomez, ou auprès du Team Djoliba, dont leurs remarques pertinentes sur l?instrument, feront l?objet d?un autre article plus technique et destiné aux curieux du tambour. (Une autre vidéo sur le Bazoomba, par Alvaro Pignatari, visionnée en dernière minute.)

Un instrument de musique à découvrir et qui rentrera très bien dans la hotte du Père Noël !

© Jimmy Braun - Août 2010 - © Photos : J.Braun & KP Percussions.

Fabricant du Bazoomba : KP PERCUSSIONS (Pascal KLEIN) Tél.: +33 (0)3 88 53 07 95 Email : kppercussions_at_gmail.com (antispam : remplacer _at_ par @)


Sixun, Guem, Cueco & Pozzi? : percussions des Mondes - Fri, 23 Jul 2010 13:20:00 +0000

Le soleil est bien présent (enfin presque partout) et c'est l'occasion pour les mordus de percussions de tous poils de pouvoir jouer en extérieur, voir des concerts et spectacles de rue et aussi prendre du bon temps pendant les congés (si c'est le cas). Pendant cette période estivale, peut-être serait-ce aussi l'occasion de découvrir les nouveautés musicales où le Rythme et la Percussion détiennent une place de choix.

Dans les bacs ou en prévision de sortie, on pourra se délecter en (re)découvrant des artistes au c?ur du jazz ou des musiques traditionnelles et improvisées. En voici quatre exemples qui méritent le détour et le coup d'oreille.

Sixun Live in Marciac

Mon premier coup de c?ur va pour l'album Live du légendaire groupe SIXUN (avec aux manettes, le pianiste Jean-Pierre COMO). L'album dispose de huit titres fameux qui reprennent in extenso le concert sublime donné par le 2 août 2009, à JAZZ IN MARCIAC (Gers, France) à l'occasion des 20 ans du groupe - une belle occasion pour déboucher le Champagne au c?ur du pays de l'Armagnac. Pour cette fois, le batteur et trublion Paco SERY n'était pas à la bourre ou absent (comprend qui peut).

D'ailleurs, Paco SERY offre deux titres signés sur les huit, avec un feeling à décoiffer votre grand-mère et un solo de sanza (kalimba ou piano à pouces) plutôt savoureux. Dans la section rythmique de ce pur jus jazz on retrouve bien entendu le bassiste Michel ALIBO, au groove incontournable, mais aussi le jeune Stéphane EDOUARD, un percussionniste inventif et au jeu incisif, qui va faire parler de lui dans les années à venir.

Ce live est disponible chez Harmonia Mundi (Label Futur Acoustic/Distribution Harmonia Mundi), en version coffret CD + DVD, de quoi ne pas regretter de ne pas avoir pu assister à ce concert qui m'a littéralement laissé joyeux et avec l'envie puissante de groover sur leur pulsation.

Guem over ?? No !

L'autre nouveauté (que je n'ai pas encore entre les mains) est la sortie d'un livre, qui est une BD, un CD et un DVD à la fois (Éditions BD Music). Il s'agit d'un support complet et illustré sur l'artiste GUEM.

Qui ne connait pas cet artiste de la percussion populaire ? Si c'est le cas, ce coffret sera peut-être le meilleur moyen d'avoir un beau support sur un artiste qui a su résister et se confronter au monde difficile de la production artistique. Car le père GUEM est un percussionniste atypique, hors de sentiers battus, avec un feeling et une technique propre à lui (et souvent on n'aime ou on n'aime pas, très tranché donc?). Largement cantonné dans l'intuitif, l'improvisation et la percussion avec une vision mélodique (parfois trop), ce personnage a contribué dès les années 70, à la reconnaissance et la propagation de l'instrument.

Aujourd'hui beaucoup de ses élèves de l'époque ont dépassés le maître, mais le personnage vaut le détour et sa musique sera parfaite pour l'apprentissage, l'illustration d'un spectacle ou l'éveil musical. Gageons que cet ouvrage crée par Jérémy SOUDANT, trouve son public.

Le CD contenu regroupe des titres repris des albums de l'artiste mais n'est pas véritablement un nouvel album, tout comme le DVD qui l'accompagne. La nouveauté réside surtout dans l'assemblage des supports et la création d'une BD-collage autour des rythmes et de l'image de cet artiste : GUEM.

Mirtha Pozzi & Pablo Cueco

"Percussions du Monde" : Voici le titre de ce disque du duo et compères de vie, Mirtha POZZI & Pablo CUECO. Ces deux artistes sont de véritables passionnés et chevronnés.

Leur nouvel album (disponible sur le label Buda Musique, collection Musique du Monde) est composé de 22 morceaux, 20 duos et 2 soli de percussion.

Véritable mine d'or pour les amoureux du Rythme et des tambours de la planète, il s'agit là d'un disque à ne pas bouder. Le sérieux du savoir musical et l'humour de la composition sont la base même du jeu de ces deux artistes qui roulent leur bosse depuis plusieurs décennies, entre les musiques improvisées, traditionnelles et jazz tous azimuts.

Entre conga cubaine, zarb (tombak) iranien, ou percussions brésiliennes, ce disque va faire écho. Bravo les artistes !

Oneira : Si la Mar

Oneira s'est formé en 2006 autour du percussionniste iranien Bijan CHEMIRANI, le petit frère de Keyvan CHEMIRANI, les enfants du grand maître Djamchid CHEMIRANI, qui n'est autre que l'un des musiciens percussionnistes iraniens qui a donné une lettre de noblesse au Zarb hors de contexte natal (un tambour iranien en forme de calice).

L'album "Si la Mar" (Hélico/L'Autre Distribution) réunit les musiciens Kevin SEDDIKI à la guitare, Pierre-Laurent BERTOLINO à la vielle à roue électro-accoustique, Harris LAMBRAKIS au ney, et les deux voix de Maruam CHEMIRANI et Maria SIMOGLOU. Cette rencontre au sommet de 6 musiciens d?horizons différents tant culturels (Provence, Grèce, Iran, Paris) que musicaux (musiques traditionnels, jazz, classique) s?est faite autour de la volonté de ces amis d?échanger, de partager leurs cultures musicales.

"Nous formons un groupe qui voyage dans l'improvisation à partir de ses compositions. Nous avons tous fait ce rêve d'une vie meilleure, où l'on garderait de nos traditions, comme de nos inventions, tout ce qu'il y a de bon...Alors, avec nos instruments, nos passions, notre amitié, ce que nous chantent nos ancêtres, ce que nous murmurent les villes, nous jouons et fabriquons des musiques d'ici et de là-bas, histoire de partager un moment sur les rives de la Méditerranée, et un peu plus loin.". Un beau voyage sonore qui vient encore démontrer que dans la famille CHEMIRANI, la musique est un second souffle empreint de passion et de savoir-faire.

Je vous souhaite une belle découverte, et si vous préférez faire des économies en écoutant la radio, je vous conseille une excellente radio de la Nouvelle-Orléans : WWOZ, à écouter via votre ordinateur (avec iTunes ou équivalent). Vous ne serez pas déçu, la programmation est d'une savante passion et en plus d'avoir envie de danser, battre la mesure ou ré-entendre des standards, vous découvrirez à coup sûr des perles musicales.

© Jimmy Braun - Juillet 2010.


Seijiro Murayama | 4 Pieces of Snare Drum - Mon, 14 Jun 2010 23:54:00 +0000

Musicien et compositeur japonais dès plus underground, Seijiro Murayama est connu comme percussionniste et batteur. Bien réputé dans le milieu les musiques improvisées, Seijiro Murayama donne des concerts de Musique Improvisée depuis 1982.

Ce japonais vivant en France depuis plusieurs années a notamment travaillé avec des artistes (musiciens, danseurs, plasticiens) comme Fred Frith, Tom Cora, Keiji Haino, K.K.Null, Jérôme Noetinger, Thierry Madiot Trio, Pascal Battus, Antez,, Mituyo Uesugi, Katja Fleig, Olivier Gelpe, Christine Burgos, Minoru Hideshima, Kazuo Ohno, Christophe Robin, Christophe Cardoen, Delphine Reist ou Lilian Menard.

Né à Nagasaki en 1957, Seijiro Murayama est atypique dans la façon dont il traite le Son. En recherche permanente, cet explorateur contemporain flirte avec le minimalisme, l'électroacoustique, et amène dans sa dernière parution (intitulée 4 Pieces of Snare Drum) la caisse-claire sur un terrain où le maître devient comme un peintre, un sculpteur ou un conteur sonore.

Enregistré par Thomas Tilly en mars 2009 au Polysonic (Orléans, France.), le dossier de presse de ce 4 Pieces of Snare Drum (Parution chez Petit Label, label crée par le contrebassiste Nicolas Talbot, sous la réf. PLSON008 / 1CD Audio, 2010.) explique que l'"On a presque envie de dire en écoutant ce disque qu?il se visite plus qu?il ne s?écoute, comme une expo permanente et personnelle de Seijiro Murayama.

Ces quatre pièces fractales, véritables sculptures sonores et temporelles pour certaines, plus proches d?une peinture monochrome pour d?autres n?en sont pas moins des pièces musicales, réalisées avec une simple caisse claire, prouesse technique ahurissante qui pourrait paraître dérisoire.

Et pourtant la force et la beauté de cette musique viennent en partie de l?énergie déployée pour transcender l?instrument et en réinventer des usages éphémères, dans un élan créatif frôlant la tragédie
." [Via Petit Label + Extraits en écoute]

Ses pièces sont de véritables performances sonores, qu'il réalise en général in-situ, en prenant en compte la dimension musicale du lieu, les jeux de résonance de ses volumes, de son architecture.

Voici un exemple d'une récente performance solo de Seijiro Murayama [Via Youtube]. Attention ! Le voyage dure environ une demie heure ! Installez-vous confortablement, laissez-vous aller ! Car l'univers en question bouscule. Seijiro remet en cause les fondements d'une oreille, qui serait formatée au rythme quatre temps et aux bonnes vieilles structures A-B-A-B.



© Jimmy Braun - Juin 2010


Cyro Baptista le percussionniste sans frontière - Fri, 04 Jun 2010 20:41:00 +0000


Cyro Baptista fait partie de ces percussionnistes talentueux (comme Steve Shehan, Jamey Haddad, Miguel Gomez, François Kokelaere, Xavier Dessandre-Navarre, Okay Temiz,?) dont le jazz, les musiques improvisées et estampillées World dénombre. Ce brésilien d'origine est un personnage vraiment surprenant et coloré.

Très ouvert et d'une chaleur humaine expressive, Cyro Baptista est un musicien très inventif, qui laisse passer le rythme au travers de n'importe quel objet (adepte du recyclage, des objets sonores à base de récupération).

Chez lui le rythme et la musique sont là en toute situation.

Comme si la musique ne s'arrêtait jamais, et qu'il la captait à son passage, en la caressant, la frottant, la titillant?

Une mélodie traîne toujours dans ses pulsations, avec une tendance à toujours aller à l'essentiel des phrases mélodiques et des dynamiques de chaque rythme.


Rhythm Awareness Workshop by Cyro

Lorsqu'il joue, ce trublion, qui roule sa bosse depuis plus de trente années, dégage une énergie communicative, comme le montre cette vidéo récente de Cyro Baptista et son ensemble Beat The Donkey - en particulier sur son projet auprès des enfants et ses workshop.

Actif le plus souvent au côté de John Zorn, Cyro Baptista pose sa touche inimitable avec un bon nombre de grands musiciens pour des projets très différents (Herbie Hanckok, Sting, Yo Yo Ma?).

Quand il joue, ce musicien et compositeur anthropophage (dans le sens du mouvement antropofagia), retrouve une âme d'enfant où son parcours atypique et son style, emportent tout sur son passage.

Dans la discographie du percussionnistes-chanteur Cyro Baptista il sera difficile de ne pas trouver un titre qui plaît à chacun.

Véritable caméléon tant en sideman que pour ses créations, ses albums sont souvent une surprise, une fête explosive où l'imagination est en pure ébullition.

Bien que nourrie de rythmes exotiques, latins ou orientaux, sa musique n'est pas qu'un collage de pattern et de recettes pour faire danser grand-mère.

Joyeux, sombre, intriguant, harmonieux, son art de la composition se bonifie avec le temps.

Ses derniers albums avec le projet Banquets of the Spirits laissent paraître cette force de catalyseur, de rassembleur dont fait preuve l'artiste.

Souvent, pour ne pas dire toujours, présent sur scène avec ce don de transmission de la pulsation, comme le dévoile cette vidéo du projet Rhythm Awareness Workshop [via Viadéo 18'48" V.O. (an.)].

© Jimmy Braun - Juin 2010



Quand l'iPhone est une percussion - Mon, 19 Apr 2010 00:15:00 +0000

La téléphonie mobile influence de nombreux aspects de notre quotidien, en la rendant plus ou moins pratique, si on considère que c'est aussi un moyen d'oublier les valeurs essentielles de la vie.

Et la musique n'est pas la dernière mine, le dernier vivier au développement d'applications pour iPhone. Depuis un certain temps, on peut voir apparaître des applications pour tout et n'importe quoi, même si Apple a fait un joli tri dernièrement dans les applications disponibles sur son AppleStore.

La percussion virtuelle

Avec l'arrivée de l'iPad, il semble que certaines de ces applications deviendront plus agréables ergonomiquement parlant. Pour l'exemple, l'Application Virtuoso, un clavier de piano plutôt très pratique pour réviser, risque de pouvoir pousser la chansonnette un peu plus loin si le clavier devient plus spacieux.

Au niveau des percussions on trouve aussi un bon lot d'applications. Bien que l'idée de vouloir jouer des percussions sur un iPhone me semble totalement sans intérêt, j'ai personnellement testé trois applications, bien entendu gratuites : Drum Kit Lite, KalimbaLive Free et Pocket Shaker.

De ces trois applications, je ne retiendrai que KalimbaLive et Pocket Shaker, qui permettent d'avoir un outil facile à rendre pédagogique. KalimbaLive reste assez agréable pour jouer des doigtés sur un kalimba (sansa ou piano à pouces), réviser des doigtés ou faire découvrir l'instrument.

Pocket Shaker est lui plus complet, en proposant une quinzaine d'instruments dont le son s'actionne en secouant votre iPhone (avec l'iPad ça risque d'être plus délicat).

La cowbell de cette application pourra très bien faire un accompagnement si vous poussez la chansonnette et que vous voulez un beat pour vous accompagner.

Chaque instrument est présenté simplement avec une illustration et son nom. On peut découvrir les castagnettes, le guiro, le shaker, la grosse caisse, la cymbale ride?. (Avec cette dernière, j'ai testé un chabada, ça demande un peu de maîtrise, mais c'est assez marrant)

Si vous disposez d'un iPhone et que vous êtes percussionniste n'hésitez pas à les tester, elles sont légères, gratuites et au fond assez pratiques (pour passer le temps, déconner ou faire découvrir).

Visuellement les interfaces de ces trois applications sont simples, même si quelques publicités apparaissent sur l'écran dans un petit espace, elles restent gratuites et franchement il serait malheureux de dépenser de l'argent pour une application.

Frenchy App.
E
nfin, une application française dédiée au SpaceDrum de Djoliba (une percussion créée en France, de la famille des métalophones, proche du Hang, SteelDrum, Hapi Drum, Caisa?) a aussi été élaborée par un passionné de nouvelles technologies.

L'application SpaceDrum n'est pas superbement réussie graphiquement, mais à le mérite d'être simple et française à 100%. Seul bémol elle est payante, vous me direz, 0,79? ce n'est pas grand chose.



iPhone pour iMusique et iMusiciens


Pour avoir une idée de ce que certains zinzins toqués du iPhone font déjà avec les applications musicales, je vous conseille d'aller sur Youtube ou DailyMotion où vous trouverez de nombreuses vidéo.



Toutes ces vidéo regorgent plus ou moins de pertinence, mais donnant une petite idée de ce qui se prépare pour le futur, comme cette vidéo mélangeant plusieurs applications iPhone et créant un orchestre ou l'initiative de ce musicien-compositeur, Ge Wang, en créant aux États-Unis un orchestre - The Stanford Mobile Phone Orchestra (MoPhO) - de musiciens équipés d'un téléphone mobile, ou encore cette chanteuse coréenne qui s'accompagne d'une batterie d'iPhone et qui compose en direct des reprises en créant des loops et en chantant (lien de la vidéo via Youtube).

© Jimmy Braun - Avril 2010


Percussion student's video weekend - Sun, 18 Apr 2010 23:58:00 +0000

Les réseaux sociaux comme Youtube permettent à de nombreux percussionnistes de mettre en ligne des petites vidéo de concerts ou de cours. En cherchant régulièrement sous des mots clefs différents, il est possible de dénicher des vidéo du jour publiées par des musiciens du monde entier. Voici une sélection de video fraîchement mise en ligne pendant le weekend du 17 au 18 avril 2010.









Steve Shehan & Pockemon Crew - Tue, 30 Mar 2010 22:16:00 +0000

Quand les percussions retrouvent le hip-hop

Oui, quand les percussions retrouvent le Hip-Hop, car ne l'oublions pas, la séparation n'aurait jamais eu lieu (à mon avis), mais sa visibilité est bien dissoute dans l'épaisse confiture musicale des majors (et des préférences de la masse ?).




Le Hip-Hop, qui est un mouvement artistico-culturel est apparu aux États-Unis (dans le Bronx à New York) dès les années 1970. Au-delà des aspects festifs et revendicatifs de cette danse, son origine nous vient tout droit des ghettos noirs new-yorkais et ces mêmes habitants d'origines variées (aux racines africaines) mélangeaient déjà les percussions aux prémices de ce Hip-Hop.



L'arrivée des produits nippons sur le marché électronique a surtout motivé ces précurseurs à utiliser les platines, les grosses radios chromées (celles qui se portent sur l'épaule pour faire "style"). D'ailleurs, d'autres danses et musiques se sont mélangées et transformées avec l'arrivée en masse des technologies de l'électronique, comme le Popping, une danse popularisée par les Electric Boogaloos, qui pour cette dernière allait plus dans les racines latino-américaines (Puerto Rico, Cuba?).



DJing, le MCing, le b-boying (break dancing) et bien entendu le graffiti sont les outils du Hip-Hop, et son expression "plurimedia" se compose aussi du human beatboxing, du street-language, du street-fashion et du street-knowledge. Le Hip-Hop c'est donc un univers au sens large et plutôt très communautaire (à l'inverse de la "Communauté Illusoire" de Marc Augé).

Une histoire de Beat, de Break et de mouvements

En France, il existe plusieurs structures (crew) et compagnies de danse où l'activité n'a de cesse. Pokemon Crew en fait partie. Preuve en est de leur volonté de revenir aux sources (de la percussion, du rythme), en faisant mine de nous proposer une nouveauté. Seulement voilà, on peut parler ici de nouveauté, puisqu'au fond leur création initiée avec le percussionniste Steve Shehan est bien une vraie et nouvelle rencontre.

Si futile soit-elle, qu'elle soit un coup d'épée dans l'eau, ou une ?uvre pleine d'avenir, la création réunissant Percussions et Hip-Hop sous le même toit a pu voir le jour dernièrement à l'Amphi Opéra de Lyon le 26/3/2010.

Mais, bref, trêve de blabla, je vous laisse visionner ces extraits de la rencontre entre l'éminent et sensuel percussionniste Steve Shehan et les agitateurs du Pokemon Crew !

La qualité vidéo n'est pas extrême, mais vous pourrez avoir une idée précise de ce que la rencontre à fait naître. Fight ! ;)



Frédéric Firmin | Batteriste solo - Wed, 24 Mar 2010 01:30:00 +0000

Frédéric Firmin est un « batteriste » Antillais (et non batteur, il a inventé le terme) qui propose un double disque CD/DVD solo éponyme « Batteriste ». Un exercice original trop souvent anecdotique pour cet instrument, pourtant le plus proche des racines africaines, percussives du Jazz, mais à cause de cela plus connu pour son rôle d?accompagnement, rythmique, sa pleine puissance assourdissante que dans son rôle mélodique, auquel les compositions laissent rarement la part belle, si bien qu?on a l?impression ici de redécouvrir l?instrument et ses possibilités.

Ce double CD [paru aux Éditions Le Salon de Musique, ndlr] réédite tout d?abord son premier disque « Batteriste » de 1996 enregistré aux Instants Chavirés paru sur la label In Situ avec la motion « aucun effet n?a été rajouté », tant cette batterie au naturel se révèle riche et impressionnante, proprement inouïe.

La batterie est sa maison

Par sa faculté à créer dans ce répertoire un réel univers personnel, mais universel car d?une force émotionnelle traversant les cultures et les genres, on pense à Leon Parker qui sut le faire dans les années quatre-vingt dix, mais à partir du jazz, et avec des invités jazzmen. Ici c?est vers les musiques du monde que s?ouvre cet univers.

La batterie est sa maison, où il nous convie à ces « Voyages avec ta maison », tel un escargot car c?est LUI qui habite son instrument de sa musique, de sons qui font sens, d?échos et de ras qui la rendent à son statut de percussions ethniques assemblées. On y retrouve dans les cymbales les gongs balinais, et jusqu?aux cloches tibétaines murmurantes, s?éloignant, jusqu?au silence, dans les peaux des toms les percussions des déserts et l?Afrique, dans la grosse caisse la puissance des énormes tambours japonais assourdissants, puis au « Au fil des étoiles », le métal sonnant des cymbales chantantes, du Brésil aux castagnettes gnawi du Maroc [karkabous, ndlr], par des variations d?intensité aussi lumineuses que musicales, nous apprend le DVD.

De ce même silence semble naître « La ballade des cercles » qui entourent les peaux des toms comme des percussions, martelant sensiblement on ne sait quoi, (que nous apprendra là encore le DVD) aussi doucement que des gouttes d?eaux en ricochets, muettes, imperceptibles et pourtant envoûtantes en leurs résonnants échos, de peau, de métal, se répondant jusqu?au silence.

Mais « Beau Soleil » aborde aussi le côté entraînant, martial, leader de la batterie, soleil des rues et des fanfares que l?on suivait à La Nouvelle Orléans en processions festives, puis parcourant la course du soleil dans sa journée, des tambours de l?Afrique aux Caraïbes, accélérant de plus en plus, puis s?éloignant pour qu?on le suive.

Dans « La beauté tout autour de moi fasse que je marche » (joli titre où Firmin se montre aussi poète des mots), il confirme encore son talent et son affection pour les cymbales (il faut avouer tout de même que sa batterie en a six, et d?énormes, plus qu?une batterie "conventionnelle", comme dans le rock) ; c'est la danse d?un fakir indien avec un serpent d?Afrique, qui accélère son déhanchement, se presse et s?allonge en dragon des rues pour le Nouvel An Chinois (le DVD nous apprend qu?il obtient cet effet de cymbales entrechoquées par la pédale de la cymbale charleston).

Frédéric Firmin est aussi antillais, et nous entraîne de liane « Barbadines » en « Goyaves » cueillir des fruits dans une forêt tropicale luxuriante.

Alliant l?inouï au jamais vu, Frédéric Firmin est de ces musiciens qui pose à l?écoute à tout batteur, batteriste ou simplement auditeur sensible à sa musique la question du faire, de la manière.

Dans ce disque double, le DVD de concert répond, sur un programme en partie différent, enregistré plus récemment au Samovar le 4 octobre 2004, aux questions posées par l?écoute du CD audio à ceux qui ne l?ont jamais vu en concert.

Cette formule s?adapte donc très bien à cet artiste et à sa musique, prolonge l?écoute par la vidéo qui en éclaire les mystères techniques, permet de suivre le « fil des étoiles » ou « la ballade des cercles ».

Mieux même qu?au concert, les caméras aériennes offrent un point de vue imprenable par le spectateur de concert sur sa batterie : vu d?en haut dans « Mazurka pour Rimbaud » sur les peaux et une cymbale couvertes de linges dévoilés comme un mystère, ailleurs fourrageant entre les éléments de la batterie, les trépieds des cymbales et les flancs des tambours.

Improvisation et racines

On découvre aussi un autre pan de son répertoire, plus ancré dans ses origines Antillaises, engagé avec « Justice » (journal d?André Aliker, journaliste martiniquais assassiné en 1934 pour avoir dénoncé un scandale financier béké) à la révolte sourdement grondante, ou la revendication d?une identité culturelle propre dans « Outre-Mer, Autres-Terres ».

Simplicité et beauté du geste, il s'y dévoile quelques secrets de jeu du batteur, de véritables cloches cubaines, les cowbells [cloches métalliques, ndlr], posées à même les toms dans « Les Hirondelles de Marie », mais utilisées à la balinaise ou à la tibétaine comme des gongs [ou le Gamelan, ndlr].

On trouve aussi un Frédéric Firmin plus Jazz, plus proche dans « Pour Tous » de Max Roach et de sa Freedom Now Suite entre grondement et apaisement des tambours de la révolte, plus tambourinant et fanfaronnant dans « Beau Soleil » .

Enfin, dans l?improvisation, c?est lui qui se déplace, change son point de vue et le nôtre, prend la batterie à rebours en en faisant le tour, côté cymbales et gongs, puis rejoint sa place, comme pour rappeler que cet instrument est fait de percussions assemblées de bric et de broc par les esclaves noirs en mal d?instrument, après les avoir si bien rendues à leurs premières destinations ethniques ou en avoir créé d?autres pour l?avenir.

En Bis, Frédéric Firmin confirme avec « Jeu D?Ailes »ce miracle que la légèreté de la frappe peut faire croire à l?envol des cymbales et des peaux de cet instrument massif qu?est la batterie...

Ce coffret CD/DVD réjouira les batteurs, mais aussi les amateurs de musiques Jazz ou traditionnelles, et ce nouveau format semble vraiment avoir été créé pour Frédéric Firmin, et prendre ici tout son sens.

© Jean Daniel BURKHARDT - mars 2010. © Photos : Patrick Bard.

  • Batteriste | Batterie solo par Frédéric Firmin. 2009. DIGIPACK CD/DVD / CD audio + DVD 5 PAL. Toutes zones ? All regions. La Salon de Musique.


Mix Stix | pour une cuisine plus funky ! - Thu, 18 Mar 2010 01:50:00 +0000

Qu'est-ce qu'on mange chérie ce soir ? Mhm? j'hésite entre un poulet samba, une b?uf cascara ou une truite funky !

Musique et gastronomie font bon ménage. Musicien ou non, les sons des couvercles ou de certains ustensiles nous émerveillent parfois les feuilles de choux. A chaque plat son rythme et c'est ce à quoi répond MIX STIX? ! Faire la popote en même temps que de réviser ses gammes rythmiques et animer la galerie !

Mix Stix se sont des classiques cuillères en bois faite de hêtre et transformables en baguettes de batteur. Réviser un Paradiddle (doigtés, rudiment de base utilisé en percussion) sur la marmite, faire un rimshot sur la cocotte, on peut presque imaginer un repas musical, transformer son Wok en Hang ou SpaceDrum, et faire un petit orchestre musico-culinaire. Et pourquoi pas faire sa cuisine un peu dans l'esprit de ce qu'avaient fait quelques élèves japonaises au Seitoku University Festival 2008.

J'oubliais, allez voir aussi cette vidéo très récente de Steve Shehan et Vladiswar Nadishana, pour une petite partie de percussion de cuisine : http://www.youtube.com/watch?v=VvRkqOTI8ws

© Jimmy Braun - Mars 2010


Istanbul Sessions | jazz ottoman pur jus - Sun, 14 Mar 2010 23:03:00 +0000

La musique turque regorge de bonnes idées, et ce n'est pas que dans le c?ur traditionnel que cette gageure réside - même si des personnages comme Mustafa Kandirali ne doivent jamais être laissé de côté pour enrichir nos feuilles de choux. Dans cette effervescence musicale aux sonorités ottomanes, il est un artiste actuel, d'origine suédoise-turque à découvrir ou re-découvrir : Ilhan Ersahin, un saxophoniste plein d'idées, très en vogue à New York (où il réside), et riche de ressources comme le montre son projet Istanbul Sessions.

Istanbul Sessions c'est 4 musiciens polyvalents : Ilhan Ersahin, Alp Ersonmez, Turgut Bekoglu et Izzet Kizil. Ilhan est né et a grandi en Suède, son pays natal, et depuis longtemps maintenant il vit à New York où il a fondé Nublu, une double entité, à la fois un club et une maison de disques. Ayant un père turc et toujours en liens étroits avec Istanbul et la Turquie, son nouveau projet marque d'une pierre blanche sa carrière, au même titre que le courant jazz actuel. Oui, "actuel", car c'est bien "un jazz", mais définir le style propre de ce projet semble être délicat tant les territoires touchés sont un large éventail.

Istanbul Sessions a été conçu comme un projet "très organique". Le concept est une combinaison du sons urbains entre NYC et Istanbul. Istanbul Sessions mélange les échelles musicales turques, des pieds métriques "smooth jazz" et "club" et des improvisations jazz au sens le plus stricte. Leur prestation live semble être une expérience sonore faite de bonnes humeurs, de transe, à partir d'instruments acoustiques, électriques et électroniques.

Les couleurs et le tissage de ce disque est aussi l'occasion de découvrir des musiciens d'une grande qualité : le bassiste Alp Ersonmez, entre autre bassiste de la popstar Tarkan, Turgut Bekoglu, un batteur versatile et inventif, et Izzet Kizil, un percussionniste turque très actif (qui a déjà joué avec de très grands noms tels que Bebel Gilberto ou Natasha Atlas, etc.) et qui met la derbouka en valeur dans un style peu commun pour ce tambour.



Tous très actifs sur la scène musicale d'Istanbul, le projet Istanbul Sessions est aussi un projet à géométrie variable puisque Ilhan Ersahin invite Erik Truffaz sur l'album, et va réitérer la rencontre lors de différents concerts, en y intégrant aussi le suprême et éclectique violoncelliste Vincent Segal (Bumcello, -M-, Sting, Agnès Jaoui?). Istanbul Sessions est un projet à ne pas manquer, où les rythmes et la fraîcheur des thèmes ne laisseront pas le mélomane en panne d'inspiration pour placer quelques titres dans une set list, qui se laisseront apprécier sans se faire prier.

© Jimmy Braun - Mars 2010.





Franck Vaillant | Magnetic Benz!ne - Thu, 04 Mar 2010 00:41:00 +0000

Ce n'est pas un mythe. Le passionné [de jazz] est un malade ; qui n'écoute pas que John Coltrane ou The Bird en grignotant Billie [Holliday]. Il est suffisamment fou pour aller puiser dans le fond des bacs, dénicher des disques (oui ça existe encore le disque) et partager ses découvertes. Car le partage c'est le nerf de la passion et de la musique.

Jean-Daniel [Burkhardt] est l'un de ceux là. Cette fois encore, il nous emmène dans les sentiers d'une musique au paroxysme de la rencontre musicale et musicienne. Franck Vaillant (batteur au côté de Lo'Jo, Print, Arthur H?) avec Magnetic Benz!ne ouvre la voix du jazz et de la musique coréenne (une nouvelle brèche). Pour ceux qui connaissent déjà que la chanteuse Youn Sun Nah, ils pourront découvrir Soo Bin Park [et au passage ça fait bien dans une soirée de connaître deux noms de chanteuses coréennes ;) ]. Ce disque, n'est pas simple. Comme une rencontre. Comme du jazz avant-gardiste.

Ce disque m'a fait penser de suite au film musical de Guy Girard sur Sainkho Namtchylak (chanteuse originaire du désert de Tuva) avec William Parker (basse) et Hamid Drake (batterie), sur la très artistique collection de DVD Freedom Now (Édition La Huit). ????? ("kamsa-hamnida", merci en coréen) Jean-Daniel pour ce retour d'écoute ! Jimmy Braun.

Magnetic Benz!ne ou la pompe à jazz

[Franck Vaillant | Magnetic Benz!ne. 2009. Mélisse Production / Abeille Distribution. Réf.:MEL666008 - 3760002134253 - 1 CD Audio]
Si le Jazz est à l?origine une musique, afro-américaine, afro-cubaine, afro-brésilienne, ou européenne d?adoption, il est aussi « la seule musique assez libre pour accepter toutes les autres en son sein » (Fusion Jazz Rock, funk, Electro), et gagne aujourd?hui à s?ouvrir à de nouveaux horizons et continents, à de nouvelles fusions mondiales.

Le disque Magnetic Benz!ne du batteur du groupe Print, Franck Vaillant, sorti sur le label Mélisse en 2009 (distribution Abeille Musique), ouvre le Jazz à la Musique Coréenne, grâce à la chanteuse coréenne Soo Bin Park, accompagné par une formation Jazz/ Jazz-Rock (Guillaume Orti au saxophone, Josef Dumoulin au piano et Fender rhodes et Jean Luc Lehr à la basse électrique et acoustique).

Le Jazz est présent dans son expression la plus calme ou plus libre. Petites étoiles de Paris trouve le quartet, sans la chanteuse, dans un contexte de ballade purement Jazz classique, acoustique avec batterie, contrebasse et piano à la Keith Jarrett, citations du "A Love Supreme" et l?agilité rythmique d?Orti très troisième mouvement Tristanien à la Lee Konitz, et éclaboussements sonores de rires d?enfants en fond sonore. Dans Womp Womp, Orti a la précision et la liberté Monkienne d?un Steve Lacy sur une batterie flottante, ouverte, libre, improvisé, mais respectant une mélodie magnifique suivie d?un solo de piano très original.

Corée-lations jazz

Dès L?Affaire à l?envers, la puissance de la chanteuse coréenne rappelant celle de la musique Samul?Nori ou le Minyô japonais par sa puissance dramatique, surprend d?abord, inouïe dans ce contexte, puis s?allie à merveille avec le groupe, les tempos casse-cous d?Orti et le clavier Jazz-Rock inquiétant dans les basses de Dumoulin, mieux intégrée et plus active que la discrète Yen Shyu dans Lucidarium de Steve Coleman, dès le début aussi déjantée que les musiciens qui l?accompagne, dans une émulation et écoute mutuelle.

Million Dollars, rappelle un peu les genres Pansori narratif puis des percussions coréennes comme le tambour changgo [photo ci-dessous, tambour bimembranophone] et le gong kwaenggwari [photo ci-contre, petit gong plat] se mêlant à la batterie de Franck Vaillant, puis Orti attaque des dunes mélodiques façon Steve Coleman, et finit presque en afro-cubain sur le tambour changgo (homonyme d?un Dieu du panthéon afro-cubain de la Santeria, comme le monde est petit !) sur les cris de Soo Bin Park.

Ils inventent de nouveaux chemins entre ces musiques. Dans le groupe de Franck Vaillant, Jazz et Musique Traditionnelle conversent sans s?étouffer, l?un rendant l?autre plus accessible, tandis qu?elle l?enrichit de ses couleurs inédites, traversant les frontières avec Fil de Feu, dont les premières mesures de la coréenne seule accompagnée de percussions Japonaises rappellent la Click Song de Myriam Makéba, puis le Minyô narratif japonais déroule son histoire.

Plus électrique, Boom Boom Ship décolle avec le Fender Rhodes vers un Space Rock psychédélique cosmique à la Sun Râ accompagnant la voix hallucinée de la coréenne poussée jusqu?au cri, passant du langage articulé aux expressions vocales plus libres et informes, hallucinée dans sa chute, presque diphoniques.

La chanteuse, là encore, semble plus intégrée moins plaquée artificiellement que le chanteur japonais Suzuki dans le Rock progressif de Can, car elle n?essaie pas de faire Rock ou Jazz, mais reste elle-même de son étrangeté exotique à ses délires punks. Dancing In Armor rappelle le Rock Jazz de Rocking Chair.

Dans Bondage Maracas, elle use d?un taepyongso, [appelé aussi ho-jug, un hautbois coréen à anche double similaire à la bombarde ou la gaïta. ndlr], qui rappelle des sonorités indiennes dans une sorte de Bourrée d?ailleurs rejointe par le quartet jazz qui finit en "brouillage" électro-expérimental.

Dans ce traitement, à la fois issu d?un terroir et s?en échappant, le groupe crée sa "Musique Folklorique Imaginaire" n?appartenant qu?à lui, à la manière du Marvellous Band Sclavis [Louis] jouait des tuyaux divers.

Après s?être ainsi cherchés, découverts et trouvés, Sadhaan, aboutit à une fusion parfaite, inédite, d?électro-pop-wave un O.V.N.I. sublime ambient lounge apaisé d?une stupéfiante beauté, métisse, mutante, à un langage propre où chacun a sa place dans une harmonie collective...

© Jean Daniel BURKHARDT - 2010
Tracklist 1 L'Affaire à l'envers 2 Petites Etoiles de Paris 3 Million dollars 4 Womp womp 5 Fil de feu 6 XY 7 Boom boom ship 8 Bondage Maracas 9 Amulette 10 Dancing In Armor 11 Pousse tes pas 12 Sadhana

Musiciens : Franck Vaillant, tambours, cymbales et composition - Soo Bin Park, chant, changgo, kwaenggwari, taepyeongso - Guillaume Orti, sax alto, c-melody sax, Korg MS-20 - Jozef Dumoulin, piano & Fender Rhodes - Jean Luc Lehr, basse électrique, contrebasse


Hasse Poulsen et ses Progressive Patriots - Wed, 17 Feb 2010 16:03:00 +0000

Dernièrement, Jean-Daniel nous proposait un billet de son retour de concert de la soirée Fridge-Jazz du percussionniste Terje Isungset. A cette soirée, qui se déroulait dans la salle de Pôle Sud à Strasbourg, il se préparait deux concerts d'exception. Voici donc un billet d'humeur sur le concert de seconde partie, avec le guitariste Hasse Poulsen & The Progressive Patriots.


En seconde partie, on pouvait entendre le dernier groupe du guitariste Hasse Poulsen, qu?on a pu découvrir dans le Napoli?s Wall de Louis Sclavis , et qui s?assume comme Citoyen du Monde : « Qui suis-je ? Français ? Danois ? Ma mère est Anglaise, j?ai grandi au Kenya et étudié aux États-Unis (...) Je parle toutes les langues avec un accent. Parfois, je me sens chez moi partout, parfois un étranger absolu. Nous avons besoin de redéfinir nos nations. Et moi, ma nation s?appelle Jazz... ».

D?où, dans la lignée de ce beau et généreux discours rappelant le film L?Auberge Espagnole de Cédric Klapish, le nom de ce groupe monté pour fêter ses dix ans en France, « The Progressive Patriots » [http://www.myspace.com/progressivepatriots] (après qu?Identité Nationale ait été refusé par une salle de concert pour éviter la confusion avec les débats enterrés depuis le 11 février 2010 par François Fillon), d?après un livre du musicien écossais Billy Bragg qui y déclare que les Socialistes peuvent reprendre le Patriotisme à la Droite !

Sur scène, en effet, on trouve une belle formation qui se joue des frontières géographiques et musicales : outre le guitariste, le batteur New-Yorkais underground historique de Tim Berne, Tom Rainey, son vieil ami le bassiste danois Henrik Simonsen et et deux jeunes souffleurs français : Stéphane Payen au ténor (grand spécialsite de de la polymétrie du groupe Print) et le très jeune et imprévisible Guillaume Orti à l?alto.

Dans « Open Up », les deux saxophones s?envolent dès les premières notes, puis la batterie Jazz Rock de Tom Rainey crépite, et Poulsen les soutient d?accords décalés à la Jim Hall en plus énergique. Puis Poulsen frappe les cordes d?un archet d?une manière plus contemporaine et habitée, comique et désarticulée que Jimi Page dans « Dazed & Confused » de Led Zeppelin, les portant à une incandescence inouïe sur la ventilation des saxophones et les ras de Rainey et repart sur un dernier break. Chez ces Patriotes, la Progression est constante !

Ils poursuivent avec la suite « They Might Think I Was Soft » [http://www.myspace.com/progressivepatriots]. Doux, Hasse Poulsen ? Parfois pris individuellement dans certains arpèges lents presque baroques, plus qu?il ne m?était apparu sur leur Myspace sur la batterie légèrement ethnique.

Mais, quand il branche sa guitare sur le secteur, c?est une électricité Rock que crachent les amplis comme dans Papremborde avec des oiseaux de feu à la Mc Laughlin [John], un déluge d?étincelles sonores alimenté de mouvements rageurs du poignet.

Trop Jazz pour être doux, trop Rock pour être que Jazz, trop l?un pour n?être que l?autre, et trop libre pour s?en contenter, Jazz mais pas que, Jazz et caetera...

Ils enchaînent sans crier gare sur « Très Blue » [http://www.myspace.com/progressivepatriots] sur la basse lente résonnante d?Henrik Simonsen dans le détaché des ornements, sans Rainey, que Poulsen habille de quelques effets contemporains bornés de clapotements et titillements de cymbales du batteur de plus en plus martial, rompu avec Tim Berne à toutes les évolutions du Jazz déstructuré vers le déchaînement Rock ou l?étrangeté électro. [http://www.youtube.com/watch?v=8RFUvdisNb0].

Le discours semble avancer en ordre dispersé entre les attaques de fanfare des deux souffleurs, et pourtant de cette disparité apparente naît comme par miracle une forme, de cette beauté convulsive dont parlait André Breton couvant toujours sous la glace, un discours organisé qui vous entraîne vers un prolongement moderne des recherches de Lennie Tristano (http://www.youtube.com/watch?v=sdedfoKIjIE&feature=related ) et du Troisième Mouvement avec Lee Konitz, Warne Marsh et Billy Bauer [http://www.youtube.com/watch?v=sMw8t_Ahgbc].

Alors, Soft, Poulsen ? Du miel à nos oreilles, mais qui accroche pour mieux s?y maintenir, ne pas faire qu?y couler...

La démocratisation du Jazz de ces « Progressive Patriots » s?exerce aussi, en plus du jeu collectif, dans le choix du répertoire, où chacun a sa petite composition, même Orti jouant à vide sur un pied tel une de nos cigognes [http://www.youtube.com/watch?v=KDPn9r-pWLQ] dans « B » ou Payen signant « H », au tempo lent comme refusé, retenu, joué à contretemps par Rainey faisant entrer les scories dans ce répertoire organisé pour les plaisirs de l?imprévu et du risque.

Dans ce happening, un membre du public ajouta son grain de sel, citant Charles Mingus : « La contrebasse a le corps de ma grand-mère et la voix de mon grand-père », avant un dernier titre d?Hasse Poulsen gai, presque pop, à la manière de sa chanson « Godspeed You All » sur son album « Rugby in Japan » [http://www.cdbaby.com/cd/hassepoulsen] avec son Sound Of Surprise, avec une voix à la New Wave , Bauhaus [http://www.youtube.com/watch?v=paMbMLkBGzU] ou Joy Division [http://www.youtube.com/watch?v=QVc29bYIvCM].

Comme Bis, ils jouèrent « Gloria in the Movies », une belle ballade soft dédicacée par Hasse Poulsen à sa femme, avec un côté « Itinéraire Imaginaire » de Stéphane Oliva.

A la réflexion, Hasse Poulsen [http://www.youtube.com/watch?v=EdSGrB7nsuk] est plus proche en cherchant d?autres effets en barrant son médiator très près de la caisse de résonance de sa guitare de Fred Frith et de ses essais de techniques alternatives pour la guitare, avec des outils peu conventionnels mains intéressants pour l??il et l?oreille [http://www.youtube.com/watch?v=M2WSeZZV6iQ] que de l?improvisation libre jusqu?au vide de l?abstraction d?un Derek Bailey, plus élitiste. [http://www.youtube.com/watch?v=9XE2N4mxeRw].

A bien y entendre, on y retrouve des pratiques plus anciennes, baroque, Jazz, Rock, reprises dans une approche contemporaine et libre [http://www.youtube.com/watch?v=rMfL_ZHsKns].

Jazz Ain?t What It Used To Be, a-t-il écrit un jour, répondant au Things Ain?t What It Used To Be [http://www.youtube.com/watch?v=5fJu-byjtRY] de Duke Ellington. Grand sideman et improvisateur, il est aussi bon compositeur pour cet éclectique ensemble.


© Jean Daniel BURKHARDT - 2010


Du souvenir de Fadouba Oularé : djembé héro - Fri, 12 Feb 2010 11:19:00 +0000

En 2009, une rumeur - qui a fait l?objet d?un billet sous l?initiative et la bienveillance de Julien Brygo - cette rumeur « assassinait » le grand maître djembéfola Fadouba Oularé. Bien que la rumeur fut démentie par le maître, cette dernière a raison de lui une année plus tard.

Fin janvier 2010 (le 27 janvier selon plusieurs sources, comme sur le forum Dondaba) , l?enfant de Faranah, en Haute-Guinée (Afrique de l'Ouest) nous a quitté. Fadouba Oularé est disparu à l?âge incertain de 75 ou 80 ans (les registres de sa commune de naissance n?étant pas précis).

« Celui qui dit que Fadouba est mort, il est contre Fadouba, pour éclater mon bonheur.»
Recruté par le président Sékou Touré pour devenir premier soliste et chef-tambour à la création des Ballets Africains en 1959, Fadouba Oularé était l?aîné de la tradition du tambour djembé malinké. Aujourd'hui, il semblerait que ce soit le maître guinéen Famoudou Konaté qui soit le plus âgé (de ceux connus en Occident).



Incontestable grand maître de la tradition du djembé malinké et du ballet, il parlait avec le tambour une « parole ancienne » utilisant une grande variété de « touchers » , de frappes (dont un jeu de basse fondamental) avec une virtuosité et une vitalité encore inégalés.



N?oublions jamais de lui rendre hommage en écoutant sa musique et en faisant découvrir aux générations futures le long travail de cheville ouvrière que Fadouba Oularé a perpétué corps et âme.

« Je suis dans la main de Dieu, je ne suis dans la main de personnes ! En Afrique, ici ! »


Et écoutons à nouveau l'interview de Fadoubé OULARE par Julien BRYGO (25 février 2009, Guinée)

[Quicktime Player est nécessaire pour la lecture. Téléchargez-le gratuitement !]


© 2010 Jimmy Braun - Photo (2009) : Julien Brygo

Liens video Fadouba Oularé | http://www.youtube.com/v/0daEJhod9 ? http://www.youtube.com/v/cW1FqDXAxEw&hl |


Miguel Gomez Orquesta : Lamento de concepcion - Tue, 09 Feb 2010 15:47:00 +0000


Le percussionniste Miguel Gomez est l'un des congueros mondialement reconnu (Africando, Don Byron, Cesaria Evora,?).

D'une part sa grande qualité artistique et pédagogique, font de lui un fer de lance d'une génération de percussionnistes qui intègrent des techniques de jeu traditionnelles et modernes.

D
'autre part sa qualité humaine en fait un artiste humble et protégé des flashs de rubriques people, sans le laisser au rang des incognitos lorsqu'il s'agit de parler de conga, de salsa et de musiques latines ou latin-jazz.

Motivé par l'engouement du public pour son propre ensemble, Miguel Gomez, qui est un véritable passeur et défenseur des traditions rythmiques (afro-cubaines et caraïbes), a joué récemment à La Chapelle des Lombards (Paris), avec ses musiciens du Miguel GOMEZ Orquesta.


Mais trêve de parole, le mieux est de savourer?



A noter aussi que Miguel Gomez propose sur son site une démonstration des cours qu'il dispense, avec des extraits vidéo très intéressants : http://www.miguel-gomez.com/cours2010.html


Les éléphants percussionnistes : Thai Elephant Orchestra - Sun, 07 Feb 2010 23:14:00 +0000

Dans la série des phénomènes musicaux (percussifs) exclusifs et rares, on note des pratiques parfois millénaires (xylophone de fosse, percussions corporelles?) et d'autres plus récentes comme Stomp.

Aussi, on peut remarquer (et être étonnés) de nombreux phénomènes sonores produits par les animaux comme l'effarouchement des oiseaux sur les aéroports, protection des baleines contre les bruits des navires, détection des insectes dans les réserves de grains? Et puis, il y a ces oiseaux auxquels l'on pense dès qu'il s'agit de parler de musiques et d'animaux - le fameux chant des oiseaux. Mais qu'en est-il des autres animaux ?

Surprenant à découvrir, on peut dénicher sur le label Mulatta des enregistrements d'une musique peu commune : de la musique produite par des éléphants.

Véritable musique dépassant la simple bioacoustique - cette science qui étudie la communication sonore animale - ce chant des éléphants est produit avec des instruments. Mais qui aurait pensé que les éléphants ont une aptitude à créer de la musique ?



Dave Soldier et Richard Lair l'ont cru. Avec l'aide de plusieurs infrastructures thaïlandaises, ils ont organisé un groupe de six éléphants domestiqués, conçu les instruments, travaillé des compositions et enregistré.

Ces enregistrements ont pour but d'exposer le côté créatif des éléphants !
Et ces pachydermes ont sélectionné eux-mêmes les notes et les rythmes de leur propre chef.
Qui a dit qu'un éléphant ça trompait énormément ? En attendant, découvrez le groove de l'éléphant

© Jimmy Braun

Liens | http://www.youtube.com/watch?v=k1NpvHsxjgw


Terje Isungset : percussions et glace ou le Fridge Jazz - Sun, 07 Feb 2010 20:56:00 +0000

Terje Isungset & Les Progressive Patriots d?Hasse Poulsen à Pôle Sud


Le 5 février 2010 à Pôle Sud (Strasbourg, France), on pouvait entendre deux jazzmen européens les pieds bien ancrés dans leur terroir Européen ou mondial, mais y alliant le geste libre du Jazz et la tête dans les étoiles : le percussionniste et batteur norvégien venu du froid Terje Isungset et le dernier groupe du guitariste danois Hasse Poulsen, les Progressive Patriots.

Hibern'à'son

Tout d?abord, le batteur et percussionniste norvégien Terje Isungset qui a enregistré son dernier disque « Hibernation » dans un igloo !

Le tout avec des instruments de glace qu?il a construits lui-même : percussions, trompette de glace et même iceofon (glaçophone).



Du Fridge Jazz, en quelque sorte...





Le kit de batterie est réduit à la plus simple expression de ses timbres : une grosse caisse, une caisse claire et une cymbale où frétille une gourmette de billes métalliques. Il y a ajouté des instruments de sa fabrication construits à base d?éléments naturels.

La cymbale charley est remplacée par un tambourin polytonal plein d?esprits comme un dreamcatcher inuit et on aperçoit une rangée de rondins de bouleaux arctiques attachés, d?autres à terre, une cowbell rouillée, quelques cloches tendues sur une corde et un appareil de pierres et d?ardoises.

Arrivé sur scène, c?est tout un paysage qu?il crée : le souffle du vent sur la banquise dans un tuyau, des sifflements parfois alterné de chants aigus et de grognements chamaniques.

Cependant entre deux mystères, il sourit béatement comme un bébé, ce qui rajoute à l?exotique et inquiétante étrangeté de ces sons une dose d?humour.

La grosse caisse est utilisée comme percussion tribale profonde de base, les cloches actionnées de l?autre pied en équilibriste/contorsionniste gracieux, le tambourin monte et descend par la pédale en bruissant de ses sonnailles comme un périscope musical dans les glaces arctiques ou un hochet fou, auxquels il ajoute de sa voix de chamane fragile des appels lointains vers l?infini qui résonnent dans l?espace clos de la salle comme dans l?horizon immense, créant un espace sonore inouï et dépaysant, rappelant parfois le lyrisme du saxophoniste Jan Garbarek, lui aussi Norvégien.



Faiseur de feu sur la glace, il entrechoque des pierres de granit sans étincelles que sonore, les râcle sur l?ardoise d?un vibraphone de pierre [lithophone] (j?ai mal vu ce qui se trouvait sur cette table) aux profonds échos dub...



C?est lui qui déclenche dans cet art climatique la furie de la foudre et les bourrasques aux forces de cataclysmes, lorsqu?il entrechoque les rangées de branches de bouleaux arctiques contre la grosse caisse.

A la guimbarde, on pense aux mongols qui l?utilisent parfois avec leur goût pour les sonorités diphoniques, mais qui dans sa bouche prend la modernité d?une beat box



Il finit en soufflant les derniers appels dans une corne creuse, celle dit-il, de la dernière chèvre norvégienne morte en 1983 qui lui fut offerte par son berger.



Il vient d?enregistrer un nouveau disque d?ice music (musique de glace), avec de nouveaux instruments : une harpe de glace et une guitare de glace.



La fin est naturelle et comique, avec la chute d?un fagot de brindilles tapoté par l?autre.



Inouï et jamais vu, dépaysement garanti charme écolo-minimaliste, la musique de Terje Isungset ne ressemble à nulle autre au monde, en tous cas sous nos climats.... On peut juste regretter qu?il ne fasse pas assez froid chez nous pour son spectacle avec des instruments de glace, difficilement transportable... Pôle Sud n?a jamais été aussi Polaire, mais est encore trop au Sud pour cela?


© Jean Daniel BURKHARDT

Liens | http://www.myspace.com/terjeisungset ? http://www.guardian.co.uk/music/video/2008/nov/25/norway-ice-music-terje-isungset


Quelques nouveautés percussives ! - Fri, 29 Jan 2010 12:22:00 +0000

Les publications se font moins régulières actuellement. non pas par manque de volonté, mais simplement par manque de temps !

Avant de publier différents articles sur des sorties récentes ou passées à l'as dans les média (DVD, méthodes, CD) d'artistes batteurs et percussionnistes, voici une liste des récentes publications que j'ai reçu et qui témoignent, pour certaines, d'une grande qualité de fond et de forme.

En attendant de lire mes retours d'écoute, vous pouvez visiter les différents liens ci-dessous. Cependant, je peux d'ores et déjà vous dire que la méthode (livre + DVD) d'Ari Hoenig, le CD de Frédéric Firmin et celui de Dafnis Prieto, sont de véritables "incontournables" pour toutes les bonnes médiathèques personnelles et institutionnelles !


Gustavo Ovallès : le retour du conguero sur scène - Mon, 18 Jan 2010 10:44:00 +0000

Un conguero vénézuélien à suivre?

Après cinq années de tournées avec le pianiste cubain Omar Sosa, l'aventure 60° Sud, des stages et des collaborations diverses avec de nombreux artistes, le percussionniste vénézuélien Gustavo Ovallès repart avec un nouveau groupe pour 2010.

Ce groupe - de musiques du Monde (Vénézuela, Cuba) et de Jazz - est à découvrir sur les routes pour des concerts enthousiastes et rythmés.

Pour découvrir la musique jouée par cette nouvelle formation à géométrie variable : http://www.myspace.com/gustavoovalles

Le nouveau groupe de Gustavo Ovallès est actuellement composé de : Bertrand Beruard : Basse ; Pierre Boespflug : Piano ; Guy Constant : Percussions ; Charlie Davot : Batterie ; Monchi Fuméro : Quattro ; Hugues Mayot : Saxophones, Clarinnette ; Gustavo Ovallès : Percussions, direction artistique ; Rafael Quintéro : Chant et des invités en fonction des concerts, comme Anna Maria Ayala, Marielle Durupt : Danse.

Le groupe va débuter le 26 janvier 2010 au Centre Culturel Pablo Picasso de Blénod les Pont à Mousson (54), le 28 janvier à la Cité des Arts à Chambéry (73), le 29 janvier au Périscope à Lyon ( 69) et le 30 janvier à Saint Jean de Luz (64).

Une nouvelle formation percussive à suivre?


Panama 3 | Calypso Panameño, Guajira Jazz & Cumbia Típica - Wed, 02 Dec 2009 14:54:00 +0000

Calypso Panameño, Guajira Jazz & Cumbia Típica on the Isthmus 1960?75


Après un très réjouissant volume 2 cet été, « Soundwayrecords » récidive pour réchauffer votre hiver avec le volume 3 de « Panama », consacré cette fois à la Calypso Panaméenne (ancêtre du Reggae encore pratiqué à Trinidad), toujours sélectionné par Roberto Gyermant Miles Cleret (Panama 1 & 2), mais aussi pour ce volume par Will Holland (Quantic) qui rajouta sa touche de Groove.


On y trouvera, bien sûr, des Calypsos délirantes comme la première, « Fire Down Below » par la voix terrible de Lord (titre des chanteurs de Calypsos) Panama & The Stickers, orchestre de cuivres, ou plus proche du vieux merengué Dominicain ou de notre biguine comme la « Samba Calypso » d?Armando Boza avec Manito Johnson. D?autres sont plus mélancoliques en anglo-catibbéen savoureux à base de guitares comme la « Bamboo Dance » de Black Czar, le « Colon Colon » de Lord Cobra, figure majeure de la Calypso Panaméen, qu? on retrouve aussi dans « Partido Calypsonian » avec son Sugar Tone Band

On y trouve aussi des reprises originales à la sauce Panaméenne des classiques Cubains comme « Bilongo » par Brandao y sus Ejecutivos, « Lloraras » délicieusement décalée par Beby Castor et ses Juvelines ou « El Raton » par Los Invasores aux backing vocal de ménagerie très jungle sur une guitare psychédélique. Le Guaguanco n?est pas en reste avec Los Salvajes Del Ritmo et leur « St John?s Guaganco » aux bons fonds sonores Merengue. Les guitares du Son s?électrisent en bachata avec Panaswing dans « Me Lo Dijo Una Gitana ».

Les influences de la Colombie voisine de l?Isthme Panaméen restent présentes dans la musique rurale par les accordéons de Musica Tipica proches de ses Vallenatos itinérants de Ceferino Nieto dans « El Pajaro ZumZum ». Les deux chanteuses hallucinantes à la Yma Sumac dans les aigues Amalia Delgado (un peu à La Lupe) dans la Cumbia « Carretera Al Canajagua » et Yin Carrizo derrière le vallenato « 20 De Enero en Ocu » valent le détour par les petites routes désolées. Le Conjunto Panama nous gratifie en outre de son « Trigueñito Y Solo ». On goûtera aussi l?authenticité vocale bouleversante du superbe chant d?esclave « Masters Are Gone » de Sir Valentino et son Combo Esclavos Alegres sur fond de cordes.

Un peu de son roots?


On retrouve aussi la bonne dose de Funk/Groove Latin de la patte Quantic de Will Holland dans le Panamaploitation « Mooving-Grooving » de Little Francesco Greaves rappelant « Dancing In The Streets » ou le duo comico-festif irrésistible Dancehall des deux vocalistes MCs Soul Apollo et Fredrick Clarke sur un Riddim dans « Chombo Pa? La Tienda ».

Parmi les petits groupes de Funk Soul urbains influencés par les groupes noirs nord-américains et latins appelés Combos Naciolanes, plus proches du Latin Soul de la Fania, on retrouvera avec plaisir « Los Silvertones » dans l?excellent Boogaloo « Up Tight » à la Pete Rodriguez et l?instrumental final « Carmen » aux échos space funk psychédéliques Ethio-Jazz vintage, l?excellent chanteur Camilo Azuquita dans « Shingalin en Panama ». Maximo Rodriguez avait d?ailleurs aussi ses « Estrellas Panamenas », comme la Fania accompagnant ses guias (improvisations vocales de la Salsa) dans « Chevere Que Chevere » de répétitions en abyme jusqu?à la transe et les Mozambiques dans « Llegamos Ya » un trombone gueulard.

Le Latin Jazz est présent dans le « Gua Jazz » de Ralph Weeks et les Telecasters, avec une flûte funky 60ies et des cuivres sur fond de percussions à la manière de Mongo Santamaria.

En un mot comme en cent, cette compilation vous convaincra que les Panaméens faisaient de la Calypso comme les Trinidadiens et de la Salsa comme les Cubains ou Portoricains, voire mieux, car à leur façon et saveur inimitable, qui est à découvrir pour cette raison.


© Jean Daniel BURKHARDT - 2009

Liens | http://www.soundwayrecords.com


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