Cette semaine, P45 se penche sur un problème de taille, un enjeu d'une extrême importance: comment arborer avec style son allégeance politique, et ce, même au milieu d'un gymnase d'école rempli d'isoloirs.
En ces temps de chambardements politiques, il peut en effet s'avérer difficile d'y voir clair; raison de plus pour qu'une fois votre choix fait, vous puissiez l'assumer et le proclamer avec grâce et élégance lors du moment crucial.
Nous utiliserons pour cet exercice le principe simple mais fantastique de la petite robe noire.
Élément essentiel de toute garde-robe féminine acceptable, la petite robe noire a le potentiel de s'adapter à toute occasion, entendu que l'on sache l'accessoiriser.
Celle présentée ici est de Vivienne Westwood, icône de la culture punk et anarchiste des années 1970. Vous y voyez du sarcasme? Tant mieux pour vous.
Le choix des accessoires s'est fait instinctivement, au feeling, à la lumière du zapping d'informations de tout genre auquel les médias nous confrontent ces derniers temps.
Esthétique politique
Pour le Parti québécois, il s'agit, à l'instar de Pauline Marois, de se la jouer classique, mais sobre. Il est encore de nos jours difficile pour une femme politicienne d'assumer sa coquetterie et sa féminité sans s'attirer des qualificatifs sournoisement péjoratifs.
La touche bleue du bandeau symbolise l'idée d'indépendance, toujours présente, mais, selon Marois, forcée à la discrétion le temps de remettre de l'ordre dans les idéaux et les finances de la province.
On est toutefois résolument en business avec le Parti libéral. Chaussures rouges féroces, féminines et sexy, symbolisant une ambition tenace, sont jumelées aux perles outremontaises et à un Blackberry, outil essentiel pour surveiller l'économie.
Avec Québec Solidaire, tout est équitable ou politiquement correct. On arbore un sac de coton recyclé qui promeut le recyclage (la belle mise en abîme que voilà!) avec des boucles d'oreilles en plumes et une ceinture tressée pour atteindre un look hippie chic.
Les bottillons sont de Stella McCartney, fille du Beatle que vous connaissez, et designer qui refuse d'utiliser des produits animaux comme le cuir et la fourrure.
En toute honnêteté, c'est l'ADQ qui m'a le plus donné du fil à retordre. C?est que ce parti me semble avoir un programme tellement statique comparé aux tendances urbaines d'inclusion et de progression.
Le mot «région» m'est alors venu à l'esprit. Oh, et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais TOUS les candidats de Mario, tous sexes confondus, ont adopté le veston noir informe pour leur photo officielle.
Si c'est censé symboliser l'unité au sein du parti, c'est bien aux dépens de leur image individuelle.
Quand on m?a dit que Cathy Gauthier avait sa série et que c?est même elle qui en avait eu l?idée originale, j?ai presque pleuré ? de joie. C?était l?émission parfaite pour cette chronique.
Les chroniques Vierge de? proposent un résumé des récents événements de séries télévisées pour les téléspectateurs non initiés. Ne regardant moi-même pas la télévision sauf pour faire ces chroniques, je regarde le tout d?un ?il chaste.
L?émission commence avec un plan de Roxy (que j?appellerai Roxanne, parce que ce n?est pas vraiment mon amie) dans un café avec une Diane Lavallée qui porte une perruque beaucoup trop grande pour elle.
? 60 points pour la qualité des costumes
Roxanne vante les qualités du café en poudre bu avec du lait aussi en poudre. Elle précise que, elle, les gens qui boivent des doubles espressos avec un nuage de lait chaud pas trop moussé (il me semble que c?est ce que le rédacteur en chef de P45 boit), ça l?énerve.
? 20 points pour le cliché du café en poudre
Roxanne dit que son groupe préféré est Kaïn.
50 points pour la franchise
Un garçon entre dans le café. Roxanne fait remarquer à la perruque qu?elle lui ferait bien des petits repas chauds.
? 20 points pour le manque de précision du langage
La perruque lui dit d?aller lui parler. Devant une Roxanne perplexe, la perruque précise que c?est correct si elle va lui parler, puisqu?elle est serveuse au café en question.
60 points accordés à la perruque pour sa logique
Le garçon commande un double espresso, avec un nuage de lait chaud pas trop moussé.
? 100 points pour le côté prévisible de sa commande
Arrive dans le portrait ce qu?on nous annonce comme étant un gars qui méprise Roxanne parce qu?elle vient de la région et qu?elle n?est pas très branchée, mais qui semble quand même être son ami gai.
«Ce gars ne sera jamais intéressé à toi, Roxy, il est full faux classy débonnaire, un intello artiste bohème chic.»
? 20 points ? est-ce que j?ai besoin de préciser pourquoi?
On nous présente deux nouveaux personnages, un inconnu et le gars qui était bon dans Minuit le soir, mais qui semble avoir tout perdu de son talent. Je ne comprends pas de quoi ils parlent.
100 points parce que cette scène inutile m?a permis de respirer un peu
Roxanne entre dans la cuisine de la place et parle avec un cuisinier immigrant. On comprend, par le jeu subtil, qu?il est amoureux d?elle. Elle dit: «Je suis dans un gros down sale, j?me sens comme dans un slow d?Éric Lapointe.»
45 points pour l?expression
Roxanne retourne dans le café. L?intello débonnaire paie sa facture et elle l?invite à sortir. Elle le gagne avec des billets de concert.
? 5 points parce qu?il ne lui demande pas quel est le concert ? 10 points parce que c?est Kaïn, et nous le savons trop bien
Première pause pub
Je vois une pub pour Les étoiles filantes. Quand je vois Normand Daneau, je regrette de ne pas avoir choisi cette émission pour en faire une chronique Vierge de?
L?image de Cathy Gauthier sur sa moto sur un fond cartoonesque nous annonce que Roxy recommence.
Retour sur les deux gars qui parlent «weird» dans un genre de garage. Ils parlent d?assurance.
Tout à coup, ça dérape. On comprend que le gars de Minuit le soir a arrêté de boire depuis une demi-heure, il voit des points noirs et fait de la fièvre. Il vire fou. Sans raison apparente, il se met à imiter un gars qui fait du vélo pendant le Tour de France. Ma mâchoire tombe et je décroche quelques secondes.
? 100 points parce que je ne comprends rien à cette histoire
L?ami gai apprend les rudiments de la bonne «bourgeoise du Plateau» à Roxanne pour qu?elle fasse bonne figure devant son mec:
? Kaïn = full régional comme groupe. Il lui conseille donc d?amener le gars voir de la danse contemporaine. Elle accepte.
? La dernière expo au musée = Over ratée et nulle à chier.
? Pierre Lapointe = dandy post-moderne.
0 point ? j?en enlèverais encore, mais je crains qu?on en manque à la fin
Retour sur le gars saoul (qui ne nous a jamais paru saoul, d?ailleurs) qui se bat avec le gars au bar pour boire à même la pompe.
40 points pour la capacité du comédien à se mettre la tête sous la pompe
Plan sur la cuisine de Maman Bougon, la mère de Roxanne.
100 points pour l?investissement dans un nouveau décor
L?intello vient chercher Roxanne pour leur date.
300 points, parce que c?est vrai qu?il est beau, son gars
Oh. Elle est partie en laissant le gros ivrogne dans sa cuisine.
? 3 points parce qu?il boit du Scope
Pause pub
Une publicité de M pour musique avec Kaïn.
On est rendus le lendemain. Roxanne a eu une soirée hyper stimulante.
5 points parce qu?elle parle enfin comme du monde
Scène «à la Ramdam». On voit Roxanne gambader dans un décor tout rose. Elle se promène dans une forêt et cherche où brancher son séchoir.
0 point ? vraiment?
Le beau garçon vient voir Roxanne au café. Coup de théâtre, il a rencontré quelqu?un en rentrant chez lui la veille. Il sort maintenant avec une fille qui conduit un truck et il s?en va voir un show de Kaïn.
? 10 points parce que je refuse que Kaïn s?en tire à si bon compte
L?émission finit. Et la saison aussi.
? 50 points parce que ça revient la saison prochaine
Un drôle de sentiment m?envahit depuis quelque temps. Je ne sais pas si le mot «sentiment» traduit avec justesse mon état. J?hésite entre sentiment et maladie. Allons-y avec le premier, c?est moins cru et cela n?implique pas de guérison.
Je suis un petit peu en manque de route. De réveils dans mon sac de couchage, le nez bouché, les yeux collés, sans trop savoir pourquoi j?ai du sable dans l?oreille droite.
De rencontres ridicules avec des routiers paumés, des fermiers rieurs ou des voyageurs solitaires.
De crampes aux mollets, de doigts tachés par ma chaîne de vélo, de tempes noircies par mes doigts tachés par ma chaîne de vélo.
En attendant, je cherche refuge à gauche, à droite, en haut et en bas de laine, sur mon divan.
Refuge dans le rêve, où mes neurones essoufflés parcourent des milliers de kilomètres, me permettent une douce évasion de mon quotidien, pendant que ma bedaine enfle sous l?effet d?une carence en nomadisme.
Un peu pathétique, pas encore urgent. Je trouve aussi refuge dans les livres. Toujours les livres. En voici un qui m?a fait le plus grand bien.
Chemin d?hiver
Nos chemins se sont croisés à tout hasard. Depuis quelques années, quand je passe par Montréal, je m?oblige à faire un détour par la Maison des cyclistes. Pour quatre allongés délicieux et parfois un pain aux bananes. Pour regarder les cyclistes qui jasent, les filles qui rayonnent et les autres, à la pensée nuageuse.
Puis je me dirige vers la petite bibliothèque, dans le fond à droite, où des livres de vélo s?entassent paisiblement. C?est là que Chemin d?hiver, de Martin Simon Gagnon, m?obligea à tirer sur sa couverture. Pour le saisir fermement et l?approcher de mes yeux écarquillés.
Publié aux Éditions du Bourlingueur. (Avec un nom pareil pour une maison d?édition, un titre comme Étude sur les cailloux retrouvés dans le fond des chaussures québécoises aurait suscité un intérêt aussi vif de ma part. Bourlingueur, ça me fait penser à baluchon. On sait tout de suite que l?on sera transporté loin, loin, loin. J?aime.)
Dans mon état, c?est exactement ce qu?il me fallait.
L?auteur de Chemin d?hiver s?est détaché de sa carrière de syndic pour s?accrocher à son vélo. Pour faire un tour du monde par le nord de la planète. Un type qui a tout plaqué pour vivre. Un gars qui semble avoir compris pas mal d?affaires.
J?ai tout de suite pensé à Benoit Havard, avec Par l?autre route. Livre qui m?avait démontré, à la fin de mon secondaire, qu?un vélo pouvait servir à autre chose que d?aller louer des films au Vidéo Éclair.
Revenons à Chemin d?hiver
Genre de bouquin que je veux écrire, un jour. Des réflexions, des descriptions, des confidences. Sans tomber dans le récit de voyage trop stérile et cartésien.
À un moment, Martin Simon (je trouve ça drôle comme nom, Martin Simon, ça me fait penser à Luc Stéphane) décrit sa relation avec l?écriture, qu?il compare à la navigation. Une parenthèse riche en métaphores où la nécessité d?écrire est décrite avec une délicieuse sincérité, comme une urgence qu?il faut traiter, coûte que coûte.
Tout au long du récit, Martin Simon étale ses angoisses et ses peurs, mais surtout, ses impressions de voyageur nordique et ces rencontres qui changent une vie.
Lire son livre pourrait aussi se comparer à une navigation, où l?auteur joue le rôle d?un capitaine incertain, mais entêté. J?ai embarqué, sans jamais le regretter.
Il y a les photos aussi. Superbes. Et les citations d?Amélie Nothomb, Jean Racine et compagnie. De petites phrases saupoudrées au gré des chapitres, qui rappellent que les mots peuvent faire du bien.
Je ne l?ai même pas lu du début jusqu?à la fin. Plutôt par petits bouts. Je dévorais un chapitre où il s?acharne aux montées norvégiennes et je le retrouvais plus tard, en Russie. Comme si je suivais l?auteur pour quelques kilomètres, pour ensuite lui foutre la paix.
Parce que je sais à quel point il est jouissif de rouler seul.
La beauté de la chose, c?est que le tome II s?en vient. Merci pour le refuge, Martin Simon.
Selon Harper, on pourrait inscrire son nom aux côtés des Castro, Pinochet, Mussolini et Franco, tous artisans de coups d'État. À voir la vidéo bancale et amateur dans lequel il réplique à l'adresse à la Nation du premier ministre, on n'est pas loin de le croire.
Le mot de la semaine
Proroger
Mis à part les constitutionnalistes et Marie-Eva de Villers, qui connaissait vraiment la signification de ce mot avant cette semaine?
Difficile de croire qu'on enrichit notre vocabulaire grâce à Stephen Harper.
Le communiqué de la semaine
Une offensive médiatique qui pue le désespoir.
Bonjour,
Nous vous offrons une entrevue avec un ministre conservateur au sujet de la tentative de coup d?État par l?opposition.
Pour confirmer l?heure et le numéro de téléphone à composer, veuillez communiquer avec:
SVP inclure les renseignements suivants: média, ville, personne contact et coordonnées complètes.
Merci!
Hélène Pomerleau
Adjointe exécutive
Bureau de l'hon. Christian Paradis, C.P.,
Député (Mégantic-L'Érable)
Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Pièce 507, Édifice de la Confédération
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Téléphone: (613) 995-1377
Télécopieur: (613) 943-1562
Les citations de la semaine
«Je suis une personne très appréciée au niveau de ma personne.»
– Sébastien Schneeberger, candidat adéquiste dans Drummondville
«Machiavel ne s'est pas retourné dans sa tombe jeudi, il a esquissé un sourire admiratif.»
– Gil Courtemanche, à propos de la politique de relance économique de Stephen Harper.
«Mine de rien, le côté mental, c'est pas facile.»
– Benoit Brunet de RDS à propos de la fulgurante remontée des Trashers face aux Canadiens.
«Moi, je n'ai vu aucune ouverture. De toute façon, si Stéphane Dion avait tendu la main, on ne l'aurait pas vu tellement il était hors champ. Ha! Ha haaaaaa! Ha ha ha ha! Ha ha hé hé ha ha ha!»
– Mario Dumont, qui commente les adresses à la Nation des partis fédéraux et, plus particulièrement, celle de Stéphane Dion.
«Avis aux amateurs de la Poule, n'ayez crainte, la Poule sera de retour à 22 h 35. La Poule sera diffusée à 22 h 35.»
– Pierre Bruneau, paniqué, qui s'excuse auprès des téléspectateurs de la Poule aux oeufs d'or, déprogrammée à cause du retard de la cassette de Stéphane Dion.
Le poète masqué
Janvier s'en vient.
C'est aussi risquer la vie
De milliers de politiciens
sur les pentes de ski.
Le bon plan de la fin de semaine
Vendredi: être au top.
Samedi: passer aux contes urbains au Théâtre de la Licorne.
Dimanche: on connaît la chanson.
1. La nouvelle couleur de cheveux de Scarlett Johansson.
L'actrice est arrivée mardi dernier à l'avant-première de The Spirit à Madrid, son dernier film, en brunette. Nice.
2. Izabelle Desjardins ne date pas un gars de Simple Plan.
On est rassurés.
1. Les concerts hommages à des compositeurs contemporains.
L'Université de Montréal souligne le centenaire de naissance d'Elliott Carter, le plus «Européen des compositeurs américains». Elliott Carter, ça peut aussi donner des barbus qui se démènent en chemise de soie pourpre et qui semblent juste pas savoir jouer de guitare. Faut se méfier.
Chaque semaine, P45 invite une personnalité à concocter une playliste à thème. Cette fois, Damien Laval nous offre une compilation cafardeuse de dandys-punks parisiens qui se la jouent jeunes gens modernes.
Ce mixtape est l'affaire de jeunes gens élégants issus de la bourgeoisie, nihilistes et, sans doute, moins dandys-fin-de-siècle que snobs électriques, voire acides.
Nous sommes en 1978. Les synthétiseurs, la technologie, les robots et le nucléaire annoncent pour cette nouvelle génération des années post-hippies particulièrement progressives.
Leur musique: une forme de new-wave (ou cold-wave/post punk/Növo musik) française, subjuguée par le concept de modernité. La scène musicale est chaotique et tumultueuse, où on retrouve des noms comme Elli et Jacno, Marquis de Sade, Taxi Girl, Étienne Daho, Charles de Goal, Métal Urbain, Mathématiques Modernes, Modern Guy, ou encore Tokow Boys.
Les personnages de cette période (1978-1985), synthétiques et détachés, admirent le cinéma de Lang ou de Murnau, la littérature de Wilde et de Barbey d?Aurevilly, le constructivisme russe, Schiele et le futurisme.
Dans ces années 1979-80, apparaissent Olivier Assayas (clip Rectangle, de Jacno), Caro & Jeunet (Le bunker de la dernière rafale), Enki Bilal (inventeur de la «nouvelle bande dessinée») ou les plasticiens Pierre et Gilles.
De ces débuts underground, quelques gens tiennent bon et deviennent fréquentables, voire très fréquentables. Les autres disparaissent, lointains et rompus.
Cette playliste se promène ici et là dans cet univers cafardeux, séduisant et contrefait.
Damien Laval adore les files d?attente, le beige foncé et le marron clair. Ses films préférés: Taxi 1, Taxi 3, Taxi 4 et Taxi 2.
P45 Magazine prépare un mixtape spécial pour son édition de fin d'année, en ligne le 19 décembre.
Nous serions intéressés de découvrir ce que vous considérez comme étant VOTRE toune de 2008. Une chanson qui vous a marqué, qui a marqué les gens autour de vous, une chanson destinée à rester dans votre iPod pour encore un bout de temps et que vous chanteriez bien en karaoké un jour.
Cette chanson, nous vous invitons à la déposer dans ce compte Drop.io. Nous ferons ensuite un mix avec tous les mp3 et, qui sait, aura-t-on comme résultat la trame sonore de l'année.
Photo: une copie du traité de coalition signée à Ottawa le 1er décembre 2008 par Stéphane Dion, leader du PLC, Jack Layton du NPD et Gilles Duceppe du BQ. (CP)
C?est le dernier lancement avant les vacances des Fêtes. Urler reprend les tournages collectifs et plein de nouveaux concepts en janvier, pour les présenter le premier mercredi de février 2009.
Le lancement se fait au Laïka, comme toujours, le mercredi 3 décembre.
On arrive à 18 h, on boit, on jase, on branche le projecteur.
À 19 h, on regarde l?écran.
À 19 h 30, on s?exprime.
À 20 h, on va manger tous ensemble.
Comme un souper de bureau, mais pas vraiment. Peut-être que des gens vont frencher à la fin quand même?
L'année dernière, P45 avait visité la cuisine de Tricot machine. Leur salon était alors trop en désordre pour nous permettre de nous y installer confortablement et procéder à l'enregistrement. Ce qui avait valu, malgré tout, un instant de grande intimité dans leur cuisine.
Ce n'était que partie remise. À la veille du temps des Fêtes, les filles sont retournées voir le duo chez eux, enfin dans leur salon.
Virginie, c?est huge. P45 daigne enfin s?y intéresser et propose un résumé des récents événements de la série pour les téléspectateurs non initiés.
L?émission Virginie est présentée à la télévision de Radio-Canada depuis 1996. Une, deux et trois Virginie plus tard, voire plus, on nous annonce que la série sera diffusée jusqu?en 2012, minimum. Toujours à l?affût de la culture populaire, P45 s?intéresse au phénomène.
Virginie ? Épisode du 24 novembre 2008
L?émission s?ouvre sur ce qui se veut, on le comprend assez vite, un conseil de parents.
La fille qui jouait dans Chop Suey est en présence de son ex-mari (Gabriel, le sidéen de Watatatow) et ne semble pas de bonne humeur. On sent une certaine animosité.
5 points pour l?effort de se rapprocher de son public de mères monoparentales.
L?humoriste à la voix de Donald Duck se lève et y va d?un long discours enragé sur ces jeunes qui boivent des boissons énergisantes.
10 points pour le pied dans l?actualité et le cri d?alarme lancé aux parents.
Deux adolescentes sont dans une pataterie. On comprend qu?elles y travaillent: elles portent toutes les deux un tablier et il y en a une qui frotte le comptoir de temps en temps.
Le ton change à chaque réplique. Mes deux préférées sont les suivantes:
? Tu voulais pu vivre chez ton père, pis là tu veux!
? Ouin, pis toi tu voulais des seins, pis là t?en veux pu!
20 points pour parler de seins.
De retour à l?école Sainte-Jeanne-D?Arc. La dame aux cheveux platine et à la voix rauque quitte la caisse de la cafétéria, laissant probablement de futurs clients sans réponse, et vient voir Marcel Leboeuf pour lui parler: «J?ai perdu mes boules. tsé, mes faux seins, le test que j?faisais».
Elle s?énerve et le laisse là en lui disant qu?il ne comprend rien.
? 20 points pour l?absurdité des propos et pour encore parler de seins.
Un genre de jeune prof, que nous appellerons simili-Ricardo, essaie de convaincre la plus jeune des Virginie de voter pour lui, de l?appuyer pour qu?il soit officiellement prof.
Elle ne semble pas intéressée. J?espère que ce n?est pas un poste de professeur de théâtre qu?il convoite.
? 10 points pour l?étrange interaction entre les personnages.
Retour au conseil des parents. Les comédiens qui n?avaient qu?une seule phrase dans le scénario la disent fièrement et de façon bien appuyée. On voit qu?ils l?ont répétée.
30 points pour la bonne exécution.
Le père robineux de la fille à la pataterie vient la visiter, il est suivi d?un policier.
5 points pour la coiffure.
Première pause publicitaire.
J?écris un message texte au rédacteur en chef de P45: J?y arriverai jamais. Tout va bien trop vite!
Ça reprend.
Donald Duck va parler à la blonde qui travaille à la cafétéria.
? Tu fais une déprime?
? Non, c?est toi qui es trop de bonne humeur.
? T?es pu pareille depuis qu?t?as perdu tes seins.
? 50 points pour le retour de cette histoire de seins.
Chicoine (surnommé Chichou par Émilie Laurin) parle en paraboles et dit qu?il a une armée de Damoclès au-dessus de la tête.
Jici Lauzon et la rousse sont crampés et lui disent qu?on dit «Épée de Damoclès».
50 points pour la portion éducative de l?émission.
On reproche à Jici Lauzon d?avoir manqué l?enterrement de sa mère, la rousse part et Chicoine se fâche.
? 100 points pour le côté étrange de cette scène.
Deuxième pause publicitaire.
Une pub de Zellers dans laquelle on entend très clairement: «Très Sexytante!»
Donald Duck enferme les deux parents du début dans une salle de réunion. Par une belle métaphore, il leur parle pendant un bon moment en faisant des analogies avec une vie familiale.
0 point. C?est comme ça.
La jeune aux cheveux rouges dit à la blonde qu?elle n?est plus sûre de vouloir des seins.
? 60 points. Ça commence à faire, là, les seins.
Simili-Ricardo continue son lobbying auprès des étudiantes et se crée un club: «Le fan-club à Bobby».
30 points pour le nom du club.
Scène finale
On revient dans la pataterie avec le père itinérant et le policier. Ils se parlent. On les a vus se parler pendant pas mal toute l?émission, mais on ne comprenait pas trop de quoi il s?agissait.
Ils se lancent la réplique à une vitesse folle. Ils ont bien appris leur texte. Oh! Le type aux cheveux longs attrape le flic par la gorge et l?écrase contre la table de babyfoot. Il y a une main sur le fusil du policier, mais je n?arrive pas à voir à qui elle appartient.
Le générique commence.
100 points pour la dépendance que crée cette émission.
Score final: 10 points
Voir la fiche et la scène finale de l?émission du 24 novembre sur le site de Radio-Canada.
Il y a quelqu?un d?assez convainquant qui a décidé, samedi dernier, que j?avais envie d?assister au défilé du père Noël.
Je devais lui en devoir une ou deux parce que, malgré mon refus net, à 11 h tapantes, j?avais mon habit de neige, une tuque du Canadien sur la tête et Émile, 3 ans, qui galopait entre ma copine et moi, matantes d?un jour.
Comme à toute bonne activité gratuite qui se respecte, il y a foule. C?est tellement crowdy que les places assises par terre sur le trottoir gelé doivent être achetées à des scalpers, c?est pire que le Centre Bell.
On y arrive quand même, à force de «excusez-pardon-allez-Émile-hurle-on-va-faire-pitié»? Bah non, je ne dirais jamais une chose comme ça.
J?avais mis mon coeur d?enfant pour l?occasion. C?était mon premier défilé, à moi aussi, après tout. Pourtant, dès l?arrivée, j?ai eu une impression de discordance, un malaise.
De la pub, partout. Rien. Que. De. La. Pub.
Des lutins, habillés en choses vertes étranges, nous présentent le contenu des chars, un à un. La chose n?est pas inutile car le concept n?est pas toujours clair.
La compagnie de danse de je-sais-pas-où suit le gymnase de bla-bla, rien pour faire trépigner un enfant. À la limite, que la Métropole et la Capitale en profitent pour faire l?auto-promotion d?activités hivernales n?est pas condamnable.
Ce sont des activités positives sur le plan culturel, axées sur la santé, merveilleux. Et puis, le Bonhomme Carnaval, long time no see? Par contre, j?ai attendu en vain Badaboum.
L'attaque des nains
Lorsque le char des amputés de guerre est arrivé, je sais pas, c?était surréel.
D?accord, le temps des fêtes est un temps d?ouverture où les enfants doivent apprendre certaines valeurs sociétales comme, disons, le partage, mais j?ai toujours eu l?impression que pour les amener à accepter la différence de l?autre, c?était bien de mettre en contexte.
Sinon, ça choque, ça crée de la peur et cette peur, elle, engendre les préjugés. Pour un enfant de trois ans, une personne sans bras, c?est pas comme une fée. Et puis, exposer les gens comme ça, ça prend des allures de freakshow. Je ne suis pas sûre que ça serve les messages.
La fée Zellers
Je n?ai pas perdu mon innocence ce jour-là. Je me tape les boutiques bondées du 24 décembre tous les ans: Noël n?est qu?une ode à la consommation. Secret éventé. Même que cette année, si ça peut aider à contrer la récession?
N?empêche.
Le premier kiosque sur roue qu?on a vu était un fier représentant de la chose: une sorte d?aquarium avec des comédiens blasés qui jouaient avec des manettes de console Wii? Oui, les enfants, les jouets viennent de l?atelier du père Noël, mais de la succursale de la Chine.
C?est la Fée des glaces qui m?a achevée. Il y a ma copine qui me dit: «Regarde, le char de Zellers.
? Bah non, c?est la Fée des glaces qui était annoncée?
Mais bon, comme c?était effectivement écrit Zellers en caractère 6 000 sur le côté?
Émile, lui, ne sachant lire, n?en avait rien à faire de la commandite, scandait: «Une fée! Fille! J?aime ça les filles! Boooooon!» Finalement, ça répond à une certaine logique: quand votre enfant ne croit plus à Santa Claus, il est assez grand pour savoir qui a le porte-monnaie. À ce moment là, il sait lire et bang, il saura que le père Noël vit au Centre Eaton!
Le plus surprenant dans tout ça, c?est qu?Émile est revenu pétillant d?enthousiasme. Il a aimé la moto du policier qui patrouillait, a applaudi avec bonheur le monsieur de la sécurité et a craqué pour l?équipe de premiers soins.
Je me le tiens pour dit, l?an prochain, on passe l?après-midi à la caserne du coin ou dans le stationnement de la SQ.
Le Thanksgiving, c?est comme le football: c?est meilleur en version américaine que canadienne. Pourquoi? Parce que c?est comme ça, bon. Voilà pourquoi j?organise mon désormais célèbre souper de l?Action de grâce en novembre plutôt qu?en octobre.
Habituellement, j?aime offrir le meilleur à mes invités: dodue dinde dorée débordante de farce, agrémentée d?atocas, de pommes de terre en purée et de petits pois.
Mais cette année, en raison du spectre de récession qui rôde, ils devront se contenter de TV Dinners à la dinde. Mais pas n?importe lesquels. Faut faire les choses avec classe. Servir de la crap, oui. Mais de la bonne. La meilleure.
Après avoir longuement arpenté l?interminable allée des surgelés, je suis sortie de mon supermarché IGA Full Plus Extra munie des dîners à la dinde de marque Sans Nom et Swanson?s Hungry Man (eh oui), que j?ai testés pour mes invités, et pour vous aussi, chers péquarantecinquiens, tant qu?à y être?
1. Honnêteté
Peut-on juger un TV Dinner à son emballage? Il semble que oui, aussi étonnant que cela puisse paraître. Avec Hungry Man et No Name, «what you see is what you get», c?est garanti!
Hungry Man: 1 point
Sans Nom: 1 point
2. Goût
En tant que jeune citadin raffiné, on a juste envie de trouver que ça goûte le? la? enfin que ça goûte pas bon. C?est vrai pour Hungry Man. En ce qui concerne l?autre, on n?oserait pas avouer, même sous la torture, qu?on en a une réserve dans le congélateur.
Hungry Man: 0 point
Sans Nom: 1 point
3. Quantité
L?emballage dit tout: Hungry Man contient plus d?une livre de bon manger. Nous voilà convaincus.
Hungry Man: 1 point
Sans Nom: 0 point
4. Authenticité
Ces repas constituent-ils un substitut acceptable au traditionnel souper d?Action de grâce? Euh, est-il besoin de répondre à cette question?
Hungry Man: 0 point
Sans Nom: 0 point
5. Patates pilées
Sont-elles épaisses, onctueuses, avec un petit goût de beurre qui fait fermer les yeux et déglutir avec un grand sourire niais?
Hungry Man: 0 point
Sans Nom: 1 point
»»»
Résultats:
Hungry Man: 2 points
Sans Nom: 3 points
Et le grand gagnant est? RATATATAM! un produit de marque maison, moins cher, moins glamour, mais tellement meilleur.
2. Le Thanksgiving américain qui réduit nos sites préférés au silence.
3. Le Blueray.
On ne peut juste pas s'habituer au mot. On vote pour l'abandonner définitivement et le remplacer par, disons, «cassoulet».
4. Le film Babine.
Juste trop maladroit. D'abord, la performance de Vincent-Guillaume Otis en handicapé intellectuel, c'est gênant. Ça ne devait pas juste être un fou du village?
5. Les medleys.
Entendu à La cour des grands de Grégory Charles: Kiss + The Beatles + Céline Dion + Ginette Reno = non.
En attente de classement:
1. La STM qui tente d'inculquer la politesse à ses usagers avec des autocollants.
Belle idée, mais quand il y a du monde sur le quai, on ne les voit juste plus, les fameux autocollants.
L'an passé, juste avant Noël, Tricot machine nous offrait 25 décembre, la chanson, accompagnée d'un chocolat chaud absolument délicieux. Qui dit temps des Fêtes dit traditions. Durant l'année, la chanson 25 décembre est devenue le titre d'un album et juste à la veille du lancement, P45 est retourné visiter Catherine et Matthieu.
Le résumé de la soirée? Une rencontre avec frères et s?ur, une visite d'un salon nouvellement aménagé et décoré pour Noël le jour même, des maquettes d'album et des musiques de Noël piano-gazou.
On cherche les recettes de nos mères sur Internet, on marine des saucisses hot-dog dans la sauce VH et on boit de la Tremblay. Catherine a même osé manger un chocolat passé date.
On parle de choses sérieuses aussi, mais l'ambiance est surtout à la fête. On aurait pu y passer toute la veillée, à giguer, à taper du pied et à chanter.
Avant de quitter, on pense au vieil adage «jamais deux sans trois». L'année prochaine, P45 rendra la politesse. C'est nous qui inviterons!
Animation: Marie-Claude Beaucage Texte et images: Véro B. Montage et son (perfo): Caroline Bâcle Intro: Paul Tom Collaboration spéciale: Xavier K. Richard
Chaque semaine, P45 invite une personnalité à concocter une playliste à thème. Cette fois, Erin MacLeod nous offre deux compilations à saveur jamaïcaine. Une pour se coller, l'autre pour bouger:
J?ai toujours aimé le reggae, mais quand j?ai entendu Stone Love, j?ai été conquise. Stone Love, ce n?est pas un groupe, c?est un soundsystem: une sorte de disco mobile comme on en voit en Jamaïque depuis une cinquantaine d?années et qui joue la musique que les gens réclament.
J?ai jamais pensé que la musique pouvait sonner aussi fort, être aussi puissante et divertissante. Depuis cet instant, je suis tombée amoureuse de la musique jamaïcaine, particulièrement du dancehall, joué à plein volume.
Fait étonnant, dans un événement de soundsystem, les gens réagissent avec la même intensité aux chansons les plus douces ? le rock des amoureux ? qu?aux morceaux les plus survoltés.
La musique jamaïcaine est variée. Même si parfois les paroles peuvent être décevantes, j?ai tendance à m?arrêter au meilleur en laissant le négatif de côté.
Puisqu?il y a trop de chansons disponibles, pour cette playliste (ou plutôt ces playlistes), j?ai choisi quelques-unes de mes pièces favorites de 2008, que j?ai regroupées selon le genre. À vous de choisir la sélection soft ou l?autre, plus hard, selon votre état du moment.
Pour ma part, j?adore les deux.
Erin MacLeod est à la fois professeure et étudiante. Elle fait ses recherches sur les Rastafari et écrit à propos de la musique dans le Mirror ou sur Pitchfork. Vous pouvez lire davantage sur ce qu?elle a pensé du reggae et du dancehall de 2008 par ici ou la visiter sur son blogue, Sounds Like Fun. Elle a tendance a jouer les DJ seulement si on l'y oblige, ou en échange de sucreries.
À part pour les oeuvres de certaines stars, le graffiti est souvent un art confidentiel.
C'est un peu l'intérêt de streetartlocator.com, un site basé à Londres qui permet de faire ses grafs puis de les indiquer sur une carte du monde et ainsi favoriser, qui sait, un tourisme du stencil.
Pour l'instant, aucune entrée n'a été associée à Montréal. Ni à Bamako, d'ailleurs.
Libcast.com est une plate-forme d'hébergement et diffusion de podcasts. Que vos enregistrements soient au format audio, vidéo ou autre, Libcast vous offre les meilleurs outils pour en assurer une popularité maximale : mesure d'audience de votre podcast, encodage audio et vidéo optimisé pour le web et pour les baladeurs, gestion d'un blog multimédia pour afficher votre podcast sur le web, module de référencement dans les meilleurs annuaires de podcasts... Inscrivez-vous gratuitement pour tester Libcast.com
LibcastPro.com vous propose des solutions professionnelles pour la diffusion de contenus multimédia sur le net. Libcast Pro a développé les meilleurs supports multimédia pour votre communication professionnelle ou institutionnelle : Web TV, Podcast, flux RSS 2.0, player audio/vidéo, plate-forme communautaire... Venez découvrir les offres sur www.libcastpro.com !
LibcastEdu.com est une solution de podcasting optimisée pour un usage pédagogique. L'enseignement 2.0 est à la portée de tous gr‰ce à Libcast Éducation