|  | Récits érotiques d'une catin cérébrale. | |
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Bon, bon, ça s'énerve ce monde-là de Loft Story! La journée même où je publie un texte sur ma lofteuse, il faut que tous se liguent contre elle au Gala! Louise Deschatelets, porte-parole de l'Empire du bien sur les ondes de TQS, vient de cet enfer pavé de bonnes intentions. Poussée par ses principes, elle n'hésite pas à commettre les pires violences au nom d'une morale dégénérée branchée sur le gros bon sens (oui, le même que Pauline, le même qui devrait servir à Pauline pour diriger le Québec!). Elle se sert de son jugement, détaché de la théorie, détaché de toutes réflexions, pour livrer à la télé ses analyses dangereuses. Contre ma Geneviève, elle n'a jamais hésité. Contre Mihaela non plus, elle était déchaînée. Elle a même osé dire en onde que Mihaela était peut-être vierge, que ça expliquait son comportement avec les hommes. En fait, elle disait que ça expliquait qu'elle ne succombe pas aux charmes des imbéciles du Loft. Geneviève, pour sa part, soulevait le dégoût général. Tous les panélistes étaient unanimes, et le pauvre Sébastien qui cherche à jouer le jeune homme de bon goût tout en soutenant son personnage de méchant, était à court d'arguments. Il n'y a rien de pire que la masse uniforme et unanime. Sébastien ne cessait de répéter que si on parle de Geneviève, c'est qu'elle fait le show et donc qu'elle est une bonne lofteuse. Tout le monde parle de son mauvais caractère et du contraste avec ses beaux sourires au confessionnal. Je la comprends de sourire au confessionnal. Elle est enfin seule, loin de tous ceux qui la rejettent et la dégoûtent. Ça me semble logique. Il ne reste qu'une semaine de Loft Story et je suis heureuse. Je pourrai recommencer à ne plus ouvrir ma télévision. Je suis rendue au point où c'est devenu une drogue, j'ai besoin de ma dose de Loft, même si je suis tannée de regarder la télévision. |
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J'ai ma lofteuse, enfin! Loft Story se terminera bientôt et je souhaite une victoire de Geneviève. L'an dernier, vous le savez, j'ai eu un coup de foudre pour la belle Cristelle dès le premier gala. Cette année, je me disais que tout le monde dans le loft était sans intérêt, sauf Mihaela que je trouvais élégante et intelligente dans les circonstances bien particulières de ce beau programme. Ah mais Geneviève! Vendredi dernier, elle avait un look Lara Croft pour la partie de poker. Vous vous en doutez, je n'ai rien manqué de son décolleté. Hier encore, le décolleté était de mise! Mais ses seins ne sont pas les seuls attributs qui m'intéressent chez sa personne, non non non! C'est pendant la fameuse Guerre des sexe que nous avons connu la vraie Geneviève. Avant je la trouvais absente et sans énergie, il faut dire qu'elle se tenait avec la fameuse Cinny, grand phénomène du Loft. Puisque Cinny est une idiote, si bête qu'il est impossible de masquer sa stupidité, toutes les spectatrices trippaient dessus. Elles se reconnaissent tous dans cette niaiseuse qui pleure parce qu'elle n'a pas eu le temps de prendre son maquillage ou de changer ses bottes. Cinny hurlait toujours comme une conne à la moindre contrariété. Le public féminin aime ça, il se voit dans la figure de l'hystérique de bas étage. Geneviève s'est détachée de Cinny pendant la Guerre des sexes, grand moment du Loft, il va s'en dire! Geneviève n'était tellement plus capable d'endurer les pleurs de l'égocentrique Cinny qu'elle s'est montrée sous son vrai jour. Elle a demandé d'être échangée dans l'équipe des gars tellement toutes les filles lui tapaient sur les nerfs. Elle avait bien raison. Elle a exprimé avec brio son mépris pour certains comportements du Loft et s'est détachée du groupe peu à peu. Lors du jeu célèbre où les lofteurs devaient avoir un handicap, Geneviève a hérité de la surdité. Elle était fort heureuse de son handicap et disait à quel point elle était bien dans le silence. Elle a passé la journée de ce jeu à s'isoler de plus en plus, jusqu'à être exclue du groupe. Exclue par des lofteurs, ça fait de Geneviève une grande personne, ça fait de son passage un événement! Elle tient le coup malgré tout, même si elle reçoit la violence du groupe. Elle a même réussi à mettre dans son coin le niais Kevin, l'élu, en usant un peu d'intelligence avec lui. Vous savez maintenant l'essentiel de la belle Geneviève. Elle est sexy, un peu masculine, aime le silence, use d'intelligence pour montrer la bêtise des idiots. Quelle femme! De toute évidence, elle mérite de gagner. En plus, j'ai ma théorie sur Geneviève. Elle est bisexuelle, ça me semble évident. Je l'ai observée attentivement. Elle le sait sans doute d'ailleurs, elle n'a pas l'air d'une bisexuelle qui s'ignore. Évidemment, vous me direz que ça me plait de le croire. Bien sûr que ça me plait, ça fait mouiller ma culotte encore plus. J'étais bien inondée lorsque je me suis rendue compte qu'elle devait être bisexuelle. Il fallait voir les yeux de Geneviève sur Mihaela lorsqu'elle dansait au superbe spectacle de talents du Loft. Elle n'avait pas les yeux habituels des filles. Les filles sont connes et toujours jalouses des super chicks comme Mihaela. Mihaela, c'est la femme unanimement hot. J'aime bien la regarder, mais je ne suis pas excitée par ce type de femme. Jamais comme par Geneviève, bien sûr! Mais si j'avais eu Mihaela qui dansait devant moi, j'aurais sans doute eu le même regard que Geneviève, un regard à la fois charmé et amusé. Les autres filles lui lançaient des regards de jalouses qui savent à quel point ce type de spectacle fait bander les hommes autour. Et les lofteurs, on n'en parle pas! Ils sont sans classe. Ils bavaient comme des cons en regardant les hanches et le ventre de Mihaela. Si au moins les lofteurs étaient réellement vulgaires, j'aimerais ça, comme le sexy rockabilly de Scrap Metal Montréal. Mais non, ils n'exposeraient jamais un désir aussi grossièrement. Ils sont des dégoûtants de bon goût, c'est encore plus dégoûtant! Aaaah mais la belle Geneviève, sans doute bisexuelle en plus!    |
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Hélène est allée chercher des cigarettes hier. Nous avions envie de fumer. Ça me donnait mal au coeur de penser à fumer, mais fuck, il n'y a pas de mal à empoisonner ce qui doit mourir. Elle est revenue du dépanneur en déclarant : « Criss qu'ils sont trash ». Même si Hélène adore vivre dans un des quartiers les plus pauvres de la ville - du Québec même! -, elle ne pourrait y survivre sans exprimer sa colère. On s'y complaît toutes les deux dans notre colère. Je reviendrai sans doute sur ce sujet bientôt. Je lis en ce moment même Colère et temps de Peter Sloterdijk. Elle n'a pas tardé à me raconter la scène du dépanneur. Une femme qu'environ quarante ans, sans doute une prostituée, ou une ancienne prostituée, habillée avec des bottes vulgaires et un manteau de pitoune à jocks était au dépanneur avec ses deux jeunes nièces. Une des petites filles qui devait avoir 11-12 ans était aussi habillée avec des bottes vulgaires et un manteau de pitoune à jocks, un truc court noir avec un élastique large à la taille et avec de la dorure partout. Sa soeur plus jeune d'un an ou deux était fort différente. Au lieu d'avoir des bottes et un manteau de « pute prépubère » comme sa soeur, elle avait des bottes d'hiver d'enfant et un manteau long un peu trop grand pour elle. Sa tante, la vielle pute, lui caressait le derrière de la tête et en lui demandant « Pis toé, mon garçon manqué, qué cé tu prends? ». Hélène me racontant l'histoire s'est écriée à ce point-ci de son récit : « Câlisse, c'est pas un garçon manqué, c'est une enfant!! Elle ne renie pas sa féminité en ne s'habillant pas en pute comme vous, elle exprime juste le fait qu'elle est une enfant! » Je me suis collée contre Hélène. Nous nous sommes allumées une cigarette pour réfléchir à tout ça en silence. Hélène me disait récemment qu'Adorno explique très clairement dans la Dialectique négative que la seule façon de réaliser l'idéal de libération de l'homme de Hegel ou de Marx (des deux en fait) est de préserver l'expérience du sujet avec le monde. Il nous faut donc souffrir et comprendre la douleur de cette expérience du monde qu'Hélène a ressentie à ce moment-là. Hochelaga n'est pas le seul quartier garant des expériences de monde. Elles sont partout dans tous les quartiers de Montréal. J'ai l'impression qu'il y a toutefois quelques chose qui fait qu'on sent plus la violence dans les quartiers pauvres, malgré l'aliénation. À mon avis, l'horreur est toutefois bien plus terrible au centre-ville de Montréal qu'à Hochelaga. |
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| Test - Sun, 23 Nov 2008 22:11:35 GMT |
 Eh ben! |
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Quelle soirée magnifique, nous avons eu hier Hélène et moi! Nous avons débuté avec la routine : Loft Story! Ben, oui, je regarde encore ça! C'est la seule émission que je suis religieusement. La seule! Il n'y a pas à dire, j'ai du goût! Après Loft Story, nous étions complètement épuisées et toutes collées. Incapables de nous lever pour éteindre ma vieille télévision (je n'ai pas de télécommande), nous sommes restées assises devant la soirée Adrénaline de TQS! C'était superbe! Je sais ce que je ferai de mes prochains vendredis soirs. Hélène et moi, nous serons au rendez-vous! Nous avons de toute évidence assez de testostérone pour suivre ces beaux programmes qui s'adressent aux hommes bien virils et aux lesbiennes. À part Hélène et moi, il n'y a que le garçon à peine adulte qui peut comprendre le plaisir de la télévision très trash! Tant qu'à regarder quelque chose, écoutons le pire! Telle était notre devise lors de la soirée Adrénaline de TQS.
Elle débutait avec Scrap Metal Montréal, une émission de chars animée par un sexy dude rockabilly. Avec une vieille cadillac des années soixante, plusieurs hommes motivés, menés par un vieux sage de la mécanique, reconstruisaient un nouveau véhicule. Le char à la fin était tellement beau. Nous bavions littéralement. Il était noir avec des toiles d'araignées toutes cutes sur les côtés. Nous avions aussi bavé pendant l'émission alors que des pitounes pas super jolies, mais avec des « corps d'enfer » se déhanchaient à poil pour laver le char. Elles avaient des grosses boules, vous conviendrez avec moi que c'est le plus important, et des petits culs ben tight! Tous les mecs observaient avec des yeux empreints de désir le nettoyage du char. Nous ne saurons jamais ça a fini par un gang bang, ou non. Imaginez-vous dont que TQS censurait parfois les seins! J'ai bien écrit « parfois ». Je ne sais pas trop comment ça fonctionnait. Je crois qu'il censurait les seins de face et non les seins de côté. J'ai donc pu admiré des boules de côté écrasées dans le windshield. Je pense que si gang bang il y a eu, mené par le sexy animateur rockabilly, TQS nous l'a censuré aussi, comme les poitrines de face! Ça pas d'allure.
Nous avons eu une interruption de pitounes pendant une demie-heure, le temps de l'émission suivante qui mettait en scène les plus spectaculaires poursuites policières. Si certains d'entres vous rêvé encore de jouer à GTA Live, sachez que c'est impossible! La police est plus forte que tout, nul n'y échappe, même les plus brillants malfaiteurs. Cette émission existe pour nous le prouver. On voyait tous les policiers, ces gentils messieurs pères de famille, nous expliquer avec quelle tristesse ils sont parfois obligés de tirer quinze balles dans le corps d'un malfaiteur pour l'épingler, alors qu'il menait une course folle sur l'autoroute. Le bandit qui fut atteint de quinze balles, toujours en vie aujourd'hui, nous disait qu'il avait été victime d'une violence policière tout à fait légitime et qu'il avait eu sa leçon. Il a même ajouté sans même voir toute l'horreur contenue dans sa déclaration : « Les balles des policiers sont plus fortes que les besoins de drogue ».
Les chicks furent de retour dans la dernière émission de la soirée. Je n'ai pas autant mouillé ma culotte que pendant Scrap Metal Montréal. Elles étaient un peu trop élégantes dans leurs suits noirs commandités par une marque de condoms. Elles se déhanchaient autour de l'octogone des combats ultimes pour annoncer les rounds. Hier soir, nous avions droit aux dix plus beaux knock-out de la ligue québécoise TKO. C'était de toute beauté! Je préfère les films de femmes en cage, mais bon, c'est quand même intéressant de se délecter devant autant de virilité contenue dans une cage. Certains travaillent plus debout, d'autres au sol. Tout est possible dans les combats ultimes, c'est le concept! Des supers figthers tombaient knock-out d'un seul coup de pied dans le visage, d'une belle droite ou d'un upper-cut sous la mâchoire. Tout était spectaculaire! C'est justement ce qui nous ennuyait Hélène et moi. Il eût été pas mal plus stimulant de regarder des combats de boxe. Nous ne sommes pas devenues des fans du combat ultime. Il y avait néanmoins suffisamment d'hémoglobine pour terminer en beauté notre soirée adrénaline à TQS. |
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À Hochelaga, les premières pancartes électorales furent celles de Julie Tremblay avec son slogan du tonnerre : « L'économie d'abord, Oui! ». J'ai rêvé un peu d'un grand massacre de ces pancartes. Pendant la première nuit, elles furent saccagées sans mon aide. Ça brasse à HoMa! Heureusement, d'ailleurs, parce que je ne serais sans doute jamais allée au bout de ma haine! Il ne fallait pas compter sur moi! Au départ, je me suis bien moquée du slogan des libéraux. L'économie était au centre de la politique, était le seul sujet de la politique, son seul argument, depuis si longtemps que ça me semblait absurde d'en faire un slogan. J'ai réfléchi et reconnais aujourd'hui l'intelligence étonnante des libéraux. Dans « Transéconomique », chapitre de la Transparence du mal, Baudrillard discute de la récession de 1987. J'avais la couche aux fesses à l'époque. Je me souviens toutefois très bien de cette crise. J'écoutais les nouvelles avec Monsieur Bouquet et déjà enfant, j'étais passionnée par la récession. Mon père m'expliquait tous les détails de la crise. Je suivais plus ces événements que les déboires de Passe-Montagne, je vous jure! Quelle enfant sérieuse et sage, je fus! Baudrillard raconte que nous avons longtemps rêvé de la fin de l'économie politique avec Marx et qu'elle a pris fin sous nos yeux en 1987. Je le cite : « L'Économie Politique aura pris fin, mais pas du tout comme on s'y attendait. En s'exacerbant jusqu'à la parodie. La spéculation n'est pas de la plus-value, c'est de l'extase de la valeur, la forme pure et vide, la forme expurgée de la valeur, qui ne joue plus que sur sa propre révolution (sa propre circulation orbitale). C'est en se déstabilisant elle-même, monstrueusement, ironiquement en quelque sorte, que l'Économie politique coupe court à toute alternative ». Le génie des libéraux provinciaux est d'incarner cette parodie. Dans Hochelaga, Julie Tremblay met sa face fièrement arborant les traces de cette économie politique qui n'est plus, et qu'on doit désormais défendre puisqu'elle est disparue dans une comédie absurde où triomphe plus que jamais l'inhumain.
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Lorsque Hélène est arrivée chez moi, après son travail, elle m'a demandé si c'était vrai. Puisque je ne comprenais pas à quoi elle faisait référence, elle a précisé qu'elle voulait parler de la fille dans le métro. Je lui ai dit que c'était vrai. Enfin je pense... Je me sentais ce matin-là dans le métro au sommet de mes énergies sexuelles, peut-être que je projette. Elle était fâchée que je ne lui ai pas dit la journée même. En fait, pas réellement fâchée, plutôt suspicieuse. Sans être jalouse. C'est ce qui est particulier d'Hélène, elle est tellement salope qu'elle n'est pas jalouse. Elle voulait seulement que j'en parle plus, que je lui donne tous les détails que je n'avais pas transcrits. Devant mes refus, elle a commencé à me poser des questions précises. Sur ses seins, d'abord. J'avais vraiment oublié. Mon Dieu, c'est horrible quand on y pense! Je n'ai pas de souvenirs de ses seins! Je ne pourrais même pas dire si elle avait ou non un décolleté, c'est dire! Je me rappelais vaguement de son visage. Elle avait de grands yeux, peut-être bruns, et des cheveux pâles attachés ou peu ondulés, je ne suis plus certaine. Elle n'était pas très grande, de la même taille que moi peut-être. Je me rappelle que son regard était masculin alors que son visage était vraiment très féminin, surtout le bas de son visage. Je suppose que c'est pour cette raison que je l'ai crue lesbienne. Sur ce dernier détail, j'étais assez confiante.
Hélène m'a demandé si c'était vrai aussi que j'avais passé la journée à me masturber. Bien évidemment! Elle avait laissé son laptop chez moi. Je m'ennuyais et j'ai regardé aussi le combat qui avait tant passionné Hélène la semaine dernière : Vic Darchinyan contre Cristian Mijares. Je me suis dit que je devrais faire un effort et écouter un peu de boxe puisque ce soir, Hélène veut absolument voir le combat Calzaghe-Jones Jr. J'ai même suivi avec elle toutes les émissions de pré-combat à HBO. Je me suis masturbée toute la journée. Je l'ai donc fait avant et sans doute après avoir regardé la victoire de Darchinyan sur Mijares. Je me suis endormie en rêvant de boxe. Mon rêve était vraiment ridicule. J'allais au Septième et je trouvais une VHS de boxe genre pornographique. En fait, c'est seulement qu'on pouvait contempler des érections en regardant des combats, parfois à travers des pantalons, parfois sans. C'est tellement niaiseux qu'en me réveillant, je me suis dit que je n'allais pas me masturber en pensant à ça tout de même. J'avais un peu honte! Il y a de quoi! J'ai repensé à une fille que je pourrais amener pour Hélène. J'ai tellement envie de la voir sucer des seins. |
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Je suis seule à la maison. Je veux travailler, mais je n'y arrive pas. J'ai besoin de fourrer, de me faire passer dessus. J'ai regardé des vidéos trash sur Internet, je me suis enfoncée un gros dildo et me suis masturbée. Rien n'y fait. Je suis toujours aux prises avec les mêmes désirs qui ne cessent de m'assaillir. Il me faudrait quelqu'un pour venir à bout de tous mes orifices afin de résoudre un peu mes tensions. Je vous parlerai donc encore d'Hélène en espérant que ça puisse m'aider à me défaire de mes envies. Depuis quelques jours, elle a de nouvelles courbes sur les bras et sur les cuisses. J'ai touché et c'était bien dur. Ça doit être les muscles qui lui viennent de la pratique de la savate. Elle veut depuis longtemps avoir des tatouages sur les bras. Avec ses courbes, elle commence à en douter un peu, ça serait peut-être trop masculin. Enfin ça dépend si ses courbes se prononcent davantage. Pour le moment, elles demeurent subtiles. N'empêche que je peux me branler en l'imaginant tatouée ou en m'imaginant. Hélène tente de me convaincre depuis fort longtemps de me faire tatouer la poitrine. Mes seins sont gros, mais ils tiennent bien et ne changent pas de taille, même si je perds ou gagne du poids. Ils sont parfaits pour les tatouages. Hélène me dit toujours : « Et imagine-les, couvert de sperme! ». Le seul problème, c'est que l'une ou l'autre nous ne savons même pas ce que nous désirons comme dessin en plus d'appréhender avec difficulté la souffrance à venir, les cicatrices et les retouches peut-être. Il nous faudrait de gros tatous à la Belladonna, pas de petites chiures de mouche à peine visibles. On s'entend là-dessus, il n'y a plus rien de rebelle dans les tatoos! Même les bourgeois sont tatoués. La seule manière de faire ça en beauté, c'est qu'ils soient gros et apparents. Ça sauve un peu la donne. |
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J'ai l'impression que plus j'ai du bon sexe, plus je deviens désirable. Je dois sentir le sexe. L'autre jour dans le métro, je me suis rendue compte qu'une femme me regardait intensément. Elle avait un air à la fois punk rebelle et vaguement hippie (oublions ce bout-là de ma description, d'accord?). Je faisais moi-même de ma petite rébellion un spectacle ce jour-là. Je suis souvent clueless, mais cette fois, j'étais pour quelques secondes un peu certaine de moi. J'ai tout de même baissé les yeux brusquement en croisant son regard. En plus d'être elle-même fort désirable, je me disais qu'elle pourrait plaire à Hélène et je me suis imaginée ramener la belle jeune femme chez Hélène pour qu'on règle ensemble nos histoires de pulsion. Hélène est obsédée ces jours-ci. Elle me parle constamment de filles. Depuis qu'elle est une sportive, elle voit sans le vouloir les corps d'inconnues. Il y a toujours une ou deux filles à l'aise avec la nudité qui déambulent dans le vestiaire. Je lui pose plein de questions à partir des portraits qu'elle me fait. Parfois je me dis qu'elle en rajoute tant elle se rappelle de détails précis. Elle a peut-être aussi des facultés d'observation extraordinaires.
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Je voulais répondre aux commentaires de ma dernière entrée, mais j'ai été malheureusement une fois de plus confrontée au manque de clarté et d'ordre du système de commentaires de Livejournal. Je répondrai donc dans une autre entrée. Je suis désolée d'avoir en si peu de mots traité d'une question politique. L'affaire politique de nos jours est si grave qu'elle atteint profondément même les nymphomanes. Comment pourrait-on jouir comme autrefois dans notre monde contemporain, qui n'est peut-être même plus un monde? Je me le demande sans cesse.
Si les omabiens m'enragaient et m'enragent encore, c'est ce que je me demande si la marche de l'Histoire suit réellement son cours ou si nous ne sommes pas dans la reprise grotesque de ce qu'a été l'Histoire. Devant la passion des obamiens, je n'avais en tête qu'un passage de Philippe Muray - pour qui la fin de l'histoire est arrivée -, tiré de Chers djihadistes... : « Craignez la fureur des moutons! Craignez la colère des brebis enragées! [...] Craignez le courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement ». J'ai la triste impression que mes contemporains sont des moutons qui se battent pour protéger coûte que coûte leur état d'aliénation. Je ne le dis pas par mépris, je vous l'assure. Je serai, bien sûr, la première à me réjouir si mes contemporains se prenaient d'une passion véritable pour la politique.
Lorsque je parlais de voix dissidentes, je ne voulais pas désigner les républicains. Je voulais plutôt parler d'une voix qui proposerait autre chose - un choix bien au-delà de l'opposition Obama-McCain - que la poursuite du ramollissement, une voix qui proposerait aux individus de penser et d'être enfin libérés de la vie mutilée. Au lieu de ça, partout dans le monde, nous avons célébré - en même temps que la victoire d'Obama - la poursuite de notre ramollissement sous le couvert d'une fausse gauche et l'arrivée de toutes les nouvelles fêtes qui nous feront oublier une fois de plus notre condition.
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Lors d'un jour soi-disant important comme aujourd'hui, je me sens comme une adolescente frustrée. Je me suis déloguée de Facebook avec rage ce matin pour toute la journée. Je n'y retournerai plus. Je n'en peux plus des élections américaines et d'Obama. Je hais la passion inouïe et homogène de mes semblables. Pour la plupart, ils ne s'intéressaient pas à la politique avant que la folie Obama s'empare des gens de bien. Tout le monde s'entend sur tout. Chez les jeunes Canadiens de bon goût, on rit de Sarah Palin et on mouille pour Obama. Je n'ai pas encore entendu de voix dissidentes pour casser cette fête du bien. |
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Je suis allée la semaine dernière à une table ronde à la maison des écrivains sur la littérature et la politique. J'y ai entendu des bêtises immenses comme « La crédibilité humaine de Bono... ». C'est une citation véritable, je vous l'assure! Il ne sert à rien de commenter longtemps l'allusion à Bono, bien qu'en y repensant, je me suis dit que l'étudiante en littérature qui parlait avec sérieux des actions politiques de Bono touchait un bon point. Elle ciblait, à son insu sans doute, les vrais enjeux de la politique d'aujourd'hui. D'un coup, par l'évocation de Bono, elle touchait à l'économie. C'était peut-être en effet plus pertinent que de parler des élections canadiennes. Je ne vois pas comment aujourd'hui on peut encore parler de politique comme ce médiocre écrivain à l'honneur lors de la table ronde en évoquant le combat des francophones et des anglophones au Canada. Je crois qu'il n'y a plus moyen de parler de politique sans parler d'économie et surtout sans mentionner la condition d'aliéné des citoyens d'aujourd'hui. Bono est une figure manifeste de l'aliénation mondiale et de son emprise. Les écrivains rigolent de la dimension économique de la politique et rient dans leur barbe en évoquant avec légèreté les subventions dans le domaine de la culture, alors que l'affaire est grave! À mon avis, les vrais écrivains ne sont pas des putes, ils sont gratuits comme Céline. Ça montre bien qu'il n'y a plus d'écrivain au Québec aujourd'hui, ou si peu.
Le garçon à peine adulte qui m'accompagnait à la table ronde est tombé en bas de sa chaise lorsque le médiocre écrivain à l'honneur a dit que la vraie révolution aujourd'hui c'est de ne rien faire. La bêtise post-moderne se montrait à la face du monde une fois de plus. Une autre étudiante en littérature revendiquait aussi le caractère environnemental de la littérature aujourd'hui, comme si la littérature devait porter les idéaux de notre cher empire du bien. La littérature est depuis toujours plus apte à parler de la maladie du monde, de sa négativité, qu'à faire un quelconque éloge au recyclage. Malgré tout, il y aura toujours une cohorte d'idiots pour écrire des odes au recyclage. Je n'y avais jamais pensé avant, mais ça arrivera. Ça me fera un ennemi littéraire afin de mener mes guerres, mais j'attendrai encore mon véritable ennemi, mon nemesis, celui qui sera vraiment à ma taille.
J'aurais dû hurler. J'aurais dû faire un scandale à la maison des écrivains où je ne serai jamais admise, j'espère. Surtout lorsqu'une épaisse assise en face de moi, s'est mise à attaquer Édith Faure out of nowhere. Édith Faure n'était pas à la table ronde. Elle n'a pas publié depuis plusieurs années et pourtant elle est toujours au coeur de la haine générale. Tous les littéraires la détestent. Tout le monde a ri lorsqu'Édith a été attaquée. Sauf moi, moi qui n'ai rien dit, moi qui n'ai pas hurlé. Je dois pourtant tout ce que je sais de la littérature, de Proust, du monde, à Édith Faure. Le Québec n'a eu qu'une seule essayiste de ce calibre et on crache dessus. Ostie qu'on est des épais. Ce n'est pas la première fois que j'assiste à un règlement de compte public envers Édith Faure. Ça ne sera sans doute pas la dernière. J'espère que la prochaine fois, je saurai comment leur dire qu'ils sont des caves et qu'Édith Faure vaut plus à elle seule que cent caves réunis à la maison des écrivains. |
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Criss que je suis une fille facile! Hélène et moi, depuis quelques temps, nous laissons toutes les deux des piles de revue de mode dans nos salles de bain respectives. J'ai l'habitude de me renseigner sur les nouvelles tendances lorsque je vais me rafraichir. Pour la petite histoire, j'étais donc assise et pissais lorsque j'ai fait la découverte du parfum : Juliette has a gun. Évidement, je capotais! Quel nom pour un parfum! Je le veux! Sans même l'avoir senti, c'est dire! La bouteille est noire avec des motifs kitsch branchés pour plaire aux jeunes gothiques comme moi. C'est vraiment trop facile! J'ai honte de me laisser avoir de la sorte par l'industrie. Je discutais hier avec le garçon à peine adulte et Hélène de mes désirs toujours incessants de m'inscrire dans un centre de tir. J'y songe depuis longtemps. Si seulement le centre que j'avais trouvé n'était pas à Lachine... Il devrait y en avoir un au centre-ville de Montréal ou près de chez moi, à Hochelaga. Ça me semble primordial. Hélène disait que c'était mon côté redneck. Vous le savez maintenant, Albertine Bouquet et Bree Van de Kamp partagent certaines passions. Le garçon à peine adulte disait qu'on serait prêtes avant lui pour la guerre civile. Hélène avec sa savate, moi avec le maniement des armes à feu. Je n'y avais jamais pensé en ces termes. Je voulais m'inscrire dans un centre de tir pour contrôler ma violence et pour aller éventuellement à la chasse aux chevreuils. Je ne pensais pas à son aspect pratique pour une révolution. J'espère pourtant une grande révolution, je veux être là pour la révolution. Une grande écrivaine doit sans doute connaître le maniement des armes surtout lorsqu'elle sent les plus grands désastres tout près d'elle. |
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« Demande-t-on à un musicien si la musique lui procure une joie, il préférera répondre, comme dans la plaisanterie américaine du violoncelliste, grimaçant sous la direction de Toscanni : « I just hate music ». Celui qui entretient avec l'art un rapport aussi authentique, dans lequel il disparaît lui-même, ne considère plus l'art comme un objet. La privation de l'art lui serait insupportable. Ses manifestations particulières ne constituent pas pour lui une source de plaisir. [...] Le bourgeois désire que l'art soit voluptueux et la vie ascétique ; le contraire serait préférable. » Theodor W. Adorno, Théorie esthétique
J'ai envie de me lancer ce matin dans des démonstrations pédagogiques! Wow! Sérieusement, je caresse le désir depuis fort longtemps de rédiger mes cours de littérature. J'avais même trouvé le nom de ces cours. J'avais rêvé un jour que j'étais dans un univers post-apocalyptique, un genre de monde très aride où les gens s'entretuent et vivent dans des conditions exécrables. Je tentais de survivre au sein de la violence et le soir, je devais risquer ma vie pour aller assister à des cours secrets de littérature. Les cours se tenaient dans un sous-sol lugubre. Je me suis imaginée le contenu de ces cours. Le premier cours devait porter, à mon avis, précisément sur le rapport du sujet à l'oeuvre d'art. La citation d'Adorno restitue parfaitement le contenu de ce cours. Il faudrait montrer que la littérature n'est pas une source de joie, qu'il faut entretenir un rapport dialectique avec elle et maintenir en tout temps le contact négatif avec elle. La littérature peut nous aider à voir la vie dans ce qu'elle a de désirable, mais le désir véritable demeure celui pour la vie. La vie doit être voluptueuse et non la littérature. Je me demande pourquoi j'ai besoin d'imaginer des sociétés détruites pour imaginer un retour vers une certaine authenticité. Notre monde est déjà plus détruit encore qu'une quelconque société post-apocalyptique, mais nous avons tout oublié de cette destruction.
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Je vous parle peu des conséquences liées à la publication de faits réels de mon existence dans ce blogue. Je ne suppose pas d'emblée que tous les gens que je mentionne ici me lisent, sinon je n'écrirais plus. Je dois surtout oublier que Monsieur et Madame Bouquet, dans leur ville de banlieue, sont branchés à Internet depuis des années maintenant. Peut-être connaissent-ils leur fille sous son vrai jour? Ils ne me le disent pas si c'est le cas. Je les remercie de leur délicatesse. Je masque parfois un peu la réalité par quelques éléments fictifs, mais essentiellement je suis une écrivaine qui travaille sur le réel. Tenez-le pour dit! Le garçon à peine adulte semble, fort heureusement, aimer ce que j'écris à son sujet, mais récemment il m'a reproché un de mes mensonges sur son compte. Il trouvait horrible que j'écrive qu'il avait gagné un prix de musique avec un de ses bands. Il m'a dit et je le cite : « Albertine, criss, je joue du punk. Je m'inscrirais jamais dans un concours, genre Cegep en spectacle là. J'ai ma dignité! » Je le comprends tellement. J'y repense et je me sens mal. Je tenais donc à le dire publiquement : le garçon à peine adulte n'a pas gagné de concours de musique. Il joue dans un band, entre autre, de Screamo où il est chanteur et guitariste. Il est donc un Screamo kid et non un imbécile qui joue du rock indie populaire à la con. Je n'aime pas dire Screamo kid. Je préfère penser qu'il est un homme de Screamo hardcore. Je ne vous ai jamais parlé de la masculinité du garçon à peine adulte. Je sais que le surnom que je lui ai donné ne restitue pas complètement cette masculinité. Je dois vous le dire officiellement aussi. Je vous l'assure, le garçon à peine adulte est un homme. Et quel homme d'ailleurs! |
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Le trait évident entre tous les individus sans personnalité est de chercher sans cesse à se définir. Ils n'attendent plus rien de personne, puisqu'il n'y a rien à attendre. Sur ce point, ils ont bien raison. Ils foncent dans le tas, affichent haut et fort leurs couleurs, se font croire que tout le monde est d'accord et retournent vivre paisiblement dans leur condition d'aliénés. L'autre jour au restaurant, j'ai surpris une conversation entre une femme et un homme qui visiblement flirtaient. Comme il m'arrive souvent dans pareille situation, je trouvais que le gars faisait pitié. En même temps, la fille n'était pas si intéressante, il ne voulait peut-être pas mettre le paquet. Elle lui exposait sans détour les traits de sa personnalité. « Moi, je ne peux pas résister à deux choses » Le gars a répondu : « Ah oui? » sur un ton qui montrait clairement qu'il ne voyait pas le poids des révélations à venir. « Je ne peux pas résister à aller voir un film et je ne peux pas résister au chocolat ». Elle lui disait donc, selon ses affirmations, qu'il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle en profitant de ses deux faiblesses, qu'elle était sans défense. Si j'avais voulu la fourrer, j'aurais fait ni un ni deux. Je l'aurais amenée au cinéma du quartier latin sans plus attendre voir n'importe quelle merde à l'affiche et j'aurais acheté en chemin des barres de chocolat poches au dépanneur. Elle n'avait pas mentionné qu'elle désirait un minimum de qualité. Je blague. Je n'abuse pas des faiblesses d'autrui de cette façon. Voyons donc! Je ne crois pas que c'est ce qu'elle attendait de l'homme. Elle voulait seulement qu'il lui réponde : « Moi aussi, je ne peux pas résister à deux choses » et qu'il joue le petit jeu absurde de définition de la personnalité qu'elle lui lançait. Pour la fourrer, il fallait qu'il accepte le jeu, qu'il accepte de lancer à la face du monde sa personnalité en une phrase ridicule de magazine féminin. Il ne l'a pas fait, malheur à lui! Il y aurait bien des façons d'utiliser une pareille demande. Je n'ai en tête que des vulgarités de bas étage. Bad, bad, bad. Ça prendrait une phrase beaucoup plus habile et élégante. |
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Je fais une fixation sur les chandails de coton ouaté noirs avec un capuchon. Ça commence à être grave. L'autre jour, j'ai vu quelqu'un avec un chandail de coton ouaté noir avec un capuchon et j'ai eu une émotion, même si je ne connaissais pas l'individu qui le portait. En regardant Loft Story avant-hier, c'était pire que pire. Les lofteurs ont reçus des chandails de coton ouaté noirs avec un capuchon. La vue de tous ces chandails d'un coup, j'étais sous le choc. Je ne tenais plus en place sur mon divan. C'était trop intense pour mes yeux! Le plus horrible, c'est qu'il s'agissait d'infâmes chandails commandités par une marque poche de boisson énergie. En plus d'incarner le souvenir d'un jeune homme pour qui j'ai des sentiments élevés, ils en donnaient une version dégradée. J'aurais préféré ne pas voir ça. Le chandail de coton ouaté noir avec un capuchon était souillé par ces individus qui ne pouvaient même pas se douter de l'état de vulnérabilité dans lequel ça me mettait. Ce fut horrible pour moi de voir le chandail, associé à mes désirs les plus ardents, sur le dos de tas de muscles ou de femmes bien peu élégantes. Je lutte depuis pour oublier cette image. |
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Grande sortie hier sur la rue Ontario! Hélène m'avait demandé d'arrêter à la tabagie chercher le dernier numéro d'Inside Kung-fu. Je devais moi-même aller acheter mon Bizarre. Je regardais les revues quelques minutes avant de passer à la caisse, lorsqu'un homme est entré dans le commerce. Il m'avait accroché le pied en me dépassant. Il faut préciser que la tabagie est fort étroite et que ce genre de contacts survient souvent. Il s'excusait avec trop d'insistance, en plaçant ses mains sur mes épaules. Je lui ai dit que ça allait, que j'allais survivre à son coup de pied sur mon talon. Il m'a répondu avec un genre d'air cochon : « Alors je peux recommencer ? ». Il a filé ensuite dans la section des revues porno et m'a montré une couverture. « Elle est potable? » J'ai répondu avec beaucoup de conviction : « Oh oui, elle est potable! ». L'homme a déposé la revue sans l'acheter et il a demandé au caissier son paquet de cigarette. Ce dernier lui a demandé si c'était tout. Il s'est retourné vers moi et a dit : « Non, je prendrais bien un scott towel ». Je crois que c'est le flirt le plus trash de mon existence. Si un jour, je doute de mes charmes, je me rappelerai qu'on m'a déjà regardé dans les yeux en me disant : « Je prendrais bien un scott towel ». C'est la preuve absolue de mon sex-appeal! |
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Hélène m'avait caché qu'elle avait commencé à faire du kickboxe. Lorsqu'elle me l'a dit, j'ai eu une réaction insensée tellement féminine. Décidemment, je ne vais pas bien. Je lui ai dit que j'avais peur qu'elle se blesse. Elle a glissé ma main sous sa jupe afin que je tâte la fermeté de ses fesses. Ça m'a rassuré. Le kickboxe offre des bénéfices indéniables. Elle me racontait qu'au dernier cours le prof leur donnait des coups dans le visage. Elle devait lever légèrement son gant de boxe pour se protéger. Le plus difficile, me disait-elle, est de laisser la main contre le visage et d'attendre le coup. Plus le pied (recouvert d'un soulier, elle fait du kickboxe savate) s'approche des yeux, plus le bras désire se décoller du visage pour aller arrêter la jambe au plus vite. Je connais ça! C'est comme l'éjaculation faciale! Il est bien difficile de rester le visage immobile pour recevoir le jet. Il faut beaucoup de pratique et de volonté. J'ai longtemps été tenté de prendre la queue dans ma bouche au dernier moment tant il était difficile de se donner toute entière à l'éjaculation à venir. Son prof de kickboxe disait que l'exercice des coups de pied dans le visage était un excellent entraînement de calme et de concentration qui allait leur servir dans toutes les sphères de la vie. J'ai proposé à Hélène, ma salope, qu'on invite un homme pour qu'elle s'entraîne un peu grâce à l'éjaculation faciale afin d'être prête pour son prochain cours. Comme une vraie sportive, prête à tous les défis, Hélène a accepté avec joie! |
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« Naturellement, elle a éprouvé une formidable attirance pour les contes et elle a donc lu elle-même surtout des contes, à haute voix souvent et, à l'occasion, en public. Rêves et contes étaient la substance même de sa vie, pensai-je maintenant. Et c'est d'ailleurs pourquoi elle s'est suicidée, pensai-je, car une personne qui a fait des rêves et des contes la substance même de sa vie ne peut et ne doit pas survivre dans ce monde, pensai-je. Elle était elle-même un personnage de conte, pensai-je, et elle a probablement toujours cru elle-même qu'elle était un personnage de conte, la Elfriede Slukal qui a appelé son conte Joanna, pensai-je. Le Boléro avait toujours été sa musique, le point focal de son existence, comme je dois le dire. Nous ne devrions pas craindre de nous laisser emporter de temps à autre par notre sentimentalité, pensai-je, et je me laissai emporter par le Boléro, et le fait est que je m'étais totalement abandonné à ce Boléro et à moi-même, et donc à mes sentiments pour la Joanna [...] ».
Thomas Bernhard, Des arbres à abattre.
Nous faisions cette chose tout à fait absurde qui consiste à se regarder inlassablement l'un et l'autre lorsque, dans un souffle, je lui ai dit: « Je t'aime. »
- Quoi?... Qu'est-ce que tu viens de dire?
Je me suis demandée si on n'essayait pas de me soustraire deux fois plutôt qu'une mon aveu. J'ai toujours su que dès que je céderais, on me le ferait payer. Juste au cas, j'ai donc rapporté mes paroles du ton le plus neutre possible, comme s'il ne s'agissait pas des miennes, en plaçant bien les guillemets là où ils s'avéraient nécessaires.
- J'ai dit: « Je t'aime. » - C'est la première fois que tu me dis ça... - Ah oui? Ah. |
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