Les randonneurs sont enfin prêts, depuis le temps que l’on nous parle du Parc National Torres del Paine, il était temps que l’on y fasse un saut ! De plus, on va enfin pouvoir faire un peu de sport, ce qui nous change de notre vie « urbaine » de Santiago !
Mais Torres del Paine, c’est quoi ? C’est où ? Et on y fait quoi ?
Déclaré parc national en 1959 (1950 y pico comme disent les chiliens), et classé Réserve de la biosphère par l’Unesco en 1978, le Parc national Torres del Paine est constitué de quelques 242 000 ha (1ha=10000m²=2.47 Acre US=11959 Yard carré, un peu de conversion ça fait pas de mal l^^l) de steppes, forêts, montagnes, lacs, cascades et glaciers.
Situé à 112 km au nord de Puerto Natales et à 312 kilomètres de la ville de Punta Arenas, il fait partie des onze zones protégées existantes dans la Région de Magallanes et de l'Antarctique chilien (avec quatre autres parcs nationaux, trois réserves nationales et 3 monuments nationaux).
Il tient son nom de trois formations granitiques emblématiques du parc, les Torres (Tours) del Paine, qui lui confèrent un fort attrait touristique. De nombreux chemins et refuges permettent d'en faire un lieu majeur de trekking.
Son circuit le plus connu de tous est le fameux « W » (partie en vert qui forme un W un peu en amont du glacier Grey à l’ouest).
Notre objectif est très simple, faire le W en peu de temps pour pouvoir aller en Argentine après, tout en ne dormant que dans les campings gratuits afin de faire quelques économies, et en mangeant la nourriture que nous avons apporté (et ça c’est lourd !).
Nous partons donc de Puerto Natales en bus jusqu’à Torres. Le bus faisant une pause a mi-chemin, nous pouvons apprécier un paysage digne de « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » (mais quelle culture !!!).
Signe distinctif de la Patagonie : le temps varie à une vitesse fulgurante, laissant à chaque fois place à de somptueux paysages sous la luminosité capricieuse.
Après cette courte pause, nous entrons dans le parc. Nous attendons le e « Catamaran » qui traverse le lac Pehoé, et nous déposera au pied de la partie « ouest » du W. Profitant du temps libre, pour « s’échauffer », nous marchons non loin de l’aire d’embarquement pour y découvrir les premiers paysages du parc.

Puis nous embarquons à bord du fameux Catamaran. Un vent violent et froid fouette notre visage, mais l’horizon qui s’étend à perte de vue vaut bien que nous résistions à ces conditions climatiques !
Premiers pas sur le W, on attaque sec, c’est le moins que l’on puisse dire ! Et là grosse surprise : Olivier montre tout son talent de marcheur, un vrai Ranger !

Notre premier objectif, est d’atteindre le campement au sommet de la branche ouest du W, au pied du glacier Grey. Après quelques heures, nous apercevons ce dernier… Vraiment impressionnant.
Seul regret, le soleil n’est pas au rendez-vous…
Nous arrivons enfin au campement, sur le coup des 17h, le soleil commence peu à peu à sombrer. Nous montons rapidement la tente, car nous voulons nous approcher un peu du glacier avent la tombée de la nuit.
C’est aussi l’occasion de faire sécher les affaires, et de laisser nos carapaces de tortues ninja… y’a pas à dire, celui qui a dit que le Parc était facile à faire, il a des mollets de monstre ! Pour ma part j’ai bien payé, Olivier n’est âs rassasié, mais il me dit préférer se réserver pour les marches futures, notamment notre redescente le lendemain…
Malgré le peu de luminosité nous avons tout de même réussi à prendre quelques clichés du glacier d’un bleu étonnant.
Une fois la tombée de la nuit, nous décidons de casser un peu la croûte. Cependant, on s’aperçoit que l’on a plus le brûleur ! Nous lions connaissance avec notre voisin, César, un chilien très sympa.
Après une bonne nuit de sommeil, nous repartons sur le coup des 8h, afin de rejoindre notre second campement a mi chemin de la pointe du W (en gros faire un V du W).
En repartant, nous apercevons le levé du soleil sur le glacier…
Nous attendrons un peu, mais le flanc est de la montagne cache le soleil, et nous ne pouvons rester plus longtemps sous peine de finir notre marche de nuit.
Nous regardons une dernière fois le glacier et le lac qui est en aval, puis nous repartons d’un pas « léger » vers le sud.
Nous faisons une petite pause casse croûte, histoire de manger les fameux et fabuleux cookies chiliens, qui d’habitude nous semblent affreux, mais qui là qui se font vraiment apprécier. Nous remarquons l’étrange géométrie de la montagne environnante, qui témoigne encore de son mouvement au fil des ages.
En redescendant, nous apercevons le lac Pehoé (lac sur lequel nous sommes arrivés), le soleil nous offrant un spectacle d’une rare beauté.
Petite pause photo dans les sous bois : « ouh que c’est zoli, et qu’on est beau gosse même quand on pu la transpi et qu’on marche pendant des heures»
Nous faisons une petite pause le long de la berge quelques heures plus tard, avant de repartir plus à l’est.
Nous sommes quelque peu déçu par le paysage de côté-ci du parc… C’est un peu la Pampa, et vraiment rien d’exceptionnel.
Nous arrivons au camp, après que j’ai perdu un genou en route… Pour l’atteindre, il nous faut traverser un pont, qui est pour le moins « artisanal ».
Nous rencontrons deux allemandes avec qui nous sympathisons, c’est une chance inespérée pour Olivier de montre à quel point c’est un gentleman, en prêtant son pantalon à une des deux allemandes, et ce sous un froid des plus vigoureux.
Une fois n’est pas coutume (celle-là aussi elle est bonne comme expression), nous plantons la tente, et nous faisons la popote avant d’aller dormir…éreintés.
Le troisième jour est différent des précédents. En effet, nous nous séparons, je reste dormir au camp avec mon genou défoncé, et Oliv entame l’ascension de ce qui s’appelle « la vallée du français » tout seul. Il rencontre une des deux allemandes en chemin et amorce une marche périlleuse dans de le froid et la neige…le tout en panta court ! (Son surnom c’est Rahan des fois). Il a faillit y laisser une main, s’il n’avait pas eu sa couverture de survie !
Néanmoins, pour lot de consolation, il bénéficie d’un point de vue de toute beauté. Il faut apparemment difficile de prendre de belles photos à cause des nuages voilant l’horizon, mais quelques une valent le détour.
Comme nous nous étions donnés rendez vous dans le refuge suivant, je me lève, prend quelques affaires et laisse à Olivier, la tente, on ne sait jamais… Comme le temps ne joue pas contre moi cette fois-ci, et que mon genou va un peu mieux, j’ai tout le loisir de faire quelques clichés ça et là. Seul problème : le froid. Marchant du côté sud du Parc, le soleil n’est que rarement présent.
J’aperçois les sommets non loin d’où se trouve Olivier, le mélange des couleurs de la roche est assez extraordinaire.
Olivier me rejoint quelques heures plus tard au refuge comme prévu. Il accompagne l’allemande avec qui il a entamé l’ascension. Au vu des prix proposés par le refuge, nous décidons de partir, après avoir salué nos deux compagnes de marche ainsi qu’un couple d’irlandais rencontrés précédemment dans le bateau.
A cet instant précis, une question se pose que faisons nous ? La nuit commence à tomber, nous ne sommes pas tout prêt du prochain campement…. Nous optons pour la solution « Rangers bourrins » : la marche, le camping clandestin et tutti cuanti.
Une dernière photo de Torres del Paine de jour, avant de vivre une aventure assez hors du commun.
Nous sommes tout de même un peu fatigué, on s’arrête en chemin pour manger avant la nuit noire. On décide de dormir à la belle étoile, au milieu de ce que l’on pourrait comparer à la garrigue. Malgré le fait que nous mettions un réveil sous le coup des 1h, nous sommes réveillés au milieu de la nuit par le froid. Au début hésitant, nous sommes vite convaincus qu’il faut que l’on bouge en voyant la bouteille d’eau totalement glacée.
La marche de nuit étant prohibée, nous n’avons que peu de photo de cette expérience à proposer.
Nous finirons cette marche quasiment aux portes du parc. Ne trouvant pas le campement, nous planterons la tente en clandestins le loin du chemin… Le lendemain, nous espérons trouver un bus qui nous ramènera à Puerto Natales assez tôt pour pouvoir filer vers l’argentine.
Apparemment, nos souhaits sont vains puisque les bus ne partent qu’à heure fixe, et nous sommes très largement en avance… Notre marche de nuit aurait elle été inutile ? Non nous ne renonçons pas et faisons du stop des heures durant… L’occasion de saluer nos lamas au moins !
Finalement, deux chiliens nous prendrons en stop, direction Puerto Natales, espérant trouver un bus pour l’argentine. Chose qui sera elle aussi vaine… Quelle loose ! Nous passerons néanmoins une bonne soirée, surtout en appréciant la nourriture du monde civilisé : fini les veilles purées mélangées à de la soupe instantaneé !!!!!!
Le lendemain nous prendrons un bus pour « El Calafate » en Argentine, afin d’aller au glacier « Perito Moreno ».