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Les syndicats ne sont pas contents. Et ils tiennent à le faire savoir.
Après les nombreuses manifestations de l'an dernier, les mouvements de grogne s'étaient peu à peu estompés, le gouvernement ayant promi de prendre à bras le corps le délicat dossier du pouvoir d'achat. Après plusieurs mois, ne voyant rien venir, FGTB, CSC et CGSLB s'uniront lundi prochain pour une grève générale qui devrait toucher le secteur des transports, de la grande distribution, de la Poste, des entreprises et les écoles.
Mais ces dernières ne seront pas touchées de la même manière par les grèves. Les trois syndicats n?ont pas lancé de mot d?ordre de grève, préférant laisser aux centrales et régionales le soin de décider de la nature des actions à entreprendre.
Dans les établissements de l'enseignement fondamental du réseau officiel, la grève sera particulièrement bien suivie. Les écoles maternelles et primaires seront donc, pour une grande majorité, fermées ce lundi. Les écoles secondaires, elles, ne devraient pas fermer leurs portes, préférant observer simplement des arrêts de travail. Même programme pour l'ensemble du réseau libre.
Les choses pouvant rapidement évoluer, les syndicats recommandent aux parents qui ne l'auraient pas encore fait de prendre contact avec l'école de leur enfant.
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Hier, on parlait de supprimer leurs cours. Aujourd'hui, on pense à leur demander de dispenser quelques heures par an à tous les élèves de leur établissement, histoire de les initier à "à la connaissance des différentes religions et conceptions philosophiques dans un esprit de tolérance et de respect des autres". L'objectif est clair : favoriser la compréhension mutuelle et le "mieux-vivre ensemble" entre des élèves issus de cultures parfois très différentes. On parle d'un "tronc commun citoyen". A l'heure des replis identitaires et du radicalisme, ils sont nombreux à penser que cela ne serait pas du luxe.1
Exit donc l'idée de supprimer les cours philosophiques. Place au professeur de religion (et de morale) qui, en plus de ses heures, enseignerait à tous les élèves les fondements et traditions du catholicisme, du judaïsme, etc. L'idée n'est pas neuve, l'ancien ministre MR Richard Miller avait déjà rédigé un décret dans ce sens en 2006. Marie Arena s'était alors saisi du dossier qu'elle avait transmis pour avis au Conseil consultatif des cours philosophiques, une instance créée en 2005 pour promouvoir les échanges entre ces cours. Rendu il y a quelques mois, son avis vient d'arriver entre les mains des élus. et il est plutôt positif. Le conseil se dit en faveur de "la mise en ?uvre de projets interdisciplinaires rassemblant des élèves de cours philosophiques différents et s'inscrivant dans la perspective d'une éducation permanente à la citoyenneté responsable".
Cependant, pas question de laisser les enseignants opérer sans garanties. Le Conseil recommande d'encadrer ces collaborations par un décret et donc de leur donner force de loi. Les formations inter-réseaux devront aussi être renforcées, de même qu'un référentiel de compétences communes pour l'ensemble des cours devra être défini, histoire de se mettre d'accord sur les valeurs citoyennes auxquelles les élèves seront sensibilisés.
Le ministre Christian Dupont, qui a déjà rencontré son président, participera bientôt à la prochaine assemblée du Conseil. Son cabinet est formel : l'homme veut avancer vite. Reste que si le réseau officiel pourrait accueillir favorablement cette nouvelle initiative, les réactions du libre confessionnel seront sans doute moins positives.
A suivre donc.
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Non, il ne s'agit pas d'un nouveau décret. Le texte rédigé par Christian Dupont puis voté en juillet dernier sera bien d'application pour toutes les écoles de la Communauté française. Pour autant, le décret "mixité sociale" ne rassure pas grand monde. S'il est presque acquis que les files interminables de parents devant quelques établissements cotés ne se reproduiront plus, les chefs d'établissement redoutent encore d'autres effets pervers.1
Ces chefs d'établissements qui ont reçu cette semaine la circulaire n°2448 qui fixe les "modalités relatives à l'inscription des élèves en première année de l'enseignement secondaire ordinaire". Une circulaire. épaisse : 38 pages, petits caractères, aucune image. Et plutôt indigeste. certains préfets et directeurs s'arrachent parfois les cheveux devant la complexité du texte. Quant ce ne sont pas les parents qui, paniqués, harcèlent les secrétariats au téléphone. Le directeur du Collège St-Pierre de Jette, M. Thierry Vanderijst, dit ainsi avoir reçu près d'une centaine de demandes d'informations de la part de parents inquiets.
L'homme s'attend d'ailleurs à ce que les parents, préférant jouer la prudence, inscrivent leur(s) enfant(s) dans plusieurs établissements. En effet, les écoles qui n'auront pas assez de places devront procéder à un tirage au sort pour les demandes excédentaires. Et plus on achète de billets, plus on augmente ses chances de tirer le gros lot. CQFD.
Pour les directions, cette situation est impossible. Imaginez un parent qui multiplie les inscriptions (un simple document envoyé à l'école suffit) sans se soucier du projet éducatif des établissements qu'il convoite pour son enfant et qui ne prendra pas la peine (c'est presque certain) de prévenir les établissements où ce dernier sera reçu mais qu'il ne retiendra finalement pas. Un cas classique mais qui posera de gros problèmes dans les écoles. Jusqu'au moment de la rentrée, il sera impossible de connaître le nombre réel d'élèves dans une école.
Mais pour Christian Dupont, les problèmes ne concerneront que vingt-neuf écoles. Le ministre parle de "phénomène marginal".
Cela n'a pas de sens de multiplier les inscriptions et de se précipiter comme s'il n'y avait pas de place alors qu'il y en a plus que ce qu'on croit.
Il reste quand même que ces établissements "cotés", où se bousculent les parents, en pénaliseront indirectement beaucoup d'autres. essentiellement à Bruxelles où on en retrouve 19. Au Collège St-Pierre, il reste encore 90 places pour de nouveaux élèves. mais le directeur parie une bouteille de champagne avec le ministre qu'il enregistrera au moins 600 demandes. S'il le dit, on veut bien le croire.
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Commencer les cours à 8h et terminer la journée à 18h, c'est la nouvelle idée des Verts flamands qui la soumettront à l'électeur en juin prochain.
L'idée est toute simple : sur une journée de dix heures, offrir aux enfants - en plus des cours classiques - de participer à des activités sportives, manuelles. récréatives. Le concept de "journée d'école déstressante" existe déjà à Rome. Chez nous, l'idée a été popularisée par l'enseignant et écrivain Marc de Bel.
Selon la présidente de Groen, Mieke Vogels, une telle organisation des journées scolaires permettrait de résoudre une partie du problème de l'accueil des enfants, tout en offrant à ces derniers un encadrement de qualité. encadrement que beaucoup ne retrouvent plus en rentrant à la maison une fois la journée d'école terminée. La télévision, les jeux vidéos et bien souvent l'ennui accompagnent nos élèves durant les longues soirées "familiales".
Un tel système exigerait de revoir profondément l'horaire des instituteurs qui devraient alors être deux à se relayer auprès d'une classe, l'un travaillant de 8h00 à 15H00, l'autre de 13h00 à 18h00.
Si une telle proposition vous emballe - ou au contraire vous hérisse - rappelez-vous qu'elle ne pourrait concerner que l'enseignement flamand.
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Le w-e dernier, le MR organisait ses Estivales à l'Abbaye de Stavelot. L'occasion pour les libéraux de donner le coup d'envoi d'une année qui, avec à l'horizon les élections régionales de 2009, promet d'être riche en "petites phrases" et autres vacheries. Au programme de la rentrée : l'enseignement.
Le ton est très vite donné. Pour les réformateurs, le bilan de la Communauté française en matière d'éducation est plus que décevant. Et les éléphants du parti d'avancer leurs pistes et autres solutions pour améliorer l'éducation de nos enfants. Ainsi, Pierre Hazette, ex-ministre de l'enseignement :
Je pense. en imposant, et je pèse mes mots. en imposant (sic) un horaire à la maison ou en étude dirigée qui intègre un temps de travail à domicile, qui prolonge l'effort fait à l'école.1
Un effort qui serait également à fournir en matière de mobilité des étudiants universitaires. Le MR souhaite que l'enseignement supérieur dégage davantage de moyens pour permettre aux jeunes de partir se former dans un autre pays.
Le CDH a lui lancé ses "Assises de l'enseignement". Un vaste programme de réflexion fait de rencontres et de débats à travers toute la Wallonie. Objectif (non) avoué? Défendre le bilan de cette législature qui a vu le CDH partager le pouvoir avec le PS en Communauté française. Le "Contrat pour l'école" initié par Marie Arena sera au centre de nombreuses discussions. La présidente du CDH, Joëlle Milquet n'a pas caché que son parti rempilerait bien jusque 2012. Mais le parti "chrétien-centriste" peut compter sur Didier Reynders et le MR pour ne pas lui faciliter la tâche.
Il reste encore quelques mois aux ministres Dupont et Simonet pour montrer qu'ils ne sont pas doués que pour les discours.
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C'est le même principe que le bac. En gros, les mêmes objectifs que le bac. Mais ce n'est pas le bac. De quoi s'agit-il? Mais du "Tess" pour "Test d'Enseignement secondaire supérieur". Un examen externe unique. pour tous les élèves de 6e année étudiant en Communauté française.1
L'idée est du ministre Christian Dupont. enfin, c'est ce que le PS chercherait à faire croire car le nouveau patron de l'enseignement recycle en fait un vieux projet de l'ancien ministre Pierre Hazette (MR) et de Marcel Crochet, alors recteur de l'UCL. Françoise Bertiaux a d'ailleurs qualifié cet après-midi M. Dupont de "Coucou", laissant entendre par là que l'homme ferait son nid "dans celui des autres". Il est vrai que le PS ne s'était pas vraiment montré favorable au projet à l'époque.
Christian Dupont ne souhaite pas que l'on compare le "Tess" avec son célèbre voisin français. Pas question ici d'obliger le jeune à réussir cet examen pour pouvoir entreprendre des études supérieures (contrairement à ce qui a été annoncé par RTL-TVI dans son édition du soir). Le dernier mot restera à l'enseignant et au conseil de classe. Alors pourquoi? Le ministre explique :
Aider l'élève avec des formes d'évaluation externe, cela professionnalise l'outil, ça renforce la qualité et surtout cela donne de bonnes infos sur le niveau au (secondaire) supérieur.2
Je ne suis personnellement pas partisan du bac. Mais je suis partisan de formes d'évaluations externes qui viennent pondérer, modérer, donner une idée au professeur de ce qu'est une évaluation plus globale d'une partie de la matière et qui permet aussi de voir où on en est exactement. Ce sera un outil précis permettant aux enseignants de situer leur propre évaluation et permettant de dire, effectivement, quels sont les résultats et, à partir de là, de voir ce qu'il faut faire mieux et ce qui va déjà bien.3
Il faut donc avant tout y voir un outil qui devrait aider les enseignants à se situer dans leur école et par rapport aux autres établissements de la Communauté. Un outil qui offrirait enfin la possibilité de voir ce que valent nos étudiants à la fin de leurs études secondaires, à boucher le fossé entre le secondaire et le supérieur. Un outil qui, à terme, pourrait mettre toutes les écoles sur le même pied, fixant ce qui est évalué et ce qui est évaluable.
Rédigé par un collectif d'enseignants et d'inspecteurs, sous la houlette de l'administration, cet examen ne serait pas obligatoire, dans un premier temps. Une période d'adaptation de deux ans serait envisagée. Ensuite, il deviendrait incontournable. même si non contraignant pour l'élève.
Les enseignants sont partagés. Si certains se prennent à espérer que l'enseignement ne pourra plus à l'avenir se voiler la face sur le niveau parfois très médiocre de certaines de nos écoles, d'autres constatent que l'autonomie des établissements - et des enseignants - est une nouvelle fois mise à mal. Et de citer les exemples de la Finlande qui a fait de l'autonomie de ses écoles une véritable religion.
Mais l'idée fait son chemin, petit à petit. Soulager les profs de leur rôle d'examinateurs, ce ne serait pas un luxe, tant les professeurs ont parfois du mal à jongler entre formation et certification. Mais attention toutefois au risque d'un "classement des écoles"!
Le seGEC est en tout cas ouvert à la discussion, tout en précisant attendre d'en savoir plus sur les modalités du projet. Les réaction des autres partis politiques et des syndicats ne devraient pas tarder. Voilà une nouvelle affaire à suivre.
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Qu'est-ce qu'une énergie renouvelable? De qui descendent les noirs américains? Et le Congo? Etait-il une colonie belge? Si vous ne savez pas répondre à ces questions, vous êtes comme beaucoup de nos élèves de rhétorique. Mais il vaut mieux ne pas vous en vanter. L'Aped (Appel pour une école démocratique) a entrepris une vaste enquête auprès de 3 000 rhétoriciens durant les trois premiers mois de l'année 2008. Son idée : tester la maîtrise, par les jeunes, "des savoirs porteurs d'une citoyenneté critique".1
Pas de maths ni de lecture ni d'écriture. Il n'est pas question ici de jouer à refaire un PISA "bis" puisque ne sont pas jugées ici des compétences mais bien les connaissances qui devraient faire de ces jeunes des citoyens critiques, capables de prendre activement part dans l'action politique et sociale.
Élaborée par un groupe de professeurs des différentes disciplines de l'enseignement secondaire, l'enquête balaie ce que l'aped appelle des "savoirs citoyens". Un zeste d'histoire, une once de géographie, un brin de philosophie. Les questions puisent allègrement dans le socio-économique, nos racines historiques. mais abordent aussi les questions liées à l'environnement et aux nouvelles technologies. Nos jeunes sont-ils armés pour prendre part aux débats cruciaux de demain? Sont-ils capable de prendre du recul, de critiquer, d'analyser?
L'étude est catégorique : NON ! A la question "Qu'est-ce qu'une énergie renouvelable", ils sont 20% à penser qu'il s'agit d'une énergie produite par la nature alors qu'il s'agit d'une énergie virtuellement inépuisable comme l'hydroélectricité ou les biocarburants. Dans le même domaine, 10% d'entre eux croient que l'uranium et le charbon font partie de ces énergie renouvelables. Et ne parlons pas des 63% qui confondent effet de serre et destruction de la couche d'ozone.
Par ailleurs, nos jeunes adultes n'ont aucune idée des écarts de richesse entre les plus riches et les plus pauvres. Ils sont incapables d'estimer l'ampleur du fossé qui les sépare. Ils ne sont que 20%, en moyenne, à avoir une idée plus ou moins correcte du revenu de ceux qui font partie des 10% les plus riches ou les plus pauvres. Bigre!
Au rayon "histoire", les élèves de dernière année ne s'en sortent pas mieux. Ils sont 40% à croire que le catholicisme est postérieur à l'Islam. et 50% à ignorer que le judaïsme est antérieur au Christianisme. Dans l'enseignement professionnel, ils sont 50% à ignorer que Malcolm X ou Martin Luther King (ou même Eddy Murphy) descendent d'esclaves africains capturés et emmenés de force aux États-Unis pour y travailler dans les champs de coton, par exemple. Et pour ce qui est de la Belgique colonisatrice, seulement 20% des élèves de l'enseignement général (50% pour le professionnel), savent qu'elle posséda un temps le Congo.
Pour Nico Hirtt, enseignant et président de l'aped, l'école ne remplit pas son rôle, à savoir "former des citoyens critiques, apporter à chaque élève les connaissances utiles pour comprendre l'essence des principaux enjeux économiques, sociaux ou culturels et pour pouvoir prendre une part active dans l'action démocratique et les combats susceptibles de transformer le monde."
C'est loin d'être le cas. L'influence du milieu socio-culturel détermine massivement l'accès des jeunes aux connaissances et aux compétences. L'enquête le montre, c'est dans les classes de l'enseignement qualifiant que les résultats sont les moins bons. Une inégalité liée en grande partie à l'origine sociale que l'école n'arrive pas à gommer.
Et si elle n'y arrive pas, c'est qu'on ne lui en donne pas les moyens. et que les enseignants ne disposent pas d'assez de temps. Le message des politiques est clair : recentrons-nous sur les apprentissages de base. Le paquet doit être mis en français et en maths. mais aussi en langues, en sciences. Et on voudrait qu'ils prennent aussi le temps de former leurs élèves à la citoyenneté? Ce sont les programmes qui doivent être revus. Les rares acquis en matière de citoyenneté critique sont obtenus dans le cadre des cours philosophiques (ceux que l'on parlait de supprimer). mais l'initiation à l'écologie comme l'éducation à la santé en passant par la lutte contre la racisme ou l'homophobie font aussi partie des cours d'histoire, de géographie, de sciences humaines.
Nico Hirtt est, sur ce point, très clair :
Il faut introduire plus de rigueur et de clarté dans les programmes, leurs contenus doivent être plus directifs, et les connaissances contrôlées par des évaluations centralisées. Les socles de compétences tiennent en quelques lignes et sont tellement vagues que les enseignants peuvent faire n'importe quoi. Ce sont des catalogues pédagogiques bien plus que des outils déterminants les savoirs à acquérir.
Une autre idée serait, toujours selon l'aped, de reculer l'âge de la sélection et de l'orientation vers le technique et le professionnel en prolongeant le tronc commun d'enseignement général jusqu'à 16 ans.
Reste que nos jeunes sont bien peu armés pour faire face (et pour comprendre) au monde qui les entoure. Il est aussi cocasse de constater que les cours vilipendés la veille sont aujourd'hui les derniers remparts contre l'ignorance citoyenne. A méditer.
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Les garçons et les filles ont un rapport très différent à l'école et cela se traduit dans nombre d'enquêtes. Ainsi, si on analyse les résultats scolaires et les performances des élèves, Pisa 2006 démontre que les garçons se débrouillent bien en maths alors que les filles leur dament le pion en français et plus particulièrement en lecture. Et au rayon des sciences dures, elles sont de plus en plus nombreuses à entreprendre des études de chimie, biologie, etc. Ajoutons encore que les filles sont, de manière générale, plus nombreuses à entreprendre des études supérieures (elles représentent 53,2% de la population universitaire francophone de Belgique) et que près de 56% des filles terminent leurs études "à l'heure" (sans rater une année) contre 44% des garçons, et voilà comment la mixité scolaire est remise en question1.
Séparer les filles et les garcons. pour laisser les premières s'épanouir et suivre davantage les seconds? La question ne se pose pas encore en Belgique mais suscite un véritable engouement aux Etats-Unis où, depuis 2002, le nombre d'écoles publiques ne mélangeant pas les deux sexes serait passé de 11 à 440, selon la Nasspe, une association qui milite en faveur de la non-mixité.
Pour cette association, les filles obtiennent de meilleurs résultats - bien meilleurs que ceux des garçons - lorsqu'elles se retrouvent entre-elles. Mais les résultats sont-ils vraiment si importants? Professeur en science de l'éducation à l'Université de Liège, Dominique Lafontaine estime que l'argument de la réussite en cachent d'autres, plus élitistes voire féministes.
Il n'y a pas que les résultats scolaires qui comptent. Il y a aussi la vie en société.
Un point de vue que ne partage pas le Français Michel Fize, sociologue et chercheur au CNRS. Dans son livre "Pièges de la mixité scolaire", il rappelle que la mixité a été imposée, dans l'enseignement, en 1975. davantage à cause d'un manque de places dans les écoles que pour des motifs pédagogiques. La mixité? Un simple outil pédagogique servant l'égalité des chances. mais comme tout outil, il n'est pas toujours adapté ni toujours bien utilisé. Et Michel Fize de servir deux arguments en faveur de la séparation des sexes. D'abord, le décalage de la puberté entre les filles et les garçons. Les filles de 12 ans, par exemple, sont plus matures que les garçons du même âge et souffrent parfois de devoir subir ces "gamins" toute la journée. Ensuite, la présence des filles perturberait les garçons, et vice versa. Ces deux observations suffisent-elles à instaurer la non-mixité à l'école? Non. sauf si les filles devaient être victimes de violence de la part des garçons. Michel Fize estime alors que le principe de précaution doit prévaloir. pour autant que la séparation soit librement acceptée par les élèves eux-mêmes. L'homme ne prône donc pas un retour à un schéma scolaire traditionnel. et s'inquiète d'un texte récemment adopté par le parlement français qui interdit, entre autre, toute discrimination fondée sur le sexe en matière d'accès aux biens et services et de fourniture de biens et services. Ce principe, qui ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe, peut, selon M Fize, remettre en cause la mixité. Alors que cette directive souhaite mettre en oeuvre le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l'accès à des services (.), elle exclut de son champ d'application le contenu des médias, la publicité et. l'enseignement. La porte ouverte à un retour en arrière?
Léonard Sax, président de la Nasspe, ne se pose même pas la question. Il est d'avis que tous les parents devraient avoir le choix de mettre leurs enfants dans une école mixte ou pas. Et au vu des résultats impressionnants des écoles 100% filles et 100% garçons (soumis à un test de compréhension, 37% des garçons de la Woodwart Avenue Elementary, étudiant avec des filles, l'ont réussi. Une fois séparés de ces demoiselles, 86% des garçons réussirent le même test), il y a fort à parier que la mode traversera bientôt l'Atlantique pour venir chez nous.
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C'est à se demander ce qui se passe. Après les problèmes de lecture mis en évidence dans une étude publiée récemment par la Communauté française, voilà qu'une autre enquête, commandée par le fabricant de matériel scolaire Pelikan, met en évidence des problèmes graphomoteurs pour plus de 30% de nos élèves, 1 élève sur 31.
Et ces problèmes ont des conséquences parfois dramatiques. Un enfant qui écrit mal en souffre dans sa vie quotidienne, comme en témoigne les parents du petit Dries, 9 ans.
Avant, mon fils était un enfant très sociable, drôle et joueur. Maintenant, il éprouve plus de difficultés à nouer contact. Souvent, il ne se sent pas bien et adopte un comportement difficile. Il se plaint plus qu'avant, s'éveille de mauvaise humeur, dit se sentir malheureux et se dispute plus souvent avec son frère
Dries n'est pas le seul à se sentir mal. Les informations glanées durant 6 mois par les enquêteurs et concernant près de 40 000 enfants sont très claires, il sont des milliers en Belgique à se sentir à la traîne, à ne plus avoir confiance en eux. "simplement" à cause de leur écriture.
Pourquoi écrivent-ils mal? Souvent parce qu'ils adoptent une position tendue ou crispée, parce qu'ils tiennent mal leur stylo, produisent des lettres illisibles, écrivent trop rapidement ou trop lentement, n'arrivent pas à se concentrer. Certains écrivent même à l'envers ! Le résultat est sans appel : un retard scolaire assuré. Mais ces soucis d'écriture ont aussi une influence sur leur développement social (difficultés à communiquer) et émotionnel. Il en résulte une démotivation voire un refus d'aller à l'école. Lorsqu'ils arrivent en secondaire, il est parfois trop tard.
J'étais gêné de participer aux travaux de groupe (.) Finalement, je n'avais plus envie d'écrire, donc je n'écrivais plus. Mes résultats scolaires ont chuté parce que je ne parvenais pas à relire mes notes.2
Certains enfants se plaignent aussi de douleurs physiologiques : ils ont mal à la main ou au poignet, sont fatigués. Pour la graphologue Sylvie Tramasure, 9% des enfants concernés sont victimes d'un déficit d'attention, 8% sont dislexiques, 2,5% dispraxiques, 1,8% atteints de troubles neurologiques et 25%. sont des surdoués !
En effet, parfois l'esprit de l'enfant est tellement vif que la main ne peut pas suivre la pensée. Mais n'allez pas hurler au génie si votre enfant écrit moins bien que votre siamois, il a peut-être "seulement" des problèmes de structuration dans l'espace ou de motricité fine (votre enfant, pas le siamois).
Mais quand agir? Le plus tôt possible. Les problèmes apparaissent le plus souvent entre 4 et 8 ans. Mais ils ne sont souvent détectés que plus tard. quand il est parfois trop tard. Les parents se savent alors plus à qui s'adresser. Mais lorsque le problème d'écriture est diagnostiqué suffisamment tôt, il peut disparaître en à peine quelques semaines. Un graphothérapeute est la personne la plus indiquée pour déceler un éventuel problème. et surtout y remédier. La faute à ne surtout pas commettre? Croire que cela va s'arranger tout seul. En général, cela ne fait que s'aggraver.
Les enseignants, eux, se disent peu formés pour agir et corriger le problème. Les jeunes professeurs ne connaissent plus, selon les "anciens", la bonne manière d'écrire des lettres. S'ajoute à cela un manque de pratique. Soumise à la pression du temps, l'école est définitivement passée dans le camp des photocopies, délaissant la prise de notes manuscrites. A la maison, c'est l'ordinateur le coupable. Tout ces facteurs, ajoutés au fait que les enfants pratiquent de moins en moins, à l'école comme à la maison, des activités de bricolage susceptibles de les aider à développer leur motricité fine, explique en grande partie les problèmes d'écriture de nos enfants.
Les instituteurs devront donc être encore plus attentifs aux devoirs et dictées de leurs petites têtes blondes. Quelques principes très simples appliqués tôt peuvent les aider à enseigner ce qu'est "une bonne prise en main" et "une bonne position". Ainsi, l'enfant veillera à tenir son bic (ou son crayon) selon la prise "tripode", c'est-à-dire que l'instrument d'écriture reposera sur la première phalange du majeur et sera soutenu par la partie latérale du pouce. L'index se déposera ensuite, en toute légèreté, un peu recourbé.
L'enfant sera assis sur une chaise assez proche de la table. Ses pieds devront toucher le sol et les genoux ne devront pas être trop hauts. Le dos droit et les épaules légèrement inclinées vers l'avant, l'enfant regardera sa feuille dont la distance idéale avec les yeux doit être de 30cm. La feuille doit former un angle de 20° par rapport au bord de la table et être inclinée vers la gauche pour les droitiers. et vers la droite pour les gauchers.
Le stylo à bille doit être proscrit. Il empêche l'enfant de sentir ce qu'il écrit. Pour de bons débuts dans l'écriture, les parents et les enseignants préféreront les crayons et les pastels sur un papier rugueux.
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C'est une petite bombe. Le PS a peut-être trouvé son Destexhe en la personne du ministre de la Jeunesse. L'idée de Marc Tarabella de supprimer les cours de religion et morale pour les remplacer par des heures d'éducation physique à secoué le monde de l'enseignement. De nombreux professeurs de cours philosophiques se sont émus que l'on puisse envisager de toucher à ce qu'ils considèrent comme un des derniers espaces où le jeune peut être formé à la citoyenneté critique. Les citoyens, eux, ne considèrent pas la "chose" comme taboue. Les sondages Internet ont montré ces derniers jours qu'un internaute sur deux est plutôt favorable à cette idée. Ce chiffre monte à 75% sur le site du quotidien (catholique) Vers l'Avenir. Le débat est ouvert.
Penser ou courir? Faudra-t-il bientôt choisir?
Interrogé par Vincent Peiffer pour le Télémoustique, le ministre s'explique. Et nuance1.
Selon lui, il n'est pas obligatoire de supprimer ces cours. Même dans des horaires qui ne sont pas extensibles, il est toujours possible de trouver quelques heures de fourche ou des heures dites "d'étude" à consacrer au sport. L'Allemagne, par exemple, a prévu de consacrer les matinées des élèves aux cours afin de dégager des heures de sport l'après-midi.
Ce qui gêne M. Tarabella dans les cours philosophiques tels qu'ils sont donnés actuellement (et tels qu'ils ont toujours été donnés), c'est que, selon lui, la religion comme la laïcité (!) relèvent du domaine strictement privé. Ces cours devraient idéalement être dispensés ailleurs.
En revanche, le ministre se dit en faveur d'un cours de philosophie à l'école. ou un cours d'éducation civique, au choix (le ministre suggère une heure d'instruction civique par semaine puis deux heures de philo dans le supérieur). Et en promouvant le sport, Marc Tarabella veut mettre en avant des valeurs comme le dépassement de soi, la solidarité, le respect des autres et de l'autorité. Il n'en démordra pas : le physique et l'intellect sont liés.
Le cours de religion, facteur de division?
Je ne suis pas un antireligieux. Mais j'aimerais que jeunes laïcs, catholiques, musulmans ou autres aient un cours de philosophie générale et d'histoire des religions en commun, qu'ils sachent ce qu'est la religion de l'autre. Ce serait une école d'écoute de l'autre, de tolérance. Or, aujourd'hui, les cours de religion installent une division entre jeunes dès l'entrée à l'école.
On imagine aisément que les professeurs de religion ne partageront pas l'avis du ministre. D'autant que son idée pourrait relancer la guerre scolaire. Le réseau libre a déjà fait savoir qu'il ne voulait pas en entendre parler. Qu'à cela ne tienne, M. Tarabella propose de commencer par le réseau officiel. laissant ainsi le choix aux parents : instruction civique puis philo dans l'officiel, ainsi que de nombreuses heures de sport. ou religion dans le libre.
Si l'idée continue à faire son chemin, notre pays pourrait bien ranger les cours de religion et morale au placard, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays comme la France, l'Allemagne ou les Pays-Bas. Chez nos voisins francophones, où le grand principe de l'enseignement est la laïcité, l'éducation civique est déjà au programme dès l'école primaire jusqu'à la fin des études obligatoires. Les jeunes français y apprennent les règles du comportement en société mais sont aussi initiés à la problématique des Droits de l'Homme, de la Justice et à la philosophie.
Une conception de l'enseignement laïque que partage le collectif R.A.P.P.E.L (Réseau d'action pour la promotion d'un État laïque). Bien avant la sortie du ministre de la Jeunesse, ces citoyens engagés, philosophes, pédagogues, enseignants, médecins. mais aussi catholiques, musulmans, athées. mais tous laïques, se sont déjà prononcés pour un enseignement débarrassé des dogmes, traditions et particularismes culturels . qui découlerait naturellement d'une laïcité politique dans la Constitution belge et dans les dispositifs légaux des entités fédérées. Partisans de la suppression des cours philosophiques, qu'ils jugent dépassés, les membres du R.A.P.P.E.L défendent plutôt un cours de philosophie où "la méthode scientifique et libre exaministe prévaudrait sur les spécificités culturelles, philosophiques et religieuses de chacun.2"
Nous avons souhaité avec l'avoir l'avis de celle qui a créé le R.A.P.P.E.L, Nadia Geerts, philosophe et professeur de morale. Une exclusivité "enseignons.be".
Que pensez-vous de cette proposition de notre ministre?
J'y vois du bon et du moins bon. Le bon, c'est qu'il jette un pavé dans la mare en proclamant, à raison selon moi, que les convictions religieuses et philosophiques n'ont pas à être enseignées à l'école. Le moins bon, c'est qu'il en déduit qu'il faut supprimer les cours dits "philosophiques" pour les remplacer par des heures de sport. Or, pour moi, la formation philosophique est quelque chose d'essentiel. J'entends par là non pas l'enseignement de l'histoire de la philosophie, mais l'enseignement d'une pratique philosophique, ce que Michel Tozzi définit par conceptualiser, problématiser et argumenter.
Pourquoi le cours de morale est-il encore important?
Le cours de morale est important en ce qu'il développe la capacité de penser, de s'interroger, de remettre en question ses certitudes, par le biais de la confrontation aux idées d'autrui (autrui pouvant être un auteur comme un élève). C'est un espace de débat avant toute chose, et nos élèves manquent déjà cruellement de formation au débat, à l'argumentation, à la confrontation intellectuelle.
Cela dit, j'ai déjà dit et je répète que les cours dits "philosophiques", à mon sens, sont un reliquat de la Belgique du 19ième siècle qui n'ont aucun fondement rationnel. Il serait infiniment plus porteur de réunir dans une même classe des élèves de convictions différentes que de rassembler les élèves en fonction de leurs convictions religieuses ou philosophiques.
Le ministre a-t-il raison lorsqu'il pense que la laïcité ne devrait pas avoir sa place dans la sphère publique?
Je crois me souvenir qu'il a dit que les religions, ou les convictions philosophiques et religieuses, n'avaient pas leur place dans la sphère publique. En cela, je suis d'accord avec lui: l'école, selon moi, a à transmettre des savoirs et des compétences, en aucune manière des dogmes ou des croyances. L'éducation religieuse ne devrait donc pas se faire à l'école, mais à la maison ou au catéchisme. Rien n'empêche en revanche d'enseigner le phénomène religieux, son symbolisme, son histoire, son esthétique, etc.
Et la religion? Doit-elle, elle, rejoindre la sphère privée? Deux poids, deux mesures?
Comme je l'ai expliqué précédemment, pour moi, les convictions (qu'elles soient d'ailleurs religieuses, philosophiques ou politiques) n'ont pas à être enseignées à l'école. C'est exactement comme si on donnait un cours à option où les élèves pourraient choisir entre un cours de socialisme et un cours de libéralisme. Non ! On peut leur expliquer, à tous (quelle que soit leur sensibilité politique) ce que sont le socialisme et le libéralisme, mais pas leur apprendre à en être.
Cela dit, je ne parlerais pas de laïcité, mais d'incroyance. L'incroyance est une conviction au même titre que la croyance en tel ou tel Dieu. En revanche, la laïcité est un principe d'organisation politique de séparation des Eglises et de l'Etat, donc du droit et de la foi. Ce principe est fondamental et n'empêche en rien la croyance en un Dieu. Pour moi, l'Etat belge devrait donc être laïque, et les écoles respecter ce principe de laïcité. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai créé le R.A.P.P.E.L.
Vous êtes donc pour un cours de morale dispensé à tous les élèves, quelles que soient leurs convictions? Ou à tout le moins, un cours de pratique philosophique?
Oui, je suis favorable à un cours unique pour tous, qui selon moi pourrait parfaitement reprendre à peu près le contenu de l'actuel cours de morale, mais qu'il faudrait évidemment rebaptiser pour éviter qu'il soit associé à l'ancien cours de morale.
Selon nous, il devrait être possible de "recycler" les professeurs de morale et de religion (ou du moins nombre d'entre eux) par le biais d'une formation permettant à tous de donner le futur cours, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques personnelles.
Les cours philosophiques sont condamnés à évoluer, à court et moyen terme. Reste à voir si notre système éducatif est prêt à faire le pas et si nos politiques oseront prendre le risque de bousculer notre fameux système de réseaux scolaires.
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Ne parlez pas à un jeune Flamand de la fête nationale belge. Une majorité d'élèves entre 8 et 16 ans seront incapables de vous citer le 21 juillet. et les rares qui pourront le faire ne vous diront rien du couronnement de Léopold Ier, premier roi des Belges, ce 21 juillet 1831. Et pour cause, ce moment clé de la Belgique naissante n'est plus un passage obligé des cours d'histoire au nord du Pays.
En revanche, ils seront intarissables sur "leur" fête "nationale", le 11 juillet. Car c'est le 11 juillet 1302 que les milices flamandes vinrent à bout de la cavalerie française dans la plaine de Coutrai. Cette mémorable bataille des Eperons d'or, il n'est pas un professeur, d'Ostende à Anvers en passant par Lokeren qui oublierait d'en raconter l'histoire.
C'est que dès 12 ans, à l'âge où les petits Wallons se promènent encore dans les rues étroites de la Rome antique, les jeunes néerlandophones découvrent déjà nombre de faits historiques liés à l'histoire de la culture flamande1. Les francophones doivent eux attendre la 3e voire la 4e année avant que le programme ne les autorise à aborder la révolution belge de 1830 ou la Constitution de 1831. Les deux dernières années, ils seront initiés à la démocratie belge, la Belgique fédéralisée, les problèmes communautaires. Au Nord, il sera davantage question de guerre scolaire au XIXe siècle, de culture flamingante et épanouissement du mouvement flamand, des lignes de fracture dans la société belge de 1918 à nos jours, de l'émancipation du mouvement flamand, etc. Les moments clés de la Belgique ne sont définitivement plus les mêmes des deux côtés de la frontière linguistique. Avec la communautarisation de l'enseignement, chaque communauté adapte ses programmes selon ses envies, revisite l'histoire du pays. La lecture d'un passé pourtant commun n'est plus la même.
Dans les écoles francophones
Si on va jeter un ?il dans les socles de compétences en histoire, la place réservée à la Belgique tient en une phrase : "La Belgique dans l'Europe et le monde : supranationalité, fédéralisme et identités régionales". Un cahier des charges fort évasif que les écoles - et les réseaux - interprètent à leur façon. L'enseignement libre, par exemple, dans une petite note en bas de page de son programme d'histoire, rappelle seulement à l'enseignant la consigne d'intégrer à son cours l'histoire de nos régions. En Communauté française, le programme est plus étoffé mais un grand nombre d'aspects de notre histoire sont jugés "facultatifs". Aucune recommandation, aucune piste qui aideraient les professeurs à présenter l'évolution institutionnelle de la Belgique, par exemple, de manière plus ludique. Et les manuels ne sont pas toujours d'un grand secours. La grande majorité d'entre eux pèchent par une absence presque totale de références aux symboles nationaux. C'est le sénateur libéral Alain Destexhe qui avait posé ce constat il y a quelques années, ayant passé ces ouvrages à la loupe.
Dans les écoles flamandes
Dès la première année, le petit néerlandophone (de l'officiel comme du libre) devra pouvoir "attacher de l'importance aux traces du passé et à la société flamande actuelle". Ce sont les eindtermen (les équivalents de nos socles de compétence) qui le disent. En 5e et 6e année, le cours d'histoire de Belgique se focalisera sur les "lignes de fracture" socio-économique, idéologiques et communautaires, qui traversent la Belgique depuis 1830. Lettres écrites par des soldats flamand, révolution belge menée par le bourgeoisie francophone. Cet enseignement ne prendrait, selon M. Kaat Wils, spécialiste de la KUL, que quelques heures de cours sur toute l'année scolaire. De plus, si l'histoire enseignée au nord est l'histoire "flamande", c'est plutôt le fruit d'une volonté politique et non académique. Pas de panique donc, il s'agit seulement d'une familiarisation à la culture flaminguante. Pas de quoi hurler au bourrage de crâne. Et pourtant.
Des manuels controversés
Sur la couverture du manuel "Historia" de 6e année, on peut voir le pays coupé en deux. D'un côté les Flamands, de l'autre les Wallons. Deux blocs de terre qui côte à côte, se tournant le dos. Derrière ces deux imposantes masses qui s'ignorent, sous un ciel gris et menaçant, Bruxelles, prise en étau, et ses symboles. Le divorce est, semble-t-il, déjà consommé.
Les manuels flamands n'hésitent pas à interroger les élèves sur l'avenir de la Belgique. Leur poser la question, c'est déjà leur souffler la réponse. Ici, pas question de "loyauté" ou de "solidarité". Place aux mots "majorité", "injustice", "éphémère", "assistée". A chaque page, les allusions sont évidentes. L'histoire Belge porte bien la griffe flamande, faisant fi de l'unitarisme pour jouer la carte d'une Flandre mal aimée et persécutée par ses voisins, bêtes et pauvres.
Quelques exemples?
Les Flamands mal aimés : Storia parle de "citoyens de seconde zone", victime au sein de l'Etat d'une injustice, avant et après la dernière guerre.
Les fonctions dirigeantes vont surtout aux francophones (.) Dans les services publics, on exige un bilinguisme des Flamands, tandis que les francophones doivent à peine exprimer un mot de néerlandais
La Question royale, le diktat de la minorité wallonne : le même manuel posera ce constat amer au sujet du retour avorté du roi Léopold III sur le trône de Belgique, en 1950, pourtant souhaité par une majorité de Belges, surtout flamands : "Une voix flamande lors d'un référendum pèse apparement moins qu'une voix francophone".
La Wallonie, incorrigible assistée : des milliards transférés chaque année. Le mécanisme de solidarité? On ne connait pas. La Wallonie est incapable de se sortir du marasme malgré le soutien de sa puissante et riche voisine et les millions d'euros versés par l'Europe.
On pourra aussi épingler quelques passages sur la fixation de la frontière linguistique et le prix (élevé) que les flamands durent payer pour ce remodelage territorial, les facilités linguistiques qui sont vues comme une affaire de privilégiés francophones, la collaboration flamande punie par les francophones et présentée comme une véritable injustice. et, last but nos least, les allusions de notre Premier ministre sur l'incapacité des wallons à apprendre le néerlandais. Pas étonnant qu'à force de lire ces pamphlets haineux et ces allusions à peine voilées sur le "totalitarisme" francophone et son incapacité à prendre en main son avenir économique, les jeunes flamands en viennent à aller grossir les rangs des nationalistes.
Alors, l'histoire de Belgique, une maladie honteuse qu'il convient de tenir éloignée des classes flamandes? Cette perte de repaires nationaux communs désole un peu plus chaque jour de nombreux pédagogues et politiques qui aimeraient que l'école se pose davantage en unificateur et mettent en avant nos points communs plutôt que nos différences. Alain Destexhe appelle à un sursaut de notre chauvinisme qui devrait, selon lui, endiguer le déferlement de contre-vérités et les assauts nationalistes. Pour Kaat Wils, le message à faire passer dans les classe est clair : La Flandre, comme la Walonnie, n'est pas le nombril du monde. Ni même de la Belgique. Les régions ne méritent pas que l'on s'étripent pour leur cause.
En espérant que les politiques auront entendu le message.
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La Belgique ne serait pas la Belgique sans cette petite touche (cette grosse louche?) de surréalisme qui la caractérise. Chaque jour, les fils de Magritte repoussent un peu plus loin les limites de l'absurde.
Le R.O.I (règlement d'ordre intérieur) est en principe un document simple. Lisible, réaliste et compréhensible, il doit permettre à chaque élève de savoir ce qui est et ce qui n'est pas permis à l'école. Comment doit-il se comporter à l'intérieur (et parfois même en dehors) de l'établissement? A-t-il le droit d'utiliser son gsm ou son iPod? Quelle sera la sanction pour telle ou telle infraction?
Rédigée par les pouvoirs organisateurs, comme le prévoit le décret "missions", cette "Charte de vie" sensée préciser, en théorie, les dispositions en matière de discipline, de recours ou d'absences injustifiée, va dans les faits beaucoup plus loin.
Le Soir s'est penché sur les R.O.I de 678 écoles secondaires de la Communauté française, tous réseaux confondus1. Et il y a de quoi sourire à la lecture de certains passages, franchement cocasses.
Les écoles se distinguent d'abord par le style, la forme et le ton de leurs "Contrat d'éducation et de formation" ou autres "L'esprit sagesse". Sur une seule page A4 ou cachées dans de véritables syllabi de 37 pages, les citations philosophiques côtoient des extraits de l'Évangile. Et tout y passe : la pause de midi, le comportement, la tenue vestimentaire, la gestion du journal de classe, le matériel, les assurances, etc. Avec ici et là de grands passages parfois très détaillés faisant le point sur l'usage du GSM ou le recours aux nouvelles technologies. Mais si tel ROI consacrera trois pages aux drogues, un autre ne mentionnera même pas la cigarette.
Ce qui frappe d'emblée, c'est le contraste entre les sanction appliquées selon les établissements, le côté très vague des uns ou alors trop tatillon des autres. C'est que dans certaines écoles, même la taille des rangs est codifiée dans le règlement. Une chose est sûre, il n'y a pas deux R.O.I les mêmes !
Dans un établissement donné, un élève X écoperait d'une réprimande alors que dans l'école voisine, la sanction serait peut-être plus lourde. Ou l'inverse. Tout cela est peu cohérent et les régles ne sont pas toujours bien comprises des élèves. Or, pour qu'il puisse les assimiler, l'élève devrait idéalement être associé à l'élaboration de ces règles de conduite. C'est le cas pour toute charte ou réglement. On ne comprend et respecte vraiment que ce qui fait sens à nos yeux. Mais où peut-on trouver du sens à une règle qui interdit aux amoureux de se retrouver dans l'école? Comment peut-on interpréter un réglement qui interdit le "laisser-aller" et va jusqu'à préciser la hauteur de la coiffure des élèves ("pas plus de 3 centimètres")?
Et la valeur de ces règlements? Sont-ils vraiment contraignants comme les écoles aimeraient le faire croire? Pas sûr. Il s'agirait plutôt d'une relation réglementaire. Bien qu'ils aient une valeur juridique, si quelque chose est illégal, c'est la hiérarchie des normes qui joue. Mais jusqu'où? Difficile de l'établir car certains R.O.I foulent parfois allègrement certaines lois et libertés comme la liberté de culte ("interdiction de porter le foulard à l'école"), et la loi antiraciste ("obligation de porter une tenue occidentalisée"). Par ailleurs, très nombreux sont les chefs d'établissement à confisquer GSM et autres gadgets, en oubliant qu'il leur est interdit de saisir le bien d'autrui dans la mesure où un préfet n'est pas une autorité judiciaire.
A côté des sanctions à la carte, des devoirs à géométrie variable, il existe de franches bouffoneries. Ainsi, telle école n'autorise la casquette que "sur prescription médicale". Une autre, dans des termes soignés, déconseille les "manifestations amoureuses excessives".
En avant pour quelques perles glanées çà et là dans les règlements d'ordre intérieur.
La mastication est incompatible avec la participation active au cours (Malonne)
Le piercing choque beaucoup d'entre nous. Il n'est pa flatteur pour celle et celui qui le porte, quoi qu'elle ou qu'il en pense (Bruxelles)
La fureur de vivre peut s'exprimer autrement que par des cris (Namur)
Les cours perdus suite à une alerte à la bombe pourront être récupérés (Waterloo)
Je n'ai rien contre les Iroquois, les Cheyennes, les porcs-épics, sauf quand la passion se place dans la taille des coiffures (Soignies)
Vous qui avez repris le chemin de l'école et qui allez peut-être faire la lecture de votre R.O.I aux élèves, pensez que, derrière ces petites feuilles où le loufoque le dispute à l'arbitraire, c'est toute la vie de l'école qui est en jeu.
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La rentrée coûte très cher aux parents. Crayons, cahiers, cartables, trains, bus, frais divers. A chaque rentrée, ce sont des centaines d'euros qui quittent le portefeuille.
Un poste particulièrement onéreux est celui des frais de cantine. Le prix varie le plus souvent entre 1,5 et 2 euros dans le maternel, de 1,8 à 2,5 dans le primaire et de 2,5 à 3,5 euros dans le secondaire. Ils seraient plus de 187 000 à prendre chaque jour ce repas en Communauté française, parmi eux, des enfants dont les parents tirent le diable par la queue.
Le ministre Dupont a suggéré hier à ses collègues du fédéral de rendre ces frais déductibles fiscalement comme le sont déjà les frais de garde, déductibles à hauteur de 11,20 euros par jour de garde et par enfant1. Christian Dupont a constaté que ce maximum était rarement atteint, la moyenne des frais de garde étant de 5 ou 6 euros par jour. Une marge budgétaire est donc disponible pour permettre à tous les enfants de prendre un repas chaud à l'école. Quand on sait que certains enfants ne mangent même pas chaud chez eux le soir, on mesure combien cette mesure pourrait aussi avoir de la valeur sur le plan diététique.
L'opposition libérale parle de "démagogie". Françoise Bertieaux ne mâche pas ses mots à l'égard de la nouvelle idée du ministre de l'enseignement.
Cette mesure est innaplicable. On l'a dit et redit, notre priorité, c'est d'objectiver les frais scolaires réclamés, parfois illégalement, par les écoles. Pour ce faire, la facturation devrait être obligatoire. Le ministre doit d'abord veiller à ce que l'enseignement tende vers la gratuité. Et puis voir comment la Communauté française peut agir. Mais pas refiler la patate chaude au fédéral.
Christian Dupont balaie la critique. La Communauté ayant soutenu le fédéral pour le transport scolaire, il lui semble normal qu'il participe à son tour. d'autant que cette mesure, importante pour le pouvoir d'achat des familles, s'intègre parfaitement dans son plan d'action lancé à la rentrée et visant à soulager les budgets des moins favorisés comme des familles nombreuses.
Le ministre soumettra son idée très bientôt à son collègue des Finances Didier Reynders. Après les grosses réductions des abonnements TEC, la gratuité des cantines? Ce serait un nouveau pas dans la bonne direction.
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Ils écrasent les francophones aux test PISA en obtenant de meilleurs résultats en maths, sciences, lecture. Ils n'étudient pourtant parfois qu'à quelques kilomètres de nos athénées wallons. Pourquoi les flamands obtiennent-ils de si bons résultats?1 Ils ne sont pourtant pas plus malins que nos élèves. Alors?
Au-delà des chiffres parfois trompeurs et/ou manipulés, il y a une réalité que l'on ne peut nier : la Flandre est plus performante que la Communauté française. Rapidement, notons qu'aux tests PISA, elle relègue les Wallons à 40 points en sciences et à prêt de 50 points en lecture. Un gouffre ! Mais il n'en a pas toujours été comme ça. Dans les années 70, les performances des deux communautés étaient à peu près équivalentes. Mais l'enseignement du nord a évolué alors que les résultats du sud se tassaient lentement. Aujourd'hui, nous n'avons pas un train de retard. mais toute une gare.
Une conjoncture économique favorable
La Flandre jouit actuellement d'un contexte économique plutôt favorable. Une santé presque insolente qui pèse sur les résultats des petits néerlandophones. En effet, les pays les plus avancés sur le plan économique obtiennent généralement de meilleurs scores que les autres. Ainsi, si on compare les résultats par provinces, on constate que le Brabant wallon obtient, par exemple, un résultat nettement supérieur à ceux des petits Hennuyers. Personne ne sera surpris de lire que les Brabançons les laissent 50 points derrière en sciences. Une différence qui pourrait s'expliquer par les difficultés socio-économiques qui marquent plus particulièrement le Hainaut. Mais ce n'est pas la seule explication.
Un taux de redoublement plus faible
La Communauté française est championne toutes catégories du redoublement. Aux JO de l'échec, elle décrocherait aisément la médaille d'or. En cause principalement, un enseignement basé sur la sélection. Nos professeurs pensent encore trop souvent, à tord, qu'il faut "sélectionner" les meilleurs. Combien de fois a-t-on entendu "le petit nombre des élus garantit la béatitude au paradis"? Les contrôles et devoirs servent avant tout à classer l'enfant par rapport aux autres. En Flandre, elle le situe par rapport à l'ensemble de la classe. La nuance est très importante.
En Communauté française, ils sont 49% d'élèves à afficher un retard scolaire d'au moins un an alors qu'ils ne sont que 27% en Flandre. Si cela joue? Indiscutablement. La Finlande, qui ignore le redoublement, cartonne dans les enquête internationales. Alors, réduire le redoublement pour améliorer les résultats? Selon les spécialistes, si la proportion d'élèves "en retard" baissait de 20%, l'écart entre les deux communauté serait réduit de près d'un tiers. Un gain non négligeable.
Un enseignement de qualification plus performant et mieux valorisé
Si ces filières sont déconsidérées en Communauté française, elles sont en revanche très bien vues au Nord. Ils sont 53% de flamands à avoir fait le choix de l'enseignement de qualification alors qu'on parle de "relégation" pour les 36% de francophones qui y "échouent" ou "descendent". Le choix des termes n'est pas innocent. loin de là. "Tu ne vas quand même pas descendre en technique?. Comme s'il y avait les études d'en haut. et les études d'en bas. Dans les milieux les plus favorisés, les élèves et les parents ne s'y trompent pas. et font le forcing pour rester dans l'enseignement général. quitte à répéter une ou deux fois son année. Un gâchis?
Les élèves francophones du technique et professionnel y sont rarement par choix. Ils ont décroché du système "général" et/ou ont été invités gentiment par le conseil de classe à revoir leurs projets d'avenir. En Flandre, un élève qui échouerait dans une option du technique se verrait plutôt proposer de passer dans l'année supérieure dans une autre filière. Un choix préféré au redoublement dans la même section. Un choix positif qui fait un pari sur l'élève. et non un constat d'échec.
Et si on observe de grandes différences entre nos deux enseignements, l'écart est particulièrement significatif lorsqu'on pointe la filière de qualification.Et cela même si cette section rassemble davantage d'enfants issus de milieux moins favorisés. La situation économique n'explique pas tout. Et heureusement. en tout cas pour les Flamands.
Un meilleur financement
Il n'y a pas de secrets. Le Nord dépense 3 776 euros par élève et par an dans le fondamental, 7 187 dans le secondaire contre 3 078 et 6 058 en Communauté française. Une différence de moyens expliquée par le faible taux de redoublement qui permet d'investir davantage.
Notons aussi que des chercheurs ont estimé que les socles de compétences sont plus clairs et plus précis en Flandre. Tous ces éléments combinés permettent à cette communauté de tutoyer les sommets et de défier la puissante Finlande. Qu'il serait bon que nos politique s'inspirent de notre voisine.
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C'est la rentrée. et avec elle son cortège de reportages et d'études en tout genres. Les Editions Plantyn, qui développent et commercialisent des ouvrages pédagogiques, ont mené une enquête auprès de 2.000 enseignants du 13 au 25 août derniers1. Son sujet : le taux de satisfaction des enseignants, au nord et au sud.
Et le résultats n'est pas surprenant, compte tenu de ce que l'on sait des différences entre les deux enseignements. Si 85% des enseignants flamands sont satisfaits de leur enseignement, ce taux n'est plus que de 45% chez les professeurs francophones.
Ces derniers se plaignent principalement du nivellement par le bas, du manque de remédiation ainsi que du manque de soutien des parents alors que les néerlandophones sont davantage gênés par les lourdeurs administratives.
L'enquête nous apprend également que les photocopies restent encore très utilisées des deux côtés de la frontière linguistique. au contraire des nouvelles technologie et d'Internet. Internet qui n'est "souvent" utilisé que dans 8% des cas côté francophone contre 34% chez nos amis flamands. Plus interpellant, 69% des profs francophones disent ne jamais l'utiliser. Il y a encore du travail à faire pour sensibiliser nos collègues aux vertus pédagogiques de la grande toile.
Au sujet de l'enseignement en immersion, l'enquête révèle qu'il est particulièrement mieux coté au sud qu'au nord du pays. Si 52% des enseignants francophones le considèrent intéressant (31% l'estiment "dangereux"), ils ne sont que 34% en Flandre à le juger positivement.
Conclusion : les profs francophones ne sont guère satisfaits de la qualité de leur enseignement. Programmes insuffisamment adaptés, budgets et infrastructures étriqués, classes trop importantes. Le ministre s'est engagé à leur rendre leur fierté d'être enseignants. Ils ne demandent que ça. S'ils avaient la possibilité de refaire un choix de carrière, les profs. feraient profs !
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Presque tous les enseignants ont reçu cette lettre de la Communauté française dans laquelle elle les informe que le contrôle médical dans l'enseignement a été confié à un nouvel organisme. Exit Medconsult. Place à Encare Absentéisme.
Absentéisme n.m. Fait d'être fréquemment absent d'un lieu, notamm. du lieu de travail, de ne pas participer à une activité, etc. L'absentéisme scolaire. Taux d'absentéisme. Larousse 2003
Quelques enseignants1 se sont émus dans la presse du choix de ce nom. comme si les professeurs étaient déjà suspectés de brosser les cours.
Le choix d'un organisme flamand pour contrôler les enseignants francophones fait aussi bondir en cette période de tensions communautaires.
Un premier courrier qui crispe donc déjà. et une année scolaire qui commence demain. Sous le signe de l'absentéisme?
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Il l'avait dit lors de son entrée en fonction. Le ministre Dupont voulait renouer avec "la base", les enseignants, sur le terrain. Il a donc passé ces six derniers mois à rencontrer les différents acteurs de notre système éducatif, pointant les forces mais aussi les faiblesses de notre enseignement.
Interrogé vendredi par Philippe Berkenbaum, journaliste au Soir, il dresse un premier bilan et dévoile ses priorités pour la fin de la législature1.
1. Lutter contre le redoublement. Le ministre juge (il n'est pas le premier et nous ne pouvons lui donner tord) que ce dernier n'a aucune valeur remédiatrice. Il faut selon lui "inviter" les enseignant à enfin travailler ensemble. Le manque de continuité dans le passage d'un enseignement à un autre et même d'une année à l'autre est inacceptable. Les professeurs feraient "la fusée Ariane" chacun dans leur coin alors qu'un bon résultat ne peut être atteint que s'il est le fruit d'un travail collectif. M. Dupont n'envisage pas de nouvelles réformes mais penche plutôt pour "une profonde réflexion qui implique tous les acteurs et fasse remonter des solutions d?en bas". Il invite aussi les enseignant à pratiquer davantage, et plus tôt, la remédiation (tenter de nouvelles techniques d'apprentissage, passer le témoin à un collègue dans une autre classe). D'abord pour éviter le décrochage de l'élève et ensuite pour éviter toute marchandisation de l'échec scolaire.
2. Une meilleure formation des enseignants. Christian Dupont en est convaincu, la formation des professeurs devra à terme passer de trois à cinq ans. Il mettra l'accent cette année sur la formation continue des enseignants qui, selon lui, est nettement insuffisante et peu cohérente. Un tri des formations proposées et des différents marchés s'impose.
On ne fera pas de la qualité ni de l?excellence sans donner aux enseignants la possibilité de réfléchir, de souffler, de se voir proposer un certain nombre d?alternatives pédagogiques.
3. Le recrutement de 1 200 enseignants. Marie Arena les avait promis. Ils sont prévus dans le décret sur l'enseignement différencié et devraient permettre de venir en aide aux élèves en difficulté. Si le texte n'est pas encore prêt - le ministre souhaite encore rencontrer les directeurs et enseignants des écoles en discrimination positive - Christian Dupont l'affirme : on le fera ! Répétant qu'il est indispensable de recruter de nouveaux enseignants, le ministre déclare ceci :
Moi, je veux l?excellence pour tous, c?est-à-dire chacun à 90 % de ses talents. Je ne peux me résoudre à ce scandale, ce gaspillage humain qui hypothèque l?avenir de la Communauté Wallonie-Bruxelles.
4. Éviter la sélection précoce qui oriente vers des filières moins "valorisées". Le ministre continuera de communiquer sur l'importance du CEB (Certificat d'études de base) et la nécéssité de continuer les évaluations externes qui sont un précieux outil diagnostique.
Le ministre pointe encore le sport à l'école dont il veut renforcer la grille (passer à 3 heures d?éducation physique au lieu de 2 dans le primaire) et les liens entre les parents et l'école. A la FAPEO qui réclame un décret pour régler les relations parents-écoles, le ministre dit être bien conscient de l'importance du rôle des parents et prévoit même de donner des cours de langue de l?enseignement aux parents qui en ont besoin, pour qu?ils comprennent les bulletins et autres documents parfois obscurs pour les non-initiés.
Notons encore qu'il ne déplairait pas au ministre de rempiler pour un nouveau mandat après les élections de 2009.
Je suis là pour travailler sur le long terme, même si mon terme sera peut-être court.
En attendant, il reste quelques mois. et quelques décrets à faire passer au plus vite !
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C'est une récente enquête de la Communauté française qui l'affirme1. De plus en plus de jeunes éprouvent des difficultés à lire et surtout. à comprendre ce qu'ils lisent. Les résultats des dernières évaluations externes réalisées dans toutes les école de la Communauté sont éloquents.
En 2e primaire, quatre enfants sur cinq réussissent brillamment les tests de lecture. Mais trois ans plus tard, 30% des élèves rencontrent d'importantes difficultés.
En 2e secondaire, ils sont plus de 50% à avoir des problèmes de lecture. Un élève sur deux. Un chiffre pour le moins inquiétant.
Dominique Lafontaine, professeur en sciences de l'éducation à l'ULg :
On ne constate pas cet espèce de saut qualitatif qui est attendu par les instructions officielles et qui fait que les élèves seraient à même véritablement de comprendre et d'interpréter un texte au-delà de la surface de ce texte.
Pour expliquer ce phénomène, différentes causes sont avancées, parmi lesquelles une trop faible utilisation par les enseignants des outils didactiques mis à leur disposition. Et puis il y a ce constat troublant chez les étudiants qui entament des études pour devenir professeurs. Un examen réalisé dans une Haute école révèle que 79% d'entre eux échouent à l'épreuve de vocabulaire.
Dominique Lamotte, chargée de mission-Conseil de l'Education et de la Formation de la Communauté française, explique :
Les étudiants qui s'inscrivent dans les départements pédagogiques des Hautes écoles et qui se destinent donc à devenir enseignants sont en général ce qu'il est convenu d'appeler de piètres lecteurs. On a très peu d'étudiants qui sont de bons lecteurs!
Ceci explique donc cela. Il faudra donc avant tout réconciler les futurs professeurs avec la lecture et les former davantage aux stratégies de compréhension de textes. On ne peut pas s'étonner du faible niveau de nos élèves si leurs professeurs ne sont pas capables de mieux faire.
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C'est une tendance qui ne fait que s'affirmer d'année en année, de plus en plus d'écoles ouvrent des classes d'immersion linguistique. Elles répondent ainsi à la demande sociale et au souhait de nombreux parents de voir leur progéniture maîtriser deux voire trois langues.
Cependant, il faut bien constater que les professeurs habilités à enseigner dans ces sections se font rares. Au point que de nombreux chefs d'établissement sont parfois obligés de revoir leurs exigences à la baisse.
Pierre Fourneau est directeur de l'Institut Saint-Laurent de Marche-en-Famenne. Son école propose des cours d'immersion en anglais et en néerlandais. Prudent, il sait qu'il faut parfois s'y prendre deux ans à l'avance pour dénicher la perle rare. Mais heureusement, son équipe est complète pour cette rentrée1.
Il faut trouver des personnes qui ont un profil particulier. Des gens qui soient, idéalement, "native speakers", qui aient un titre pédagogique, qui puissent enseigner les matières que l'on voudrait enseigner en immersion, qui puissent tenir des classes.
Pas facile de trouver un tel enseignant du premier coup. Et quand cela arrive, il faut encore le garder. Les professeurs néerlandophones étant mieux payés en Flandre.
A l'Institut Saint-Jospeh, Rose-Anne Castreman cherche encore. Elle n'a toujours pas trouvé d'enseignant pour assurer les cours d'Histoire-Géographie pour ses cours d'immersion2.
J'ai été jusqu'à téléphoner dans les casernes, de manière à voir si une épouse de soldat néerlandophone ne serait pas intéressée par donner des cours en immersion.
Pour aider ces écoles, la Communauté française a mis en place un système de dérogations. Si l'exigence de la langue est un point essentiel qui doit être respecté, les chefs d'établissement seront beaucoup plus coulants avec les néerlandophones qui ne possèdent pas le - ou un - titre pédagogique. On se pose immédiatement la question de la qualité de cet enseignement qui peut donc être dispensé par une personne n'ayant aucune connaissance de la matière qu'elle devra pourtant enseigner toute une année. De l'Histoire, même en néérlandais, reste de l'Histoire. avec ses exigences, ses méthodes et son programme.
Vous avez dit "enseignement bradé"?
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