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La Kabbale aujourd'hui
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« La Kabbale Aujourd’hui » est un journal apolitique, non-lucratif, ayant pour vocation de transmettre dans un style simple et moderne, le message antique que les kabbalistes ont perpétué des généra...

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Edito #2 - Thu, 24 Jul 2008 14:08:50 +0000

L’été, le temps des vacances, moment idéal pour quelques instants de liberté…
Mais s’agit-il vraiment de liberté ? Est-cela être libre ? Un instant de volé dans notre course contre le temps ?

Ce numéro estivale de La Kabbale Aujourd’hui explore le concept de liberté à travers un en tête à tête avec Y. Brandes, ou encore dans « Le Gardien de la Porte », fable de Kafka revisitée en parallèle avec une parabole kabbaliste.

Dans la rubrique Portrait de ce deuxième numéro, nous rencontrerons le Baal HaSoulam, un des plus grands Kabbalistes auquel nous devons un commentaire sur le livre du Zohar, et sur les écrits du Ari, et de nombreux autres articles d’introductions. Il fut au vingtième siècle celui qui ouvrit vraiment la Kabbale à notre génération, la libérant d’un long exil. Le long périple de cette sagesse à travers les âges vous est raconté dans l’article « Les Chronique de la Kabbale »…

Le temps des vacances est aussi le temps de réfléchir et peut être trouver la porte intérieure qui nous mènera à la véritable liberté…
 



Concepts Fondamentaux ? L?intention - Thu, 24 Jul 2008 13:59:18 +0000





L’intention est ce qui donne sa forme au désir. De façon générale, il existe deux sortes d’intention, une altruiste, et l’autre égoïste. L’intention est un concept essentiel dans la Kabbale car c’est précisément ce qui détermine si un désir est spirituel ou non.

 

Nous sommes habitués dans notre monde à évaluer les gens selon leurs actions. Si une personne donne, elle agit de façon altruiste et si elle reçoit elle agit de façon égoïste. Les kabbalistes nous expliquent qu’il existe une autre dimension appelée celle de l’intention. Celle-ci est déterminée par ma relation à l’autre.

 

Si j’agis pour l’autre il y a deux cas possible, soit, ma relation est égoïste, le moteur de mon action est ma satisfaction personnelle, tandis que dans le cas contraire, si ce qui motive mon acte est la satisfaction d’autrui alors cette action est considérée comme altruiste. Ainsi, ce qui qualifie l’action n’est pas l’action elle-même, mais l’intention.

 

L’action elle-même peut être de recevoir, mais l’action est motivée par mon désir de faire plaisir à l’autre, alors cette action bien qu’action de réception est altruiste. L’inverse est également vrai, une action de don peut très bien être égoïste, à l’exemple d’une personne qui fait don à une œuvre de charité car elle gagne ainsi le respect d’elle-même et celui de la société. Nous faisons de nombreuses actions de don comme celle-ci dans notre société : donner mais dans le but de recevoir.

 

Il n’y a rien de mal à cela, mais dans le spirituel ce qui compte c’est la direction de l’action, autrement dit l’intention. Ainsi, en travaillant sur lui-même et en étudiant le fonctionnement de son désir de recevoir, l’individu développe tout doucement, une intention altruiste.



Citation 2 - Thu, 24 Jul 2008 13:56:05 +0000





Ô combien devons-nous poursuivre de tout notre cœur et de toute notre âme et de tous nos moyens la sagesse de la foi, qui est la sagesse de la Kabbale, qui est le chemin de la vérité.



Paroles de Kabbalistes - Thu, 24 Jul 2008 13:53:41 +0000








Et cela est une obligation pour toute personne en Israël, d’étudier et de comprendre les secrets de la Torah, et tous les formes de don du Créateur aux inférieurs, qui représente l’essentiel de la sagesse de la vérité, et la récompense des âmes dans le futur à venir.
Rav Yéhouda Ashlag, Introduction au livre Pi ‘Hacham.

 

Ô combien devons-nous poursuivre de tout notre cœur et de toute notre âme et de tous nos moyens la sagesse de la foi, qui est la sagesse de la Kabbale, qui est le chemin de la vérité.
Rabbi Israël Baal Shem Tov, le Besht, Méirot Enayim

 

La Torah ne pourra pas être éternellement restreinte uniquement à la Halacha pratique uniquement. La partie spirituelle de la Torah toute entière doit également trouvée place dans les salles d’étude… Ce renouveau est obligatoire dans notre génération demandant une médecine spirituelle.
Rav Abraham Kook, Igrot

 



Le trésor sous la cheminée - Thu, 24 Jul 2008 13:48:39 +0000








Dans un village situé sur une colline vivait un fermier qui toutes les nuits rêvait d’un trésor enfoui sous un pont de la capitale. Il hésita longtemps à suivre son rêve, lequel lui semblait si irréaliste, mais comme il persistait déjà plusieurs années,  le fermier finit par décider un jour d’aller à la recherche de ce fameux trésor.

Lorsqu’il arriva enfin sur le pont, il vit que l’endroit était gardé par la garde royale et qu’il était impossible de le traverser. Un des gardiens l’interpella alors qu’il s’approchait du pont et lui demanda d’avancer. Le fermier lui raconta son rêve et le garde ne pouvant s’empêcher de rire. « Naïf que tu es ! », lui répondit-il, « Faire un si long chemin à cause d’un rêve, continua-t-il en riant, moi aussi j’ai fait un rêve comme ça. Toutes les nuits je rêve d’un fermier qui vit sur une colline, et il a un trésor enfoui dans sa maison sous les cendres de sa cheminée, et pourtant, tu vois je ne cours par après un tel rêve, conclut le garde, qui essuya les larmes de rire de ses joues »  

A ces mots, le fermier rentra chez lui et regarda sous les cendres dans la cheminée et trouva le trésor ! 

Un trésor enfoui au fond du cœur

A nous de suivre ce même rêve, et ne pas se lasser de chercher ce trésor, qu’au final nous découvrirons enfoui au plus profond de nous.

 



Questions Réponses - Kabbale ? - Thu, 24 Jul 2008 13:34:32 +0000





Il existe deux tendances relatives à la rédaction du livre du Zohar, une qui l’attribue au Rashbi (Rabbi Shimon Bar-Yochai) et l’autre à Rabbi Moshé de Léon. Laquelle est-elle juste? 

Le Baal HaSoulam traite de cette question dans son «Introduction au livre du Zohar» (points 59- 60) : « tout ce qui se trouve dans le livre du Zohar, c’est-à-dire, ceux qui comprennent ce qu’il y a d’écrit, seront unanimes, le rédacteur du livre du Zohar HaKadosh est le Tana Rabbi Shimon Bar-Yochai. Seuls ceux qui sont loin de cette sagesse, et qui philosophent de cette question et affirment en se basant sur des faits erronés émanant des détracteurs de cette sagesse, que son rédacteur et le kabbaliste Rabbi Moshé de Léon ou tout autre personne vivant environ à son époque… »

En d’autre termes, dans tous les ouvrages de Kabbale, la paternité de l’ouvrage est assigné à Rabbi Shimon Bar Yochai, et lorsque les philosophes commencèrent à s’intéresser à la Kabbale, ils crurent bon de se démarquer en attribuant cette ouvrage à un autre kabbaliste, le Rabbi Moshé de Léon, qui vécu au 12ème siècle de notre ère. Aujourd’hui, il existe de nombreux avis au sein des divers courants philosophiques sur l’origine de cet ouvrage, tandis que les kabbalistes continuent de considérer ce livre comme provenant de son auteur, Rabbi Shimon Bar Yochai.

 N’importe qui peut-il apprendre la Kabbale, même si une personne est mauvaise ou égoïste ?

Les kabbalistes expliquent que c’est précisément quelqu’un qui ressent le besoin de s’améliorer qui doit étudier la sagesse de la Kabbale. Si un individu étudie avec des livres authentiques de Kabbale avec l’intention de réparer son âme, il éveille sur lui une force particulière qui le fait progresser vers la spiritualité.

Qu’est ce que la réparation des attributs ? 

La sagesse de la Kabbale explique que la nature humaine est le désir d’éprouver du plaisir le poussant à agir uniquement pour lui - même. Le changement du mode d’utilisation du désir d’éprouver du plaisir, d’un plaisir personnel en un plaisir de satisfaire autrui, se nomme la réparation des mesures. Cette dernière ne peut se produire en l’homme qu’à l’aide d’une force particulière appelée « la lumière amenant vers le bien ». Cette force agit sur l’homme uniquement lorsqu’il étudie la sagesse de la Kabbale sur la base de sources authentiques.






Le blues des grandes vacances - Thu, 24 Jul 2008 12:54:27 +0000








L’été bat son plein, le soleil brûle et nous attendons les vacances. A la recherche d’une escapade? Recherchez en vous et vous emprunterez avec certitude la route conduisant à la liberté. 

«On part en vacances!», annonça la petite Adi avec un sourire malicieux sur son visage parsemé de taches de rousseurs. «On part en vacances!», cria son frère de dix ans Julien, le cri de guerre habituel qui uni des millions d’enfants en fin d’année scolaire, et gonflant d’émotions sa petite poitrine. «On part en vacances!», prononça avec indifférence, David, l’aîné derrière son écran d’ordinateur, comme s’il voulait dire: «A l’âge de quatorze ans, rien ne m’émeut plus, et sûrement pas les grandes vacances». 

«Oui, on part en vacances», soupira la mère, et sous ses yeux défile le scénario probable des mois à venir. Elle se dit à elle-même, «en plus du va et vient quotidien et de la fatigue du travail - les trajets - la maison- famille, je suis censée me débrouiller avec trois enfants sans école et sans devoirs à la maison, et tout ce qui les intéresse se résume à savoir comment passer des vacances sans s’ennuyer», «et si ce n’est pas suffisant, tout ce remue ménage se passe sous des températures de quarante degrés à l’ombre».

La liberté au chapitre

Et ainsi, deux semaines plus tard, nous nous sommes retrouvés en train de faire nos bagages, trois valises d’habits, des sandales, sandales de plage, trois enfants bouillonnants d’impatience et deux parents soucieux. «On part en vacances» - la phrase coutumière qui nous accompagne chaque année, va commencer.

«Comment appelles-tu cela les vacances? lui demande-t-elle dégoulinant de sueur après avoir fini de charger la voiture, «des vacances de quoi?», elle continuait, «pour moi, même une semaine sans faire la vaisselle ni la lessive sont des vacances», la réponse ne tarda pas. «Tu auras enfin du temps pour être avec les enfants, avant qu’ils ne se marient… » Elle le regarda de travers.

Alors, en l’honneur de l’été, et de ses promotions des tour-opérateurs qui fixent vraiment nos prévisions pour ces mois ci, nous avons choisi d’examiner quelques questions essentielles relatives à la liberté d’un point de vue kabbalistique :

De quoi prenons nous exactement des vacances? Sommes-nous vraiment libres? Quel est le chemin conduisant à la liberté?

Le train de la liberté

Liberté d’expression, liberté de culte, liberté de l’information, liberté de parole, liberté de création, liberté académique, liberté de la presse, jour libre, combattants de la liberté, et même dans la devise nationale française, on y trouve « Liberté, égalité, Fraternité »

Il existe en apparence de nombreuses variantes de la liberté dans notre monde, et cependant, chacune d’entre elle a ses limitations et ses détracteurs, et en fait aucune de ces versions ne se rapprochent vraiment de l’expression entière de la liberté, celle à laquelle nous aspirons. Quelle est notre liberté? La véritable liberté? Existe-t-elle vraiment? La Kabbale nous dit que oui, sauf qu’elle est très différente de ce à quoi nous sommes habitués.

Dans de nombreuses situations, notre aspiration à la liberté se traduit par une recherche d’un refuge à une sensation et à des peurs quotidiennes. Nous voulons nous libérer du fardeau, des pressions, de notre patron, de notre découvert en banque, de la situation économique, en bref, nous couper un peu de la vie, nous aérer l’esprit. Cependant si nous prenons le temps d’examiner la chose, une question surgit, de quoi nous efforçons nous de nous couper? Est-il concevable de construire notre vie autrement, pour ne pas avoir à la fuir vers la liberté?

Qui a décidé qu’il fallait travailler dur toute l’année, faire des économies, acheter des vacances en Turquie en promotion, juste pour gagner une liberté imaginaire et quelques petits instants de bonheur?

D’ailleurs entre nous soit dit, il y a toujours quelque chose qui va de travers. Une fois c’est l’hôtel qui n’est pas assez bien, une autre, des amis décevants ou les enfants qui ont décidé de tomber malades…

Très vite nous somme déçus et découvrons que ce n’est pas vraiment satisfaisant et encore moins ce que nous espérions. Tout cela avant même que nous nous souvenions, que lors de courtes vacances, nous sommes tellement angoissés à l’idée que bientôt elles se termineront et qu’il faudra retourner à la vraie vie.

Etre libre

La sagesse de la Kabbale détermine que l’homme dans notre monde n’est pas du tout libre. Il ne choisit pas dans quelle famille naître, ni les attributs ou les talents reçus à sa naissance.

En grandissant, il est entièrement influencé par ses parents, ses professeurs et différents éducateurs. A l’âge adulte, les médias et la société environnante lui inculquent tout: la mode vestimentaire, sa personnalité, ses aspirations, son alimentation, ses pensées, ses amours, ce qui est bien ou pas. Même les critères de beauté ou de laideur, les manières, protocoles, tous sont fixés par la société.

En fait, l’homme ne choisit pas comment vivre sa vie, il l’exécute tout simplement. Il s’oriente à l’aide d’un système sans concession fait de lois que les autres ont décidé pour lui, et il tente constamment de faire plaisir à la société qui l’entoure.

Selon la Kabbale, l’homme est une sorte de création composée d’une combinaison d’attributs et de talents naturels qu’il a reçu à sa naissance et de l’influence de l’environnement dans lequel il vit, où sont inscrits le cours de sa vie, le tiennent prisonnier et ne lui permettent pas de vraiment se libérer.

Cessons de fuir

La Kabbale explique que la brillante «culture du temps libre» que nous avons développé a également son origine dans la fuite à la question existentielle qui bat au plus profond de nous: «au nom de quoi je vis?»

Nous prenons sur nous un nombre infini d’activités, avalons goulûment des tonnes d’informations qui nous sont inutiles, passons de longues heures devant la télévision, surfons sur Internet, regardons des films, allons au théâtre. Le tout pour ne pas penser, éviter d’être confronté avec la question sur l’essence de la vie.

C’est également la raison qui fait que nombreux sont ceux qui redoutent de «rester seuls avec eux-mêmes», sans télévision, radio, journal, ou toute autre chose leur permettant d’occuper leur cœur et leur esprit, pour ne pas à avoir faire face tout d’un coup à la même question existentielle.

Cependant les kabbalistes expliquent que ceci n’est pas irrémédiable. Un léger changement peut faire que nous verrons nos vies tout autrement- comme des vacances continues et sans limites, dont le plaisir éprouvé ne ferait que progresser et augmenter à chaque instant. Et cela commence parune petite décision – celle de cesser de fuir.

Ensuite, il devient possible d’ouvrir notre cœur et permettre à la question existentielle naturelle qui y est enfouie de sortir à l’air libre. C’est précisément la réponse à cette question qui nous ouvrira la voie de la véritable liberté.

L’âme de l’homme lui enseignera

Ce n’est que lorsque l’homme parviendra au monde spirituel qu’il découvrira la véritable liberté. Là il pourra se construire un nouvel endroit, sans pression, ni valeurs dictées par la société ou systèmes de communication et de publicité sophistiqués qui le manipulent. Là il pourra pour la première fois être un homme.

L’homme qui est parvenu à la perception spirituelle devient libre parce qu’il parvient à un statut dans lequel il rencontre la force supérieure – le système de lois, qui ne le limite pas, et se trouve au-delà du temps, et de l’espace. Il lui permet de se développer et d’atteindre la racine même de la réalité. Les kabbalistes appellent cela : «l’âme de l’homme lui enseignera».

Pour parvenir à la liberté, nul besoin d’escalader une montagne quelconque, de partir au bout du monde, ni de fuir ce monde. Tout ce qu’il nous appartient de faire est de permettre à notre question intérieure de se réveiller et de nous conduire à la véritable recherche, alors nous découvrirons en nous le chemin, les livres adéquats s’ouvriront et nous emmèneront vers le chemin de la liberté.

 



Les chroniques de la Kabbale - Thu, 24 Jul 2008 11:00:45 +0000








Ce n’est un secret pour personne, la Kabbale n’a pas commencé avec Hollywood. Le Rambam (Maimonide) nous raconte que tout commença il y a 5000 ans, en Mésopotamie, alors creuset de l’humanité qui allait donner lieu à la civilisation moderne. C’est au cœur de Babylone que naquit une sagesse qui chercha d’abord et avant tout à répondre à une question : celle du sens de l’existence. 

Passé 

Dans le premier chapitre de « La main Puissante », le Rambam (Maimonide) décrit qu’il fut une époque où les gens vivaient en harmonie avec la force générale qui dirige la réalité et lorsqu’ils perdirent ce lien, apparut au sein de l’humanité les diverses croyances en l’existence de nombreuses forces régissant le monde, chacune avec son propre domaine  – nourriture, reproduction, santé, etc. Cependant un homme ne pouvait pas comprendre comment toutes ces forces pouvaient s’accorder entre elles et produit l’équilibre général de la nature. Cet homme, du nom d’Abraham chercha à comprendre la racine de l’existence de ce monde, les fondements même de la création. Ceci l’amena à découvrir la force originelle dont tout le reste n’en était que différentes manifestations de celle-ci.

Une fois cette découverte faite, il décida de partager sa découverte avec le monde entier. Ce fut un défi d’expliquer un concept qui contredisait tout ce en quoi croyaient ses contemporains, et contraint Abraham à développer une méthode d’enseignement qui l’aiderait à la leur révéler. Ce fut le prototype de la méthode d’enseignement que nous appelons la « Kabbale » (du verbe hébreu Lekabel, recevoir). C’est ainsi qu’Abraham devint le premier kabbaliste d'une longue chaîne de transmission de cette sagesse de génération en génération.

La découverte d’Abraham vient à un moment charnière de l’évolution de l’humanité, symbolisé dans la Bible par l’épisode de la Tour de Babel. Que s’est-il donc passé à cette époque de si particulier ?

Comme l’explique la Kabbale, l’essence de la nature humaine consiste en un désir d’éprouver du plaisir, l’ego. Un désir égoïste sain est le compas qui guide nos vies et motive chacune de nos actions. Aucun d’entre nous ne peut faire le moindre mouvement, même le plus petit qui soit, qui aille à l’encontre de notre propre volonté. Or ce désir évolue, et ce qui nous satisfait aujourd’hui ne nous sera plus suffisant demain. C’est exactement ce qui s’est produit dans l’ancienne Babylone où soudain, la simple vie des champs, dans une grotte ou à l’ombre d’un arbre cessa d’être suffisante.

Ainsi, avant cette période, les gens se contentaient de satisfaire leurs besoins élémentaires, vivaient simplement, se contentaient d’un toit, et de ne pas manquer de nourriture; Les échanges commerciaux modernes et les systèmes d’administration n’avaient pas encore pris forme et la vie s’écoulait naturellement et paisiblement.

Puis soudainement, cette région- qui regroupait alors la quasi-totalité de la société humaine - est devenue rapidement sujette à un important développement dans différents domaines. Les bases de l’agriculture moderne furent posées, ainsi que celles du commerce et des échanges monétaires et des impôts. L’écriture fut également inventée à cette époque dans la même région. Au niveau social, l’écart entre les classes sociales commença à croître et les gens furent divisés entre nantis et pauvres.

Face à l’égoïsme grandissant, la société se dispersa pour empêcher un affrontement des intérêts personnels.

Cependant, il existe une seconde option, plus bénéfique : en apprenant comment s’unir malgré l’égoïsme qui les séparait, les gens ont gagné davantage de conscience d’eux-mêmes et de la force supérieure. Cet apprentissage était devenu nécessaire parce que leur actuel niveau d’unité s’était écroulé sous le poids de leur nouvel égoïsme. Ainsi pour rétablir cette union, il aurait fallu se lier directement à la source – la force unie de la nature, ou le Créateur.

Cependant, comme nous l’apprenons de la Bible et d’un ancien texte hébreu, le Midrash Raba, les Babyloniens rejetèrent l’offre d’Abraham. Celui-ci quitta ensuite Babylone et commença à enseigner en sillonnant « de ville en ville, et de royaume en royaume, jusqu’à ce qu’il arriva en Terre d’Israël » (Maimonide, La Main puissante, Règles d’idolâtrie, chapitre 1).

En dépit des difficultés et des défis, l’enseignement d’Abraham fit des sympathisants - qui à leur tour l’aidèrent à partager la connaissance avec les autres. Avec le temps, le combattant solitaire forma un  grand groupe uni par un idéal spirituel. Ce groupe prit le nom de la « nation d’Israël ». Le nom « Israël », comme l’a expliqué le grand kabbaliste Ramchal est la combinaison de deux mots : Yashar (droit) et El (Dieu). Autrement dit, le groupe de ceux dont le désir dans leurs cœurs est d’être comme le Créateur, unis par la force du don absolu.

L’effondrement de la Tour de Babel ne fut cependant pas la fin de l’histoire, mais seulement le début. L’égoïsme de l’humanité continua de grandir et pour ceux désirant rester égoïstes, cela signifia une plus grande aliénation. De nouvelles nations furent formées et des nouvelles technologies créèrent de nouvelles armes. Tout ceci dans le but de préserver les nations les unes des autres ou de les soumettre. Cependant pour ceux voulant surmonter leur égoïsme et s’unir malgré lui, une amélioration de la méthode fut nécessaire.

Ce fut la tâche de Moïse qui transmit cinq nouveaux livres (le Pentateuque), qui sont en fait l’adaptation de l’enseignement d’Abraham à toute une nation. Cependant la fin du chemin ne viendra que quand le monde entier sera en contact avec le Créateur, vivant l’unité que les anciens Babyloniens vécurent, avant la première percée de l’égoïsme.

Présent

Le « présent » a commencé il y a environ deux mille ans, lorsque le Livre du Zohar fut écrit puis caché et qu’Israël partit pour son dernier exil. Tout comme Abraham et Moïse au stade « précédent », l’étape « actuelle » a connu deux grands géants : Rabbi Shimon Bar-Yochai (Rashbi) et Ari HaKadosh (Rabbi Isaac Louria). Le livre du Zohar du Rashbi comme le livre lui-même l’affirme, est un commentaire de la Torah. Tout comme Moïse expliqua les mots d’Abraham à toute la nation, le Livre du Zohar a pour but d’expliquer les paroles de Moïse au monde entier.

Durant cette longue période de près de deux milles ans, la Kabbale était dissimulée. C’était une époque de croissance délicate, la transmission de la sagesse se faisait en catimini et dans de petits groupes discrets. De ce grand silence va naitre de nombreuses confusions autour de ce qu’est la Kabbale. Gottfried Leibniz (1646-1716), un grand mathématicien et philosophe, exprima ouvertement ses pensées quant à l’influence sur la Kabbale de la discrétion qui l'entoura : «Vu que l’humanité n’avait pas la clef pour découvrir le secret, la soif de connaissance s’est finalement attardée sur toutes sortes de détails et de superstitions qui ont engendré une «Kabbale vulgaire» qui a si peu à voir avec la vraie Kabbale, et sous un faux nom - une magie fut inventée se servant de différentes fantaisies dont les livres sont remplis.»

Cependant, cette période de silence était nécessaire, et tandis que le monde fantasme sur ce que peut bien être cette sagesse inconnue, les kabbalistes quant à eux transmettent l’enseignement en toute discrétion de génération en génération.

Futur

Le « futur » a commencé dans les années 1990. En 1945, le Rav Yéhouda Ashlag, connu également comme le Baal HaSoulam (le maître de l’échelle) pour son commentaire du Soulam (de l’échelle), a prédit que la dernière étape de l’évolution spirituelle de l’humanité commencerait en 1995. De même, le Gaon de Vilna a écrit dans son livre « La voix de la tourterelle » que cette étape commencerait en 1990. De nombreux autres kabbalistes ont fait les mêmes prédictions, conduisant à la conclusion que le futur est déjà là, et maintenant est venu le temps de battre l’égoïsme en retraite et de s’unir. 

Toute l’histoire de l’humanité consiste en des batailles contre l’égoïsme et en des tentatives d’union. De nos jours, la plupart des scientifiques sont d’accord sur le fait que l’égoïsme humain est la cause de nos tourments actuels. Le Baal HaSoulam en parla dans les années 1930 et 1940, mais à l’époque personne ne l’écouta. Cependant, ces dernières années, il devient évident que sans un changement de notre part, le monde ne changera pas de lui même.

Dans son article « La paix dans le monde », le Baal HaSoulam écrit que si nous nous unissons, chaque membre de la société découvrira la racine même de l’existence, et les lois qui la régissent et qui lui permettra de la contrôler, mais cette fois non pas aux dépens des autres, mais au contraire pour le bien d’autrui.

Ainsi, la même méthode découverte par Abraham pour comprendre les fondements même de notre existence et en conséquence de quoi, rétablir l’union au sein de la société humaine, est aujourd’hui accessible à tous, indépendamment de la religion et de l’âge.

 



La Jérusalem du c?ur - Wed, 23 Jul 2008 13:20:54 +0000

Carnet de voyage 

Alors qu'une fois j'étais aux Etats-Unis, j’ai fait une halte dans la petite ville de Jackson, dans le Mississippi. J’étais dans un hôtel et mon voisin avec qui nous discutions sur la pelouse était Allemand, un ouvrier, comme je le vis à ses mains, il vit immédiatement que je n’étais pas du coin, et me demanda d'où je venais. Je lui dis que j'étais d'Israël. Alors il me posa une question avec un ton de souffrance : « Dites moi que ce passe t-il là bas ? » 

Je ne compris pas la question, je pensais qu’il faisait allusion au conflit actuel. Je me préparais à lui donner ma réponse habituelle dans de tels cas, mais il me regarda droit dans les yeux et demanda : « Pourquoi ne construisez-vous pas le Temple ? C’est votre rôle non ? ». D’abord interloqué par la question, je réfléchis quelques instants, la première réponse que me vint à l’esprit fut : « Comment peut-on construire le Temple si notre cœur est en ruine. » 

L’homme me regarda chaleureusement, j’ai vu à quel point ce sujet lui tenait à cœur. Il réfléchit un instant et dit : « Alors, commençons par là, nous avons encore beaucoup de travail ». Nous avons continué à discuté un petit moment puis nous nous sommes séparés et je ne l’ai plus revu depuis.

La porte du cœur 

Le mois dernier il y avait la journée de Jérusalem, ce mois ci, la commémoration du siège de la ville par les romains, et le mois prochain l’anniversaire de la destruction du temple, mais au-delà de toutes les commémorations, la Jérusalem d’aujourd’hui nous rappel plus que tout la situation de division dans laquelle nous vivons. 

Une rapide visite de la ville nous dévoile une juxtaposition impressionnante de monuments et de pierres saintes, et chacun d’entre eux nous rappelle la spiritualité qui existait ici dans le passé. 

Le contraste violent entre le reflet d’un passé inégalé et la réalité quotidienne de la ville soulève la question de savoir où s’est envolé c’est esprit de sainteté qui autrefois régnais sur cette ville. 

La signification kabbalistique du mot « Jérusalem » vient de l’adjonction des mots « crainte parfaite », ces mots s’adressent à l’état spirituel du cœur de l’homme, c’est-à-dire, « Jérusalem » est un degré spirituel auquel parvient l’homme lors de son chemin de développement.  

L’homme est composé de multiples désirs, parmi eux des désirs égoïstes et des désirs spirituels. « Jérusalem » représente le point intérieur au sein de ce désir pour le spirituel et « le Temple » symbolise le désir le plus élevé qui existe en l’homme.  

Pour parvenir à la situation de cette « Jérusalem spirituelle», nous devons d’abord corriger les désirs égoïstes de notre cœur.  

La « Jérusalem d’en haut » n’est perceptible que dans un cœur réparé. En fonction de la correction de son cœur, l’homme commence à développer une vision spirituelle et alors il n’aspire plus à contrôler les gens ou les pierres, mais il veut aimer et donner, comme la Force Supérieure, c’est alors seulement que Jérusalem se revêtira de sa beauté car elle vivra dans le cœur des gens.

 



Ô Liberté ! - Tue, 22 Jul 2008 11:51:26 +0000

Yochi Brandes : Bonjour Rav Laitman. J’aimerai savoir pourquoi dernièrement tout le monde porte un engouement à la Kabbale ? Pas uniquement en Israël, mais également dans le monde entier : des stars d’Hollywood, aux chanteurs internationaux de rock, tout le monde s’intéresse à la Kabbale. Quel est le secret magique de la Kabbale ?

Rav Laitman : Le secret est simple : au début du 21ème siècle, nous voyons de plus en plus de personnes qui arrivent aux questions : « Pourquoi vivre ? », « Quel est le sens de la vie ?  Quel est son but ? ». Ces questions restent sans réponse. Il n’y en cela rien de surprenant, déjà dans le livre du Zohar et dans les écrits d’autres kabbalistes, les auteurs font référence à notre époque et décrivent un tel phénomène.

Yochi Brandes : Précisément maintenant, alors que nous sommes au sommet du développement technologique et matériel ?

Rav Laitman: Oui. Tous les moyens de développement de l’homme, au niveau social, technologique, scientifique, y compris les relations familiales, amèneront les hommes à un tel point de désespoir qui les poussera à rechercher une réponse au sens de la vie. Alors s’éveillera dans l’humanité un besoin profond de trouver une réponse au-delà de ce monde. Le désir de découvrir la raison de la souffrance humaine et le but de leur vie, les gens arriveront en fin de compte à la sagesse de la Kabbale. Il est également écrit, qu’avant cela, tout le monde s’intéresserait à différentes sagesses jusqu’à ce que l’homme parvienne à une analyse complète de lui-même.

Yochi Brandes : C’est vrai, nous voyons que l’intérêt ne se porte pas uniquement sur la Kabbale, mais également sur le bouddhisme et sur différentes sagesses spirituelles.

Rav Laitman: Tout cet intérêt n’est que provisoire. Les gens progressivement découvriront en eux qu’ils n’obtiennent pas de réponses satisfaisantes et comme vous l’avez dit au début de notre discussion, de plus de plus gens le découvrent de nos jours.

Yochi Brandes : Tout le monde peut la comprendre ?

Rav Laitman: Tout le monde en est capable.

Yochi Brandes : Disons que j’étudie la Kabbale depuis un mois. Que vais-je ressentir que je ne ressentais pas avant ?

Rav Laitman: Je ne sais pas si après un mois, vous serez capable d’exprimer cela par des mots, mais après six mois, un an, cela vous sera très clair.

Yochi Brandes : Que ressentirai-je ?

Rav Laitman: Vous commencerez à ressentir que vous comprenez mieux le monde dans lequel vous vivez, plus en profondeur, et quelle est la meilleure attitude à son égard, s’il existe un libre choix, et où il se trouve précisément. Même si vous ne pourrez pas encore nécessairement le réaliser concrètement, vous comprendrez sous quelle forme il est possible de pénétrer au-delà de l’image de ce monde et ressentir les forces qui le dirigent et le manœuvrent.

Yochi Brandes : La question est, est-ce que cela me donnera des instruments pour prévoir l’avenir ou faire quelque chose allant à l’encontre des lois de la nature ?

Rav Laitman: Non, l’homme ne peut pas agir contre les lois de la nature.

Yochi Brandes : Croyez-vous aux miracles ?

Rav Laitman: Non. Car le monde supérieur que découvre l’homme est la nature elle même. En guématrie[Ajouter en note de bas de page : Guématrie – rapprochement établit entre deux en mots ayant la même valeur numérique], « Elohim » équivaut à « la nature », c’est-à-dire, la force supérieure est la véritable nature. Le problème est que nous ne saisissons que notre propre nature, soit une dimension ridiculement petite appelée « notre monde », l’univers dans lequel nous vivons. Cependant il existe au dessus de lui une nature plus élevée, que nous ne prenons pas en compte et c’est pourquoi nous ne savons pas l’avenir, ni pourquoi nous vivons ni la raison à tout ce qui nous arrive.

Lorsque l’homme ne comprend pas le système général dans lequel il vit, il considère certains phénomènes comme des miracles. Qu’est-ce qu’un miracle ? Un miracle c’est ce qui nous appelons « au-delà de la nature ». Imaginez-vous qu’un homme moins développé vienne vous voir, disons un homme des cavernes, dans notre vie présente. Pour lui chaque instant serait un miracle. Un avion serait un miracle, car c’est quelque chose qui existe en dehors de sa compréhension de la loi sur la gravité. Une ampoule allumée est un miracle, il se tromperait complètement en pensant que nous sommes des hommes de Dieu.

Je veux dire par là, que l’homme qui ne connaît pas les lois de la réalité et qui voit des phénomènes qui sont contraires à tout ce qu’il connaît, pour lui c’est un miracle. Alors que pour un homme qui étudie et connaît les lois, toute la réalité, et qui voit pourquoi toutes les choses s’organisent dans la nature générale alors il se comporte en conformité aux dites lois du système. Tout ce qu’il faut faire est d’étudier les lois qui régissent le système dans lequel nous vivons.

Yochi Brandes : Vous êtes kabbaliste, mais d’après vos propos j’ai le sentiment que le miracle de la traversée de la Mer rouge, il est préférable de l’expliquer comme Maimonide qui était un grand rationaliste du judaïsme et non l’accepter comme tel.

Rav Laitman: Premièrement, j’expliquerai le miracle de la traversée de la Mer Rouge dans sa forme spirituelle. Il faut comprendre que toute la Torah parle des états spirituels que traverse l’homme, pour percevoir la force supérieure. La Torah est une description du chemin spirituel de l’homme et tous les noms et les gens figurant dans la Torah sont des forces qui existent en l’homme et qui se dévoilent à lui lors de son progrès dans les états spirituels. La Torah ne parle pas de l’histoire de ce monde.

Deuxièmement, il n’y a pas de miracle. Comme je l’ai dit, ce qui nous parait comme un miracle, découle du fait d’une absence de connaissance. Pour un homme des cavernes, l’électricité et la télévision sont des miracles.

Yochi Brandes : Revenons au sujet d’origine, la Kabbale donne-t-elle l’homme d’avantage de contrôle sur sa vie ?

Rav Laitman: L’homme acquiert la maîtrise de sa vie s’il apprend comment il peut prendre en main les rênes. L’homme ne sait pas comment il vit, ni pourquoi il agit d’une façon ou d’une autre. A chaque instant se réveillent en lui des désirs, des sentiments, des pensées, qui ne dépendent pas de lui, et l’homme se contente de les exprimer. Il est obligé de les réaliser et il lui semble que ces désirs sont les siens, mais en fait, ce n’est pas le cas.

En fait l’homme ne sait pas à l’avance à quoi il va penser, ce qu’il ressentira, voudra l’instant d’après. Il ne sait pas ce qui va apparaître en lui, dans sa tête et dans son cœur. Ce n’est pas lui qui fixe comment sa vie se déroulera. Cela signifie que si l’homme agit en fonction de ce qui se révèle en lui, de ses sentiments, de sa compréhension du monde et de lui même, et il n’a pas de libre choix, tout apparaît sans qu’il ait la moindre liberté, et il n’est pas responsable de ce qui s’éveille en lui. Pour être libre, il lui faudrait décider quels désirs apparaissent en lui.

Ceci se produit lorsque l’homme pénètre dans le monde spirituel, là se trouvent toutes les forces qui régissent notre monde et l’homme apprend comment s’en servir harmonieusement. En fonction de sa connaissance du monde spirituel, il influence et gère sa vie.

Yochi Brandes : Je crains de ne pas être vraiment d’accord avec vous. Je pense que j’ai un libre choix.

Rav Laitman: Sur quoi vous basez-vous pour dire cela ?

Yochi Brandes : Je sens qu’à chaque instant se tient devant moi plusieurs options, et j’en choisis une.

Rav Laitman: Et d’après quoi choisissez-vous ?

Yochi Brandes : D’après mes valeurs et ma morale, mon caractère, mes attributs.

Rav Laitman: D’où viennent-ils ?

Yochi Brandes : Une partie est en moi depuis ma naissance et une autre je les ai développées avec les années.

Rav Laitman: Premièrement, les choses avec lesquelles vous êtes nées, vous ne les avez pas choisis, vous êtes simplement nées avec des attributs et caractéristiques sans que personne ne vous ait demandé votre avis. Quant aux choses que vous dites avoir développées, vous l’avez fait dans l’environnement dans lequel vous avez grandi. Quelqu’un vous a-t-il demandé où vouliez vous grandir comme enfant ? Dans quelle famille ? Dans quel jardin d’enfant ? Dans quelle école ? Et c’est pourquoi vous ne choisissez pas non plus les valeurs que vous avez reçues de votre environnement.

Yochi Brandes : Non, Rav Laitman, je suis désolée mais vous ne m’enlèverez pas mon libre choix. Vous annulez mon libre choix car vous voulez affirmer que le libre choix n’existe que dans la Kabbale ?

Rav Laitman: Non, il n’y a pas de choix non plus dans la Kabbale, mais au lieu de vivre dans l’illusion d’un choix, ne vaut-il pas mieux découvrir sur quoi je peux réellement agir. La Kabbale ne donne pas à l’homme un ticket qui lui octroi un libre arbitre, mais le libre choix ne peut exister que si l’homme se trouve au dessus de lui-même, de sa nature.

Yochi Brandes : Que voulez-vous dire par au dessus de sa nature ?

Rav Laitman: Tant que vous vous trouvez dans le corps, dans ce que vous êtes, comment pouvez vous agir sur vous et choisir ? L’homme qui ne sort pas de ses limites, ne s’élève pas à un degré supérieur ; comment peut-il influer sur son niveau actuel ?

Yochi Brandes : Je peux dire la même chose sur vous. Dire que dans tous vos actes, il n’y a pas de libre choix, car vous êtes programmés, on vous a inculqué le mot « Kabbale, Kabbale, Kabbale ». Pourquoi dites-vous que vous avez un libre choix et pas moi ?

Rav Laitman: Tout d’abord, moi non plus je ne l’ai pas.

Yochi Brandes : Vous non plus ?!! Alors en quoi êtes-vous mieux que moi Rav Laitman ?

Rav Laitman: L’avantage est que l’homme s’élève au dessus de ce monde et le voit d’en haut, il connaît la nature qui détermine tout ce qui est fait dans ce monde. Il pénètre une deuxième nature, la nature supérieure, et là aussi il n’est pas libre.

Il n’est pas écrit en vain « il n’y a rien hormis Lui ». Cela signifie que nous devons découvrir qu’il n’existe qu’une force, qui régit et opère tout et l’homme n’a pas le choix. Qu’il se trouve dans ce monde et ressent la réalité avec ces cinq sens, ou qu’il la ressente avec le sixième sens, il est entièrement opéré d’en haut.

L’intérêt est que l’homme qui se trouve également dans le sixième sens et ressent la force supérieure, voit déjà pourquoi et comment le mettre en œuvre, et alors il choisit d’aller avec cette force, car il ressent combien c’est juste et bien. Le choix de l’homme est dans ceci – en voyant ce qui est fait et qu’il est d’accord et par ceci il devient comme libre.

Yochi Brandes : « Comme » libre. C’est juste une illusion de liberté.

Rav Laitman: Ce n’est pas une illusion. L’homme découvre les lois de la réalité et il comprend que c’est souhaitable, il est d’accord avec celles-ci et ne s’y oppose pas. Il est prêt à se joindre à elles. La question de la liberté est fondamentale. Alors je vous demande : comment décrivez- vous le libre arbitre de l’homme ? Qu’est ce qu’être libre ? Libre de quoi ?

Yochi Brandes : Le libre choix c’est la partie centrale de ce que je crois. Et c’est pourquoi je lutte tellement pour lui. Je crois dans le bien et le mal et dans la récompense et la punition.

Rav Laitman: « Bien et mal », « récompense et punition », basé sur quel principe ?

Yochi Brandes : Je crois que bien que l’homme naisse avec certains attributs et dans un certain environnement, son libre choix n’est pas absolu, mais restreint, mais il a cependant une possibilité dont ne disposent pas les autres créations, de choisir à chaque instant entre X et Y.

Rav Laitman: Sur quoi se base-t-il pour choisir ? Sur la base de choses qui se trouvent déjà en lui. Ce n’est pas lui qui les a programmé, ni qui les satisfait. L’homme nait vide, il a les outils dont il a hérité à sa naissance, puis il grandit et ces outils seront alors définis par la société, par l’environnement dans lequel il se trouve.

En grandissant, il continue et se comporte selon l’éducation qu’il a reçu, mais à chaque fois, la chose se passe dans une société qui lui ajoute encore un savoir, des données etc. alors qu’appelle-t-on « libre » ? Une absence de données ? Car s’il y a des données, elles ne sont pas celles de l’homme, et elles sont fixées sans l’c’est-à-dire, l’homme ne sait pas comment recevoir toutes ces informations, et c’est pourquoi il lui semble qu’il est libre.

Yochi Brandes : Si nous partons de l’hypothèse que le libre choix n’existe pas, alors la récompense/punition a-t-elle vraiment un sens ? Le bien et mal existent-ils ?

Rav Laitman: Aucune signification. Notre monde s’appelle dans la Kabbale « le monde imaginaire », c’est-à-dire, ce n’est pas une illusion dans laquelle nous nous trouvons, mais c’est une illusion que nous vivons et agissons et que nous contrôlons et comprenons. Il n’est pas écrit pour rien dans les Proverbes (21 ; 1) « le cœur du roi est entre les mains de Dieu », même les gens qui apparemment dirigent le monde, en fait ne font rien.

Yochi Brandes : C’est-à-dire, également nos dirigeants ?

Rav Laitman: Evidemment, manipulés d’en haut.

Yochi Brandes : S’il n’y a pas de libre choix, selon quoi une personne est considérée comme « juste » ou « innocent » ?

Rav Laitman: Il s’agit de calcul avec les âmes générales, la façon dont l’âme doit monter à sa racine, au cours de toutes ses réincarnations et générations, c’est-à-dire, tout dépend de la racine de l’âme, d’où elle vient. Chaque âme a sa propre racine, et notre origine est l’âme collective, appelée « Adam haRishon ».

Yochi Brandes : L’âme dispose t elle du libre choix ?

Rav Laitman: L’âme a bien sûr un libre choix, mais elle ne peut le réaliser que si elle s’élève au degré où elle peut se contrôler. D’après la nature générale un niveau a été fixé auquel l’homme sait comment se contrôler et s’activer correctement. Nous traversons au cours de notre vie actuelle et au cours de toutes les incarnations de l’âme un développement général suivant cette même force supérieure. L’humanité progressivement évolue vers la situation où l’homme en particulier et l’humanité en général commencent à se demander « pour quoi vivons-nous ? », « qu’avons-nous fait jusqu’à présent ? » et « où sommes-nous arrivés ? ».

Ils commencent à comprendre que tout le développement, que nous avons connu au cours des milliers d’années et ce jusqu’à nos jours, n’est pas correct apparemment, et alors ils essayent de trouver des réponses. C’est la raison pour laquelle tant de personnes sont attirées actuellement par la sagesse de la Kabbale. Ce processus est encore au stade de clarification mais nous voyons pourquoi il progresse à chaque instant.

Yochi Brandes : Rav Laitman vous semblez vivre ce dont vous parlez, ce que je respecte, mais plus je vous écoute plus il semble que la Kabbale soit le remède à tous les maux du monde, c’est vraiment ainsi ?

Rav Laitman: Sans aucun doute, si nous comprenions les lois qui régissent ce monde, alors nous pourrions comprendre comment les mettre en œuvre. Dans ce monde il existe un exemple simple et clair. Si vous ne comprenez pas la force de la gravité ni ne la connaissez, alors vous souffrirez beaucoup. Peu importe combien de fois vous sauterez du haut de la montagne, vous tomberez toujours. C’est une loi de la nature. Si vous connaissez cette loi et agissez en conformité, alors vous vous éviterez bien des problèmes et vous pourrez également développer des récipients conformément à cette évidente loi de la nature qui vous aidera même à voler, c’est-à-dire même allez à l’encontre de la loi.

Seule dans la connaissance est cachée la possibilité de grandir et d’avancer. C’est la même chose avec le système des forces qui régissent ce monde, si seulement nous les connaissions, nous pourrions mettre un terme à toutes les souffrances et davantage même, nous apprendrions à « voler », nous arriverions à de nouveaux horizons dans notre perception de la réalité. Je suis donc confiant et certain que toute l’humanité découvrira cela ces prochaines années.




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